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​Bataille épistolaire sur le 29 juin



Tahiti, le 19 juillet 2020 - En réponse au courrier de Nunaa a ti'a qui contestait la date du 29 juin comme journée de fête nationale, le ministre de la Culture Heremoana Maamaatuaiahutapu a donné une leçon d'histoire au collectif. Il rappelle entre autre "qu'aucun tahitien n'est mort lors d'une guerre le 29 juin 1880" et tacle : "présenter mes ancêtres comme passifs et simples spectateurs de leur propre histoire est une insulte à leur mémoire (...). En d'autres termes sous-entendre que ce n'étaient que des écervelés notoires et occulter les enjeux politiques locaux relève d'une forme de néo colonialisme".
 
Le 29 juin dernier, les membres du collectif Nunaa a ti'a s'étaient rendus, après avoir déposé une gerbe à la stèle de Pouvanaa a Oopa, à la présidence pour déposer un courrier demandant un "changement de date pour la fête du Pays". Le collectif considérait que cette date, définie par le gouvernement comme journée de "fête nationale" ne faisait pas l'unanimité au sein du peuple polynésien. Le collectif rappelait que pour certains, le 29 juin représente au contraire la "commémoration" d'un deuil. Il proposait dans son courrier de retenir la date du 20 novembre qui "correspond à la levée des Pléiades, Matari'i i ni'a, et la journée des droits de l'enfant (…). Un jour idéal pour célébrer tous ensemble l'abondance, nos enfants et notre Pays".
 
Cours d'histoire par courrier interposés
 
Dans son premier courrier, le collectif Nunaa a ti'a, faisait un bref rappel des évènements du 29 juin 1880 en s'appuyant sur les mémoires de Marau Taaroa. "Les membres de la réunion, intimidés par la présence du Commissaire de la République et de son aide de camp, endoctrinés par Maheanuu et, comme tous les indigènes, incapables de résister à une autorité établie, ne sachant pas lire pour la plupart et ne comprenant pas très bien ce dont il s'agissait, se fiant comme ils le font encore à la bonne foi de ceux qu'ils sont accoutumés respecter, furent amenés à signer un acte dont la plupart ignoraient la teneur (...). Ce fut seulement en voyant son pavillon amené que Pomare V comprit la portée de ce qu'il venait de faire. (...). L'acte d'annexion venait d être signé par le roi et par un certain nombre de chefs".
 
Dans son long courrier de réponse trois pages, le ministre de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu, regrette que le collectif n'ait pris en compte qu'une seule version de l'histoire. "Vous faites du récit de Marau Taaroa Salmon la seule vérité historique, mais vous occultez la version des Pomare tout en parlant de désinformation". Le ministre rappelle d'ailleurs qu'"aucun Tahitien n'est mort lors d'une guerre le 29 juin 1880. Sauf peut-être les ambitions d'une mère qui voyait son projet pour l'avenir de sa fille s'écrouler définitivement".
 
Heremoana Maamaatuaiahutapu rappelle que Marautaaroa Salmon, mariée à Ariiaue, fils de Pomare IV et futur Pomare V, voulait que sa fille illégitime prenne le trône. Il souligne aussi que Pomare V "ne pouvait procréer et la perspective que cette enfant illégitime lui succède (...) était juste inacceptable. Pomare V a toujours déclaré qu'il n'en était pas le père et qu'il était hors de question que cette fille puisse hériter de son titre et de ses biens". Dans son courrier, le ministre de la Culture rappelle enfin que pour éviter que la fille illégitime de sa femme n'hérite du trône, Pomare V "déposait l'héritage familial des Pomare entre les mains de la France".
 
Pour terminer, Heremoana Maamaatuaiahutapu tacle la démarche du collectif Nunaa a ti'a : "Présenter mes ancêtres comme passifs et simples spectateurs de leur propre histoire est une insulte à leur mémoire. Les réduire a des êtres dénués de toutes capacités de réflexion, d'analyse, de sens politique, en d'autres termes sous entendre que ce n'étaient que des écervelés notoires et occulter les enjeux politique locale relève d'une forme de néo colonialisme".
 
L'histoire de notre Pays
 
Fort de cette réponse, le collectif Nunaa a ti'a, dans un nouveau courrier adressé, cette fois-ci au ministre de la Culture, demande a ce qu'un comité de rédaction, composé d'historiens et d'experts de la culture, travaille sur la mise en place de livres pédagogiques. Le but étant de présenter "l'histoire de notre pays, la vraie (...) pour être enseignée dans nos écoles mais aussi à toute la population, tout cela dans un devoir de mémoire". Pour terminer, le collectif revient sur la date du 20 novembre pour célébrer la fête nationale du Pays "une date qui rassemble".
 

La réponse du ministre au collectif



La réponse du collectif au ministre



Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Dimanche 19 Juillet 2020 à 15:49 | Lu 2900 fois





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