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​Au procès de l’affaire Sarah Nui, Maitai Danielson persiste dans le déni



Tahiti, le 28 septembre 2020 - Le procès du volet international de l’affaire de trafic d’ice dite "affaire Sarah Nui" s’est ouvert lundi matin devant le tribunal correctionnel de Papeete pour deux semaines d’audience. Parmi les 25 prévenus qui ont défilé à la barre, les "boss" du réseau, Tamatoa Alfonsi et Maitai Danielson, ont adopté une attitude radicalement différente. Si le premier a reconnu son rôle prédominant dans cette organisation, le second, pourtant acculé par les témoignages et les éléments matériels du dossier, a farouchement nié avoir été l’un des deux dirigeants de ce trafic.
 
Un peu plus de deux ans après le vaste coup de filet qui avait permis le démantèlement d’un conséquent trafic d’ice organisé entre les États-Unis, le Mexique et la Polynésie, et un an après un premier procès consacré à la partie écoulement local de la drogue sur le territoire, le procès consacré à l’aspect international de l’affaire dite "Sarah Nui" s’est ouvert lundi matin devant le tribunal correctionnel de Papeete. 25 prévenus, dont quatre se trouvant en détention provisoire, vont ainsi comparaître devant la juridiction pendant deux semaines. 
 
Largement médiatisée en Polynésie en raison notamment de l’ampleur des quantités importées – jamais égalées à ce jour sur le territoire – mais surtout du fait que des trafiquants Polynésiens aient directement pu faire affaire avec le cartel de Sinaloa basé au Mexique, l’affaire Sarah Nui avait débuté suite à un banal accident de la route. L’auteur de ce dernier, contrôlé positif à l’ice, avait dénoncé son dealer. En s’intéressant à lui, les enquêteurs de la Section de recherches (SR) de Papeete, avaient découvert l’existence d’un fructueux trafic d’ice organisé entre les États-Unis, le Mexique et la Polynésie. 
 

Pièce destinée au conditionnement

Au terme d’un premier procès portant sur la partie écoulement de l’ice à Tahiti, onze prévenus dont l’ancien entraîneur de futsal, Francis Tarano, avaient été condamnés à des peines comprises entre 18 mois à sept ans de prison. Le second procès, axé sur la partie internationale – l’achat, le conditionnement et l’envoi de la drogue en provenance des États-Unis et du Mexique –, s’est donc ouvert lundi. Comme il est d’usage, les 25 prévenus ont tout d’abord été appelés à la barre pour expliquer quelles étaient leurs positions quant aux faits qui leur étaient reprochés. Désignés comme les têtes du réseau par les éléments matériels et les témoignages de nombreux protagonistes du dossier, Tamatoa Alfonsi et l’ancien rameur natif de Huahine, Maitai Danielson, ont adopté des positions contraires.
 
Mis en cause par ses acolytes mais aussi et surtout par sa femme, Maitai Danielson a, comme devant le juge d’instruction, vivement nié les faits qui lui sont reprochés, à savoir d'avoir notamment rencontré Tamatoa Alfonsi à Tijuana afin de coordonner les opérations d'importation. Installé en Californie depuis 2016, l’ancien rameur avait, selon certains de ses co-prévenus, installé une pièce dans sa maison destinée à conditionner l'ice qu'il cachait dans des planches de surf ou des housses utilisées pour transporter ces mêmes planches. Confronté lundi face à ces déclarations, l’homme à la carrure imposante a réexpliqué qu’il n’avait "rien à voir" dans ce trafic. "On m’a désigné comme le bras droit d’Alfonsi alors qu’aucune des mules ne m’a jamais remis de l’argent. Tout le monde me met en cause car c’est facile de charger quelqu’un qui est détenu."
 
Bien plus détendu que son compagnon de box, Tamatoa Alfonsi, surnommé "Sana" – ice – dans le milieu du trafic de stupéfiants, a reconnu la plupart des charges mises sur son compte en minimisant toutefois les opérations impliquant des proches ou des acteurs mexicains du trafic. Ces deux acteurs principaux seront longuement entendus en détail par le tribunal le 6 octobre prochain. Dans l’attente de ces auditions, la semaine va être consacrée à l’interrogatoire de tous les autres prévenus, logisticiens, mules, rapporteur d’argent, fournisseurs et revendeurs…
 

Franckie Tumahai, 52 ans dont 16 passés derrière les barreaux

Déjà condamné dans le cadre des affaires Marlier et Papy Ellis, le multirécidiviste Franckie Tumahai a été le premier prévenu à être longuement interrogé lundi après-midi. Tout d’abord entendu sur son casier judiciaire et ses seize années passées derrière les barreaux, Franckie Tumahai a mis son palmarès sur le compte de "la faute à pas de chance" : "Dès que je prends de l’ice, je pars en couilles." Considéré comme un intermédiaire et un gros revendeur de ce réseau, Franckie Tumahai est notamment accusé d’avoir participé à deux grosses importations. En délinquant expérimenté, il a déploré à la barre le fléau de l’ice en Polynésie : "Même les mineurs et les classes pauvres sont touchés ! Alors qu’avant, ça touchait les classes hautes. Ça devient n’importe quoi !"

Rédigé par Garance Colbert le Lundi 28 Septembre 2020 à 19:33 | Lu 2462 fois





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