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​“Voici mon message” : les lettres de Pōmare II exhumées


Après Fa’ati’a mai ia Tai’arapu, Grandeur et déclin des Teva i tai, Josiane Di Giorgio signe un nouvel ouvrage : Teie hoi taua parau nei, Lettres de Pōmare II de 1800 à 1821 (Crédit : DR).
Après Fa’ati’a mai ia Tai’arapu, Grandeur et déclin des Teva i tai, Josiane Di Giorgio signe un nouvel ouvrage : Teie hoi taua parau nei, Lettres de Pōmare II de 1800 à 1821 (Crédit : DR).
Tahiti, le 19 février 2026 - Quinze ans après la découverte d’une lettre oubliée, l’enseignante et chercheuse Josiane Di Giorgio signe un nouvel ouvrage qui met à l’honneur 43 lettres écrites par le roi Pōmare II. Un autre point de vue historique qui invite les lecteurs à “entendre sa voix” et à “écouter ce qu’il dit sur cette période” allant de 1800 à 1821.
 

Professeure d’anglais et docteure en Lettres, langues et sciences humaines, Josiane Di Giorgio a enseigné pendant une trentaine d’années à Bordeaux, puis à la Presqu’île et à l’Université de la Polynésie française. Passionnée d’histoire et de culture, elle contribue régulièrement à des expositions, des conférences et des publications spécialisées. Elle réside depuis cinq ans à Huahine, un cadre propice à l’écriture. Après Fa’ati’a mai ia Tai’arapu, Grandeur et déclin des Teva i tai en 2016, Josiane Di Giorgio signe un nouvel ouvrage paru en janvier : Teie hoi taua parau nei, Lettres de Pōmare II de 1800 à 1821.
 

​Une lettre retrouvée


La genèse de ce travail coïncide avec une découverte aussi surprenante qu’inattendue : “Il y a une quinzaine d’années, lors de mes recherches dans une bibliothèque, je suis tombée sur une lettre oubliée écrite en tahitien par Pōmare II, qui n’était pas inventoriée officiellement. Ce trésor a été le point de départ de cette envie de faire connaître les lettres de Pōmare II, premier homme d’État polynésien. J’ai travaillé sur un corpus de 43 lettres qui nous permettent d’en apprendre un peu plus sur cette partie de l’histoire, qui n’est connue encore une fois que par les écrits des missionnaires et des étrangers. Je ne voulais pas parler pour lui, d’où ce titre, ‘Voici mon message’, qui est la première phrase de cette fameuse lettre retrouvée”. Ce document de la taille d’un demi-format A4, écrit avec la sève d’un arbre, est aujourd’hui précieusement archivé.
 

​Des voix autochtones


À travers 276 pages, annexes incluses, Josiane Di Giorgio délivre à son tour plusieurs messages. “Mon objectif premier, c’est de rendre accessibles les lettres de Pōmare II. Mais aussi qu’on entende sa voix et sa rhétorique, car la langue est belle et les locuteurs tahitiens auront autant de plaisir que moi à les lire. Il s’agit aussi d’écouter ce qu’il dit sur cette période, comment il appréhende l’écriture, les étrangers et la politique, comment il bascule de la religion païenne vers la religion chrétienne, et ses choix”, précise l’auteure, qui s’intéresse aux voix autochtones à travers ses travaux.
 
Au-delà de l’histoire, l’enseignante s’adresse aussi aux jeunes en soulignant le parcours d’apprentissage de l’écriture de Pōmare II. “Il est parti de rien, mais il a manifesté un grand désir d’apprendre : en trois ans, il commence à écrire ses premières lettres. Il écrit non seulement en tahitien, mais il utilise aussi des formulations en anglais. Il a fait preuve d’une intelligence extraordinaire”, souligne-t-elle au sujet de l’auteur du Code Pomare, première législation tahitienne.
 

​Infos pratiques

​“Voici mon message” : les lettres de Pōmare II exhumées
Teie hoi taua parau nei, Lettres de Pōmare II de 1800 à 1821, Association Parau, en vente au tarif de 2 430 francs chez Odyssey.

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Jeudi 19 Février 2026 à 13:58 | Lu 1370 fois