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​"Huit ans après, on est toujours là"



Tahiti, le 4 août 2020 - Le Terevau fête ses huit années de navigation ce mardi. "C'est une belle aventure", confie Tino Fa Shin Chong, capitaine et gérant de la société, dans une interview à Tahiti Infos. "Tous les jours c'est un challenge", se satisfait-il dans l'attente notamment de l'arrivée du Terevau Piti dès l'année prochaine.
 
Cela fait huit ans que le Terevau a pris la mer…

"Huit ans déjà, le temps a vite passé. Qui aurait cru? Heureusement que nous connaissions déjà la ligne Moorea-Tahiti, donc c'était plus ou moins 'facile'. Le plus difficile a été de trouver des personnes qui avaient confiance en nous. Puis on a passé ce cap. Huit ans après, on est toujours là. Et vous savez ici, les personnes parlent beaucoup et notre réputation s'est faite par le bouche à oreille".
 
L'aventure du Terevau va donc continuer ?

"C'est une belle histoire le Terevau et l'équipe est surtout composée de marins. Il y en n'a pas beaucoup sur le territoire. Il y a les Salem qui sont à la quatrième génération. Et nous espérons partir dans ce sens-là. En plus, c'est notre bébé. Mais on a encore du chemin à faire. On a déjà créé une société de livraison à Moorea pour servir un peu plus la population. Et elle tourne bien aujourd'hui. Et le plus gros morceau reste à venir, il s'agit du Terevau Piti, le ferry. Il sera là l'année prochaine quoiqu'il en soit, cela va être grandiose. Cela n'a pas non plus été facile, il a aussi fallu trouver des partenaires. Mais un de nos avantages, c'est qu'on reste attentif aux demandes de notre population et de nos passagers. Et ce n'est pas fini, nous avons encore d'autres projets."
 
La spécificité du Terevau c'est cet esprit familial ?

"Il faut aussi être à l'écoute de ses employés. On a d'ailleurs mis en place plusieurs choses à l'intérieur de la société, qui est devenue aujourd'hui aussi une société familiale. Des liens forts se sont créés entre nous, on appelle cela le "nati", et c'est quelque chose de fort. On entretient aussi cette relation avec nos abonnés. Il faut savoir que tout l'équipage est à l'écoute des passagers, et cela a porté ses fruits. On ne peut même plus dire que ce sont nos abonnés, car ils font aussi partie de la famille (…). C'est notre force."
 
Huit ans après, est-ce que le Terevau est à l'équilibre financièrement ?

"L'équilibre s'est fait il y a plusieurs années. Au début c'était dur, car on est quand même des aventuriers au départ. Qui aurait cru que huit ans après on serait encore là. Je pense que le "hoa" (NDLR, le passage) a été tracé et maintenant il n'y a plus qu'à le suivre. Et le résultat est là aujourd'hui. On aura bientôt notre ferry. (…) Et compte-tenu de la situation sanitaire mondiale, (…) ce sont les hollandais qui vont le ramener avec quelques-uns de chez nous. Ce n'est pas impossible que l'on fasse un équipage mixte. On a même un gars à nous en Espagne depuis le début des travaux. Et cela nous a permis de suivre la construction au jour le jour. Les deux bateaux vont desservir les îles Sous-le-vent. (…). Les passagers auront le choix, car dans le Terevau Piti  il y aura des places VIP, ce sera un autre prix, avec un autre confort et un autre service. Et tout cela découle des discussions qu'on a eues avec notre clientèle."
 
Comment avez-vous fait lors de la crise sanitaire ?

"C'était difficile pour tous les armateurs. Mais on avait confiance en nous, car le Terevau est devenu le bateau de la population de Moorea. Et on ne les a pas laissé tomber, malgré que l'on ait été dans le rouge. On a même puisé dans nos réserves. Nous n'avons pas demandé un Fcfp au Pays, car il y a des sociétés qui ont fermé leur porte contrairement à nous. Par contre avec les autres armateurs, on a demandé de nous alléger au niveau des charges, ce qui a été accepté. Ce qui nous a permis de maintenir la tête hors de l'eau. Nous avons tout de même assuré le service pendant deux mois (…)."
 
Qu'est- ce qui vous a poussé à faire la traversée ?

"Ce n'est jamais un pari gagné d'avance. Il ne faut jamais sous-estimer son adversaire. C'est une aventure, c'est un challenge aussi en même temps. Et on a travaillé aussi pendant plusieurs années sur cette ligne. Et on a su tenir face à certains armateurs qui étaient puissants. Et après on est chez nous, on sait comment servir notre population. C'est dans le sang. Le marin a toujours sa bonne étoile et on y a fortement cru aussi. Et la population connait bien aussi les armateurs. On a pris de la clientèle à nos concurrents et on en a créé aussi. On a eu 1,8 million de passagers l'an dernier, c'est du jamais vu. Mais le problème n'est pas de prendre des passagers, mais pourquoi ils sont venus chez nous. On est devenu le leader numéro 1 du transport de passagers. Avec 360 places, on est arrivé à près de 50% du marché. Et en plus avec l'arrivée du Terevau Piti, cela va être mieux et en plus on aura 675 places en plus. Nous, on ne laisse jamais personne sur le quai. C'est dans notre sang. On se met à la place de cette personne. Il a peut-être sa famille à bord ou je ne sais quoi. Même si l'heure est passée, cela a toujours été comme cela. Et tout le monde est content c'est l'essentiel. Et un jour ils vont nous le rendre. L'essentiel c'est que tu rendes heureux les gens."
 


Rédigé par Propos recueillis par Vaite Urarii Pambrun le Lundi 3 Août 2020 à 21:56 | Lu 2054 fois





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