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​Kauli Vaast : “Aller chercher un autre rêve”


Tahiti, le 10 mars 2026 - Au lendemain de sa qualification lundi dans l’élite du surf pro, Kauli Vaast s’est confié à Tahiti Infos sur sa joie d’être parvenu à se hisser dans le World championship tour (WCT). À peine sorti de l’eau pour son entraînement matinal, le champion olympique en titre est déjà focalisé sur la saison à venir.
 
 
Quand on est un surfeur qui vient de se qualifier pour le WCT, mais qu’on est encore engagé dans une compétition, c’est difficile de se motiver pour y aller le matin ? Tu n'avais pas envie de faire la fête hier ?
“Non, c'est la même routine, parce que j'ai vraiment envie d'aller le plus loin possible dans cette compétition. Donc, on continue comme la veille. La même routine… aller surfer tôt. Et puis j'ai ma sœur avec moi qui me motive, donc j’ai toujours envie d'aller à l'eau.”
 
Tu es forcément super content de ton année, de ta performance et de ce qui se profile maintenant pour toi.
“Oui, c'était un moment incroyable. Une longue année, surtout après les Jeux olympiques. Le fait de pouvoir enchaîner tout ça avec mon équipe, mon agent, ma famille, mes coachs, mon préparateur physique, et tous les autres… Tout ce qu'on a fait en entraînement, toutes les séances de kiné, tous les entraînements au surf avec les coachs Joan [Duru], Jérémy [Flores]… On a fait énormément de choses et donc tout ce processus-là sur toute une année, c'était long, ce n’était pas facile avec des hauts, des bas, et du coup voilà : c'est incroyable de pouvoir réaliser ça.”
 
Comment as-tu as abordé ta série lundi ? Est-ce que tu étais stressé ? Est-ce que tu étais détendu ?
“Moi je savais qu'il fallait que je passe deux séries. Le but, c'était de les passer et je passe la première. En fait en sortant de l'eau, j’ai appris qu’ils avaient déjà annoncé qu’il me suffisait juste d’aller à l'eau et que c’était bon. Mais moi je ne savais pas [rires]. Donc j'étais un peu stressé, et surtout content d'aller à l'eau. Une fois sur place, j’ai pu me dire ‘Voilà, ça y est’. Je n’avais plus qu’à m'amuser et passer cette série. Donc voilà : j'ai tout donné, et c'est passé. Et je me suis qualifié, officiellement.”
 
La compétition du WCT va démarrer assez rapidement. Tu vas avoir le temps de te mettre dans le bain. Comment ça se passe pour toi ?
“Oui, la première étape est en Australie, et j’y suis déjà. Du coup j'enchaîne avec une préparation que je vais faire à Gold Coast, un peu plus haut. Je vais travailler avec les planches, avec Joan, et après aller à Bells Beach pour la première compétition.”
 
Tu es loin du Fenua, mais malgré tout tu as réussi à avoir les proches, les amis, la famille ?
“J'ai eu un peu tout le monde, donc je suis super content. Ils m'ont tous envoyé des messages. Ça fait plaisir, ça booste, et c'est génial.”
 
C'est une grande première pour Tahiti d'avoir trois représentants dans l'élite, avec toi, Vahine Fierro et Tia Zebrowski. Vous arrivez en force sur le circuit.
“Michel [Bourez] était tout seul sur le circuit à représenter Tahiti, et donc le fait d'arriver en force, là, maintenant, c'est génial, et on va essayer de tout donner jusqu'à la fin.”
 
As-tu déjà des objectifs de fixés pour cette saison à venir ?
“Oui, il y a des objectifs. Ce serait pas mal déjà de rester le plus longtemps possible, d'essayer d'aller chercher le Rookie of the Year, et pourquoi pas aller chercher le Top 5 à la fin, si c'est possible. C'est ça qu'il faut se mettre en tête. Et champion du monde, c'est le rêve. Donc on va essayer d'aller chercher un autre rêve.”
 
Les JO de Los Angeles, tu y penses déjà ?
“Non, le mode de qualification est hyper compliqué. Ça se jouera en 2028. On verra bien, mais de toute façon, là, ma tête elle est dans le CT.”
 
Tu as déjà pu échanger avec Michel sur le CT, j'imagine.
“Pas trop, parce que je n’étais jamais à Tahiti. Je n’ai fait que voyager. J'ai eu compétition sur compétition. Après j'ai eu beaucoup de temps à passer avec Jérémy, plus qu’avec Michel parce qu’il était à Tahiti. Mais à chaque fois qu'on se croise, bien sûr qu'il me donne énormément de conseils. On a une bonne équipe, et puis tout le monde se soutient, donc c'est vraiment cool. Et puis j'ai de la chance quand même d'avoir Jérémy, Johan, et la Fédération française qui ont organisé énormément de choses tout au long de cette année pour faire plein de trucs. Je donne juste pour exemple le projet Héritage, qui motive les jeunes, et j'espère faire le même parcours que Michel. Ça va booster ces jeunes-là qui sont motivés. On espère tous qu'ils se qualifient à leur tour.”
 
C'est beau parce que tu viens de toucher le Graal de façon individuelle, mais tu penses malgré tout au collectif et déjà aux jeunes.
“Oui, parce que j'ai eu la chance de pouvoir surfer un peu avec eux le dernier jour avant de partir. C'était sur un spot où ils étaient divisés en deux groupes. Il y avait les filles et les garçons, en fonction des conditions et des spots. J'ai surfé avec les filles, et elles étaient hyper motivées. C'était touchant.”
 
Un dernier mot : Tu espères pouvoir revenir quand en Polynésie française ?
“Je ne sais pas du tout, j'espère ne pas revenir tout de suite et pouvoir continuer le circuit. Je suis lancé dans le CT !”

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mardi 10 Mars 2026 à 13:23 | Lu 629 fois