Tahiti, le 27 juillet 2026 - La ministre des Sports et de la Jeunesse Vanina Pommier a accordé un entretien à Tahiti Infos afin de faire le point sur l’organisation des Jeux du Pacifique à moins d’un an du lancement de la compétition. L’ancienne basketteuse a évoqué les nombreux chantiers en cours et a appelé les différentes instances à “travailler ensemble” pour que la compétition soit une grande fête populaire.
Quel est votre état d’esprit à moins d’un an du début des Jeux ?
“La seule chose que je me dis, c'est que ça démarre ‘demain’. Mais bon, je me disais déjà ça il y a six mois (rires). Donc la machine est déjà en marche depuis un petit moment. Les délais se resserrent et on a énormément de chantiers qui ne dépendent pas forcément du Pays… Donc à moins de 365 jours du lancement de la compétition, j'ai envie de dire qu'on n'a jamais été aussi proche, mais on a encore énormément de choses à faire.”
Quels sont ces principaux chantiers ?
“Sur nos 25 sites de compétition, nous en avons 20 en travaux : celui des bassins, le site de Pater, Fautua, Henri-Hiro pour le tennis de table et le badminton. Ce sont essentiellement les sites qui appartiennent au Pays, mais on a également des lieux qui appartiennent à des associations comme pour le basket avec Vénus et l'haltérophilie ainsi que la force athlétique à Teva i Uta… Sans compter les autres endroits logistiques avec l’hébergement ou encore les bases opérationnelles. Ce sont énormément de sites à gérer pour eux et pour nous. On fait en sorte que tout soit bien coordonné.”
Cela fait un peu plus de deux mois que vous êtes à la tête du ministère des Sports, vous attendiez-vous à tout ça au moment de prendre votre poste ?
“Oui, c’est ça le pire, je pense (sourire). Mais c'était nécessaire, au vu de l'enjeu et du délai. C'était ce qui était le mieux pour s'assurer qu'on soit en capacité d'avoir les Jeux en temps voulu. Avant d'être nommée, j'étais déjà conseillère technique au ministère sur les Jeux du Pacifique. Depuis que je suis ministre, je suis beaucoup moins dans l'opérationnel. C'est important aussi d'être en capacité de faire ça, même en changeant de ministre. Et ça a été ma ligne conductrice d'assurer la continuité du projet.”
“Tout le monde a bien en tête qu'en fonction des décisions prises pour les collectifs, potentiellement, on n'a pas de Jeux du Pacifique”
Le président du COPF Louis Provost a dit dans nos colonnes, au sujet d’une possible annulation des Jeux à cause du contexte politique, que “si ça devait arriver, ça arrivera”, quel est votre regard sur cette situation ?
“Nous, on a joué la transparence, dans le sens où le contexte politique aura un impact sur les Jeux. Bien ou mauvais, ça dépendra des décisions prises. On a alerté toutes les personnes qu'on pouvait sur l'impact des différents collectifs budgétaires qui passent ou ne passent pas. Pour le moment, tout le monde a bien en tête qu'en fonction des décisions prises pour les collectifs, potentiellement, on n'a pas de Jeux du Pacifique, parce que simplement, au niveau du ministère, on ne sera pas en capacité de payer les entreprises qui travaillent. Il n'y a pas de demi-mesure. C’est une réalité qu'on a partagée avec le comité organisateur et le COPF. On a mis en place des réunions hebdomadaires pour être sûr que tout le monde ait le même niveau d'information. Nous allons y arriver que si on arrive à travailler tous ensemble.”
Cela n’a pour l’instant pas eu d’impact sur la préparation de l’événement…
“Pour le moment, on arrive encore à avancer. Par contre, ça va vite devenir problématique. Mais ça, tout le gouvernement en a conscience. On essaie de sensibiliser un maximum les élus de l'assemblée. Je sais qu'au niveau du comité organisateur et du COPF, ils font exactement la même chose. Parce que notre but commun, ce sont les Jeux du Pacifique pour l'année prochaine. Donc on est un peu tous dans la même pirogue.”
“On prévoit environ 12 000 personnes accréditées sur les deux semaines de compétition”
Combien de personnes sont mobilisées pour ces Jeux ?
“Elles sont un peu plus de 80 au sein du comité organisateur. Au niveau du ministère des Sports, on a une personne dédiée uniquement aux Jeux du Pacifique, mais l’ensemble du secteur est mobilisé. On prévoit environ 12 000 personnes accréditées sur les deux semaines de compétition entre les volontaires, les athlètes et les organismes d'équipement. C'est quelque chose qui n'a jamais été fait au niveau du pays.”
Quelle sera la particularité de la prochaine édition ?
“Je dirais mettre en avant l'accueil polynésien. Pour nous, en tout cas, au niveau du gouvernement, c'est être en capacité d'organiser des Jeux qui nous ressemblent, et qu'on soit en capacité de tenir tant financièrement qu’au niveau de l’héritage. Car après les Jeux du Pacifique, les associations seront encore là. Il faut qu'on soit en capacité de se dire qu'après les Jeux, ça continue de bénéficier à notre population. Ce sont des choses importantes pour nous.”
Il y a eu quelques animations organisées avec le public à l’image de la présentation des mascottes il y a quelques jours, est-ce que l’engouement commence à se créer chez la population du Fenua ?
“Je dirais qu'il faut continuer. Ce n’est que le début. J’espère qu'à moins de 365 jours du début, ça va aller crescendo comme on a eu l’exemple aux Jeux olympiques. Un an auparavant, les gens n'arrivaient pas à se projeter. On a travaillé ça. Ce qui marche énormément, ce sont les établissements scolaires qui arrivent à fédérer et à impliquer nos jeunes et notre population. D’autres événements d’ici la fin de l'année sont prévus pour justement communiquer et rassembler autour des Jeux du Pacifique ainsi qu’impliquer la population dans l'événement.”
“Il faut qu'on arrive à mettre en avant l'intérêt et surtout à impliquer les Polynésiens”
Ce n’est donc qu’une question de temps avant que l'intérêt des Polynésiens se manifeste.
“Franchement, on est un peuple qui est ultra sportif. Il faut qu'on arrive à mettre en avant l'intérêt et surtout à impliquer les Polynésiens, parce que la pire chose qu'on puisse faire, c'est créer une différence entre eux et l'événement. Une fois qu’on aura réussi à le faire et que le comité organisateur sera en capacité de nouer des liens, ça va prendre. De toute manière, j'ai envie de dire qu'on n'a pas le choix parce que l'héritage ne commencera que si notre population arrive à participer.”
Les Jeux sont avant tout une fête….
“C'est une fête du sport, mais pas seulement avec tout ce qui sera mis en place. C'est un pays entier qui célèbre sa culture, sa richesse et évidemment les médailles. Parce qu'on va avoir des médailles et on va gagner les Jeux à la maison !”
Le défi est immense.
“C'est probablement le plus gros challenge qu'on n’ait jamais eu, que ce soit en termes d'organisation et sur le plan sportif. La seule différence, c'est que là, on aura 25 sites de compétition (sourire). Une fois que la cérémonie d'ouverture sera terminée, ce sera une des plus grosses fiertés. Il faut garder ça en tête et que tout le monde reste mobilisé, parce qu'on n'y arrivera pas si le ministère est d'un côté ou que le comité organisateur est de son côté. C'est vraiment tous ensemble qu'on sera en capacité, en 2027, de se dire waouh, on a réussi à faire ça.”



































