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​"Diplomatie parlementaire" à l'APF


Tahiti, le 22 avril 2022 – L'assemblée de la Polynésie française a accueilli toute la semaine écoulée les réunions de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. Une "diplomatie parlementaire" dans laquelle s'est pleinement engouffrée l'institution polynésienne sous la présidence de Gaston Tong Sang.
 
À Tarahoi, le sigle APF s'est mué l'espace d'une semaine d'Assemblée de la Polynésie française en Assemblée parlementaire de la Francophonie. Pour la première fois de son histoire, l'institution législative polynésienne -membre de l'organisation interparlementaire francophone depuis 2019- a accueilli entre mardi et vendredi les réunions de trois des commissions de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie : le Réseau des femmes parlementaires, la Commission de l'éducation, de la communication et des affaires culturelles et le Réseau des jeunes parlementaires.
 
Une pluralité de commissions "très rare", a souligné vendredi le vice-président et futur président de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, le Canadien Francis Drouin, puisque les 90 parlements représentés dans l'organisation internationale n'ont que peu l'occasion d'être réunis pour plus d'une commission dans l'un des pays membres. Outre ces trois commissions, la semaine écoulée a également été l'occasion d'un atelier de travail sur "la mise en place d'une politique cadre pour lutter contre les violences faites aux femmes dans les parlements" et d'un séminaire sur le "changement climatique et le développement durable". L'objectif des travaux de cette semaine étant la préparation de l'assemblée plénière prévue en juillet prochain à Kigali au Rwanda.
 
Le Pays après l'assemblée ?
 
Vendredi matin, en clôture de cette semaine de travaux, les principaux parlementaires présents ont insisté sur la qualité de l'accueil réservée par l'assemblée de la Polynésie française. À tel point que l'Assemblée parlementaire de la Francophonie envisage d'organiser la prochaine réunion annuelle de son bureau en Polynésie française, au mois de janvier 2023. "Nous n'avons apporté que notre support logistique", a modestement réagi le président de l'assemblée, Gaston Tong Sang, "mais je crois que le pari est réussi". Les élus locaux de l'assemblée ont d'ailleurs pu suivre eux-aussi les travaux réalisés cette semaine, notamment le séminaire de vendredi sur le changement climatique. Une preuve de l'importance de cette "diplomatie parlementaire" pour "l'ouverture des élus", vantée par le vice-président Francis Drouin, et ses collègues venus également du Gabon, de Belgique, de Suisse ou de Nouvelle-Calédonie.
 
Reste une question ouverte pour la collectivité de la Polynésie française, celle de son adhésion à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). En effet, si l'assemblée polynésienne s'est rendue compte en 2019 que son statut d'autonomie lui permettait d'être membre à part entière de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, la collectivité n'a pas encore adhéré à l'OIF. "J'ai un peu bousculé notre président pour lui dire : je t'attends, parce qu'il vaut mieux être à deux dans la francophonie que tout seul", s'amusait vendredi Gaston Tong Sang. Édouard Fritch qui a en effet souligné, mardi dernier dans son discours introductif, les démarches entreprises pour que la Polynésie se porte candidate pour intégrer l'organisation internationale, en rappelant la "place géopolitique stratégique de la collectivité polynésienne au sein d’une région essentiellement anglophone".
 

​Francis Drouin, député canadien, vice-président et futur président de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie : "Nous ne nous sommes pas vus depuis 2019"

Quel bilan tirez-vous de cette semaine de travaux en Polynésie ?
 
"Oui, le bilan est bon. Plusieurs commissions ont eu la chance d'avoir des échanges et comme on l'a mentionné tantôt on se prépare à la réunion du 5 au 10 juillet. On a parlé par exemple du Réseau des femmes qui ont une politique de lutte contre le harcèlement qu'elles veulent faire voter à la plénière. Je crois que c'est important et on espère avoir l'appui de tous les parlementaires qui seront à Kigali. Ces travaux n'ont pas débuté ici, mais se sont continués ici. Et encore une fois, je tiens à remercier le président Tong Sang et ses équipes de l'accueil chaleureux que nous avons eu ici. J'ai eu des échanges également avec le peuple polynésien. Les gens sont très chaleureux. Et ça, comme Canadien, je me retrouve un peu chez nous ici… Bon, sauf pour ce qui est de la météo."
 
Trois commissions au même endroit, c'est assez rare au sein de l'organisation de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie ?
 
"C'est très rare et ça ajoute une richesse à ces commissions. Ça leur a permis d'avoir des échanges à la fois entre parlementaires et entre commissions. Sinon, la seule fois que ça arrive c'est lors de la plénière au mois de juillet. Et je le rappelle, cela fait depuis 2019 que nous ne nous sommes pas vus. La dernière fois que j'ai vu la section polynésienne c'était à travers une rencontre Zoom alors qu'il était 4 heures du matin ici. C'est vous dire si les parlementaires ici avaient envie de nous rencontrer."
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Vendredi 22 Avril 2022 à 16:28 | Lu 1239 fois