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​Tearii Alpha se représente à Teva i Uta


Tearii Alpha et Jonas Tahuaitu entourés des colistiers de Tuiau ia Teva i Uta (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tearii Alpha et Jonas Tahuaitu entourés des colistiers de Tuiau ia Teva i Uta (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 10 mars 2026 – Le maire sortant de Teva i Uta brigue un troisième mandat sous “le drapeau de la cohésion et de l’unité” avec ses colistiers de Tuiau ia Teva i Uta. Tearii Alpha défend son bilan face aux attaques de ses opposants, auxquels il propose un débat public d’ici vendredi. Parmi les différents projets portés par l’équipe, la priorité est mise sur la création d’un conseil de la paix avec les paroisses, la consultation des habitants pour l’aménagement des quartiers et le développement économique à travers trois pôles stratégiques à Papeari et Mataiea.
 

Titulaire d’un doctorat de chimie, Tearii Te Moana Alpha a exercé en tant que vacataire à l’université de la Polynésie française pendant quelques années avant d’être “rattrapé par la volonté de servir l’intérêt public”, impulsée par le président Gaston Flosse. Après avoir œuvré dans différents services du Pays, il intègre le gouvernement à la tête de plusieurs ministères entre 2006 à 2023, le secteur primaire, les affaires foncières et la vice-présidence étant les derniers en date. Marié et père de trois enfants, Tearii Alpha est maire de Teva i Uta depuis 2014, soit deux mandatures, et président-fondateur de Terehēamanu, la communauté des cinq communes du sud de Tahiti, depuis 2021.
 

​“Continuer à construire”


Au-delà de son mariage polémique pendant les restrictions sanitaires, le maire sortant défend son bilan avec “497 délibérations votées à l’unanimité” et des réalisations qui vont de l’inauguration de la caserne des pompiers à la reconstruction de plusieurs écoles, en passant par l’instauration du rāhui et la promotion des produits locaux dans la restauration scolaire, sans oublier la nouvelle mairie de Mataiea et la future mairie de Papeari. “Je n’ai pas été parfait dans ma vie, mais je pense ne pas avoir été un mauvais maire. En six ans, nous avons fait progresser l’excédent budgétaire, qui est passé de 90 à 400 millions de francs. Le Covid nous a retardés dans beaucoup de projets, mais on est arrivés au bout. On ne se contente pas de ce bilan : on veut continuer à construire notre commune et notre société. Il faut avoir la flamme pour aimer s’occuper des autres dans toutes les situations, même les plus difficiles, et en dehors de Facebook”, souligne-t-il.
 
À 54 ans, la motivation de Tearii Alpha semble intacte. Tête de liste de Tuiau ia Teva i Uta à Mataiea, il se présente aux côtés de Jonas Tahuaitu, 83 ans, conseiller de Papeari issu de l’opposition. “Il a beaucoup donné pour notre Pays en tant que ministre de l’Équipement”, présente-t-il. “C’est le doyen de notre conseil municipal. Je suis preneur de son expérience et de sa sagesse”. Le groupe compte 33 colistiers et quatre suppléants, une dizaine d’élus et des jeunes, des référents associatifs, des représentants de la culture, de l’éducation ou du droit, des entrepreneurs ou encore des agriculteurs.
 

La défusion fait débat


Interrogé sur le statut politique de sa liste, un an tout juste après la création de son parti Hotuatau Firiaui, le candidat brandit la foi et son attachement à la commune : “Notre première étiquette, c’est d’être des chrétiens nés à Tahiti. Et le seul drapeau qui compte pour nous dans cette élection, c’est le drapeau de Teva i Uta, le drapeau de la cohésion et de l’unité.”
 
L’occasion d’aborder les critiques formulées par les deux autres listes menées par Opeta Tahuaitu et Alain Sangue, l’actuel maire délégué de Papeari étant notamment favorable à la défusion. “La situation actuelle de Teva i Uta ne permet pas cette vision politique à court terme”, estime Tearii Alpha. “C’est une erreur politique, mais surtout un mauvais cadeau à la population, car on va régresser en termes de moyens publics et de puissance communale. On propose un tau’ati, une pirogue double avec 5.500 et 5.450 habitants, soit 11.000, pour inventer notre développement, réveiller notre propre identité et rester solidaire pour faire grandir Papeari et Mataiea ensemble. Ce que nous proposerons, c’est que les élus de Papeari puissent diriger la commune de Papeari avec plus de présence et de proximité que ce qui a été fait sous la mandature d’Alain Sangue, qui a été un maire fantôme, pratiquement jamais là”, renvoie-t-il à son ancien colistier, ajoutant les statistiques du service de l’eau, des déchets et des pompiers, avec “plus d’interventions à Papeari qu’à Mataiea”. “On n’a jamais bloqué les moyens communaux. On ne peut pas nous reprocher un manque d’équité”, remarque Tearii Alpha.
 
Le maire sortant est d’ailleurs prêt, non pas à en découdre, mais à en débattre. “Il ne reste plus que trois jours, mais nous aimerions organiser un débat, jeudi ou vendredi. Nous lançons un appel aux autres listes à nous réunir à Papeari pour débattre du futur de notre commune”, adresse-t-il à ses opposants.
 

​Trois axes de développement


Pour “préparer l’avenir, améliorer le présent et valoriser le passé”, l’équipe de Tuiau ia Teva i Uta mise sur trois grands axes, desquels découlent plusieurs projets (lire encadré ci-dessous) : instaurer un “conseil de la paix” à travers des réunions biannuelles associant le conseil municipal et les paroisses pour soutenir les familles “en perte de repères” ; œuvrer en faveur d’une vie de quartier “paisible, solidaire et durable” à travers la consultation des habitants en faveur des projets d’aménagement ; et miser sur plusieurs pôles de développement économique.
 
“On propose au Pays trois zones de développement : à Atimaono, pour le tourisme et la culture, au musée Gauguin et au motu Ovini, point d’arrêt touristique du tour de l’île dans les prochains mois, et à Papeari en transformant la vallée de Titaaviri en zone prioritaire de développement avec une fiscalité positive pour attirer des entreprises, en lien avec la décentralisation annoncée par le gouvernement à la Presqu’île. La force de Teva i Uta, c’est sa culture et son patrimoine, et cette vision – qui est celle de la population du sud de Tahiti – de commencer à regarder dans la direction de Afaahiti-Taravao. C’est ce qui nous anime dans la construction du Teva i Uta de demain”, conclut le candidat, dont la liste a prévu de tenir trois réunions publiques, deux à Papeari et une à Mataiea, pour cette dernière semaine de campagne avant le premier tour des élections municipales.
 


​Les projets de Tuiau ia Teva i Uta

Quelques-uns des projets listés sur trois pages dans la profession de foi de Tuiau ia Teva i Uta :
1. “Refondation de nos familles” : instaurer un conseil de la paix avec les paroisses, créer un réseau de veille et d’écoute pour lutter contre les drogues ; apporter un soutien administratif aux associations ; regrouper régulièrement les générations dans un Fare Airaa Upu ; améliorer le confort des élèves avec plus d’équipements et la climatisation ; ouvrir des permanences pour la santé mentale ; transformer le CJA en École de la vie pour une seconde chance sans limite d’âge.
2. “Mieux vivre ensemble” : constituer des commissions municipales ouvertes ; potabilisation de l’eau sans chloration ; ouverture de déchetteries éphémères ; gestion de l’évacuation des eaux pluviales dans les quartiers à risque ; reconstruction d’une salle des sports et des fêtes à Papeari ; proposer un accès au wi-fi gratuit dans les principaux lieux publics ; protéger les berges de rivières et du front de mer par un programme pluriannuel ; baisser le coût de l’électricité par l’injection directe d’énergies renouvelables dans le réseaux du Secosud.
3. “Mutation économique” : organiser une centrale d’achats de produits agricoles pour la restauration scolaire et collective ; créer des sociétés coopératives d’intérêt collectif avec les pêcheurs pour le projet d’élevage de rori ; réhabiliter le marché de produits agricoles et de plantes de Teonetea (Tatutu) associé à une base nautique de services d’excellence ; soutenir la vision du projet de territoire de Terehēamanu ; construire une école de navigation traditionnelle sur l’ancien musée Gauguin ; créer un centre polynésien d’animations grandeur nature Te Ao Maohi à Atimaono.

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Mardi 10 Mars 2026 à 18:04 | Lu 863 fois