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Une famille poursuivie après la mort d’un bébé soigné au ra'au Tahiti



Tahiti, le 5 mai 2020 - Neuf individus de la même famille devaient comparaître mardi devant le tribunal correctionnel pour répondre de l’homicide involontaire d’une fillette de un an. Le 14 juillet 2016 à Bora Bora, la petite fille était décédée après avoir été soignée pendant plusieurs jours avec des potions et des crèmes issues de la médecine traditionnelle. L’affaire a été renvoyée au 1er février 2021. 
 
C’est une bien triste affaire qui devait être abordée mardi par le tribunal correctionnel de Papeete. Neuf individus devaient être jugés suite au décès d’une enfant d’un an à Bora Bora en 2016. Si l’affaire a été renvoyée puisque les mis en cause n’ont pu rejoindre Tahiti en raison de l’épidémie de covid-19, Tahiti Infos s’est procuré l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel rendue en septembre 2018 par le juge d’instruction en charge de l’affaire. 
 
Le 14 juillet 2016, le médecin de permanence du dispensaire de Bora Bora avait contacté les gendarmes suite à la mort d’une petite patiente de un an qu’il avait prise en charge alors qu’elle se trouvait en état de détresse cardio-respiratoire et présentait une “tuméfaction importante” au niveau de l’épaule gauche. Malgré son placement en réanimation, l’enfant était décédée. Le médecin, qui soupçonnait des maltraitances, avait donc décidé de signaler cette mort suspecte aux forces de l’ordre. 

​Massages et potions

Rapidement entendue par les enquêteurs, la mère de la fillette avait expliqué qu’elle vivait dans la maison familiale de Bora Bora avec ses grands-parents, son mari et ses parents. Interrogée sur les circonstances du décès, la jeune femme avait expliqué que l’état de santé de son enfant s’était dégradé en quelques jours suite à l’apparition d’un bouton sur son épaule gauche. 
 
Sous l’impulsion de ses parents et de ses grands-parents, la jeune mère de famille avait accepté que son enfant, qui souffrait désormais de fièvre et de douleurs, soit soignée par des guérisseurs à l’aide de massages et de potions. Le juge d’instruction relève dans l’ORTC que la famille avait “perdu confiance en la médecine moderne” quelques mois avant le drame lorsque l’enfant avait été emmenée chez un médecin pour une toux que ce dernier n’aurait pas su soigner. 
 

​“Agonie”

Après trois jours de “soins traditionnels”, la fillette s’était retrouvée dans un état si grave que la famille avait finalement décidé de l’emmener chez un médecin. Elle était décédée quelques heures plus tard d’une grave infection pulmonaire. Lors de son autopsie, les médecins légistes avaient affirmé que la petite fille n’avait pas “reçu les soins adéquats que son état initial nécessitait” et qu’elle aurait pu être sauvée si elle avait eu accès à une “thérapeutique simple à base d’antibiotiques”. Les deux spécialistes avaient constaté que la petite avait subi une véritable “agonie” et que sa mort était imputable à “un défaut de soins”
 
Au terme de son instruction, le magistrat instructeur avait décidé de renvoyer neuf membres de la famille de la victime, dont ses parents, ses grands-parents et deux guérisseurs, devant le tribunal correctionnel pour “homicide involontaire” et “exercice illégal de la médecine”. Il avait estimé que ces neuf personnes avaient “pris collectivement ou successivement la décision d’emmener l’enfant chez un guérisseur, s’arc-boutant sur la supériorité présumée des soins traditionnels, et malgré l’absence de résultat, sur leur prétendue incompatibilité avec la médecine moderne”. Ils avaient également, selon le magistrat, “refusé, en tout cas fatalement retardé, que l’enfant soit conduit au dispensaire où elle aurait pu recevoir des soins et être réhydratée”.
 
Les neuf prévenus de ce dossier n’ayant tous pu être avisés de leur convocation devant le tribunal correctionnel mardi en raison des mesures relatives au Covid-19, l’affaire a été renvoyée au 1er février 2021. 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 5 Mai 2020 à 17:42 | Lu 7291 fois





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