Au terme de quatre mois de travail, les chrysanthèmes de la famille Hapairai sont au rendez-vous / Chaque année, Anie Faua réalise une centaine de compositions avec les fleurs de son fa’a’apu (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 22 octobre 2025 - À dix jours de l’hommage aux défunts, les exploitations horticoles arborent leurs plus belles couleurs. Rencontre à Taravao avec Mareva Vairaaroa-Hapairai, spécialiste des chrysanthèmes, et à Faaone avec Anie Faua, collectionneuse de fleurs locales, toutes deux épaulées par leurs enfants pour le “rituel” de la Toussaint.
Mareva et Frédéric Hapairai sont au rendez-vous du 1er-Novembre depuis plus de trois décennies. Dans leur exploitation sur les hauteurs du plateau de Taravao, ils ont consacré deux serres et demie à la culture des fleurs emblématiques de cette saison : les chrysanthèmes. Le fruit d’un savoir-faire inné, perfectionné avec l’expérience. “Depuis l’âge de 16 ans, j’ai toujours été dans les plantes. Quand j’ai décidé de me lancer dans les chrysanthèmes, ça n’a pas été facile. Il m’a fallu du temps pour maîtriser les techniques”, confie Mareva Vairaaroa-Hapairai, 72 ans.
Mareva et Frédéric Hapairai sont au rendez-vous du 1er-Novembre depuis plus de trois décennies. Dans leur exploitation sur les hauteurs du plateau de Taravao, ils ont consacré deux serres et demie à la culture des fleurs emblématiques de cette saison : les chrysanthèmes. Le fruit d’un savoir-faire inné, perfectionné avec l’expérience. “Depuis l’âge de 16 ans, j’ai toujours été dans les plantes. Quand j’ai décidé de me lancer dans les chrysanthèmes, ça n’a pas été facile. Il m’a fallu du temps pour maîtriser les techniques”, confie Mareva Vairaaroa-Hapairai, 72 ans.
Le défi des chrysanthèmes
En parallèle de la culture des anthuriums et d’autres plantes ornementales, l’horticultrice se consacre pendant quatre mois aux chrysanthèmes avec le soutien de ses enfants et de plusieurs ouvriers. “On démarre la plantation en juillet pour que les fleurs soient prêtes à temps pour la Toussaint. Grâce au courage et à la persévérance de notre maman, c’est devenu un rituel tous les ans”, explique sa fille, Tekau Hapairai, 47 ans. “C’est ma grande sœur, Atanua Chater, qui s’occupe de la partie administrative pour l’importation des plants depuis les États-Unis avec des normes strictes au niveau de la réglementation phytosanitaire.”
Environ 2 000 plants sont placés sous serre, où ils sont irrigués en goutte à goutte. Une vigilance quotidienne est de mise, comme le souligne Mareva Vairaaroa-Hapairai : “C’est quand même stressant, car il faut s’occuper des fleurs tous les jours pour s’assurer qu’il n’y a pas de bêtes ou de champignons. Une maladie, et on peut tout perdre ! Le risque, c’est aussi que les plantes ne fleurissent pas au bon moment, car ça varie selon les variétés.”
Défi relevé cette année encore : blanc, jaune, rose, mauve, rouge, orange, il y en a pour tous les goûts ! Commencées cette semaine, les livraisons auprès des fleuristes et des revendeurs vont s’intensifier dans les prochains jours. La famille reçoit également des habitués sur son site de production ou dans ses deux points de vente. Malgré l’augmentation du coût du fret et des matières premières, le prix de vente est stable, entre 2 500 et 3 000 francs le pot. Avec un atout non négligeable pour prolonger les hommages : “C’est une plante qui donne plein de fleurs et qui dure longtemps, jusqu’à un mois”.
Une diversité de fleurs locales
Changement de décor, mais même énergie chez Anie Faua, dont la maison est entourée de fleurs locales dans le quartier Outuofai de Faaone. Régulièrement arrosée par la pluie, cette commune associée de Taiarapu-Est est réputée pour ses nombreuses familles d’horticulteurs, qui ont pris l’habitude de se réunir dans le centre-ville de Taravao pour le marché aux fleurs de la Toussaint. “J’ai grandi dans les fleurs. J’ai commencé avec mes parents qui étaient agriculteurs et éleveurs”, se souvient Anie Faua, également âgée de 72 ans. Après un détour par la France, puis par la pâtisserie, elle est revenue à ses premiers amours il y a une quinzaine d’années.
Si les grandes expositions florales sont désormais derrière elle, l’horticultrice reste très attachée au rendez-vous de la Toussaint. “Je travaille avec la nature. Je commence à me préparer en septembre. J’ai onze variétés de roses de porcelaine, cinq variétés d’oiseaux de paradis, plusieurs variétés de sexy pink (héliconia, NDLR), différents feuillages et fougères, et j’ai les trois couleurs de ‘ōpuhi : rouge, rose et blanc”, détaille-t-elle. “Mes enfants m’aident : ils se chargent de couper les fleurs petit à petit à partir du 27 octobre.”
Anie Faua ne se contente pas de vendre ses fleurs coupées. Elle a un autre talent, puisqu’elle est aussi fleuriste. Elle a aménagé son stand chez elle, en bord de route, pour recevoir ses clients et exposer ses créations : “C’est un autre savoir-faire que j’ai appris de mes parents, qui allaient vendre leurs bouquets à la mairie de Papeete, à l’époque. Généralement, je réalise une centaine de compositions pour la Toussaint”. Ses gerbes sont vendues entre 3 000 et 5 000 francs selon la taille et les fleurs utilisées.
Chômée pour certains, la fête des défunts n’est pas de tout repos pour Anie Faua. “La Toussaint, c’est la période où on travaille le plus !”, reconnaît-elle d’un point de vue professionnel et économique. Mais ses motivations sont aussi personnelles : “C’est une période que j’aime beaucoup, car je suis entourée de mes enfants et on échange avec les clients. Je mets du cœur dans chaque bouquet, car je sais que c’est pour fleurir les tombes de leurs proches. Parfois ce sont des personnes disparues que j’ai connues, donc ça me touche encore plus”.

























