Moorea, le 19 février 2026 - Une heure à peine après l’ouverture du conseil municipal de Moorea-Maiao, ce jeudi, le maire Evans Haumani faisait voter un huis clos. Une décision prise après que les élus de la minorité ont dénoncé, en la présence d’un média, que les délibérations sont destinées à “faire leur politique politicienne”, qu’Evans Haumani utilise des agents pour sa politique et que les voitures de service sont utilisées à des fins personnelles par l’élu de Afareaitu et des agents de la commune.
Les élus de Moorea-Maiao se sont réunis ce jeudi matin pour le dernier conseil municipal avant les élections communales. Dès le début de la séance, les élus de la minorité notamment Christiane Kelley et John Toromona ont fait savoir leur désaccord quant au changement de l’ordre du jour par le tāvana Evans Haumani qui l’a ensuite fait voter.
“C’était du n'importe quoi”, avance John Toromona. Ce dernier assure que des délibérations “non urgentes” ont été mises à l’ordre du jour. “On est sur la dernière séance du conseil municipal et on nous met tout en urgence. Le pire, c'est que c'est sur des décisions qui vont peut-être avoir des retombées par rapport à la période électorale.”
Les élus de Moorea-Maiao se sont réunis ce jeudi matin pour le dernier conseil municipal avant les élections communales. Dès le début de la séance, les élus de la minorité notamment Christiane Kelley et John Toromona ont fait savoir leur désaccord quant au changement de l’ordre du jour par le tāvana Evans Haumani qui l’a ensuite fait voter.
“C’était du n'importe quoi”, avance John Toromona. Ce dernier assure que des délibérations “non urgentes” ont été mises à l’ordre du jour. “On est sur la dernière séance du conseil municipal et on nous met tout en urgence. Le pire, c'est que c'est sur des décisions qui vont peut-être avoir des retombées par rapport à la période électorale.”
Des délibérations pour “faire leur politique politicienne”
John Toromona ajoute même que ces textes vont permettre à la liste du maire sortant Evans Haumani “d'aller faire leur politique politicienne”. L’élu fait référence au texte concernant le tarif pour le transport maritime relatif aux “missions multiservices” de la commune ou du Pays qui passe de 600 000 francs à 455 000 francs. “Nous avons voté en novembre dernier pour fixer les tarifs. Et là, on propose une baisse juste pour dire à la population de Maiao que nous avons tout fait pour que vous ayez tout le temps les services administratifs chez vous.”
John Toromona estime que ces textes n’ont pas à être votés à quelques semaines des municipales. “On n'a pas le droit de prendre des décisions, surtout que nous sommes en campagne. C'est juste pour dire que ce sont eux qui ont mis en place, par exemple, les lampadaires.”
L’élu dénonce également le fait qu’Evans Haumani utilise les agents de la commune pour faire sa campagne. “Je ne comprend pas pourquoi le directeur de campagne de tāvana prend la parole aujourd’hui (…). Un autre agent qui fait partie de la direction a écrit le programme d’Evans Haumani. Il utilise plusieurs autres agents de la commune pour sa politique, ce n’est pas normal.”
John Toromona estime que ces textes n’ont pas à être votés à quelques semaines des municipales. “On n'a pas le droit de prendre des décisions, surtout que nous sommes en campagne. C'est juste pour dire que ce sont eux qui ont mis en place, par exemple, les lampadaires.”
L’élu dénonce également le fait qu’Evans Haumani utilise les agents de la commune pour faire sa campagne. “Je ne comprend pas pourquoi le directeur de campagne de tāvana prend la parole aujourd’hui (…). Un autre agent qui fait partie de la direction a écrit le programme d’Evans Haumani. Il utilise plusieurs autres agents de la commune pour sa politique, ce n’est pas normal.”
Les voitures de service, “il y en a qui vont avec à la pétanque”
L’élu de la minorité Ervine Brothers a, quant à lui, interpellé le tāvana au sujet des voitures de service de la commune. “On peut circuler avec en dehors des heures de travail car souvent, j’en vois circuler après les heures. Il y en a même qui vont avec à la pétanque.”
Le tāvana associé de Papetoai, Jérôme Temauri, est tout de suite intervenu pour recadrer son collègue sur un ton menaçant. “Ervine, tu peux me dire où est-ce que tu as vu, dans l’ordre du jour, ce sujet ? Qu’est-ce que vous faîtes ? Surtout toi Ervine, qu’est-ce que tu fais ?”
L’ancien sixième adjoint et actuellement dans la minorité, Jide Tehuritaua, est lui aussi intervenu pour soutenir son collègue et confirmer que des agents utilisent le véhicule de service à des fins personnelles. “Un dimanche, je suis allé à la pétanque et j’ai vu Hugo (Tavaitai, NDLR) avec la voiture de service. Et cela, c’était pendant les heures de travail ? Ou il faisait de la politique ?” Jide Tehuritaua n’aura pas de réponse car la deuxième adjointe au maire, Jade You-Sing, a coupé court à sa question et est passée à autre chose.
Le tāvana associé de Papetoai, Jérôme Temauri, est tout de suite intervenu pour recadrer son collègue sur un ton menaçant. “Ervine, tu peux me dire où est-ce que tu as vu, dans l’ordre du jour, ce sujet ? Qu’est-ce que vous faîtes ? Surtout toi Ervine, qu’est-ce que tu fais ?”
L’ancien sixième adjoint et actuellement dans la minorité, Jide Tehuritaua, est lui aussi intervenu pour soutenir son collègue et confirmer que des agents utilisent le véhicule de service à des fins personnelles. “Un dimanche, je suis allé à la pétanque et j’ai vu Hugo (Tavaitai, NDLR) avec la voiture de service. Et cela, c’était pendant les heures de travail ? Ou il faisait de la politique ?” Jide Tehuritaua n’aura pas de réponse car la deuxième adjointe au maire, Jade You-Sing, a coupé court à sa question et est passée à autre chose.
“On n’a eu aucune réponse” pour le huis clos
Juste après ces remarques et questions de la minorité, le tāvana Evans Haumani, par l’intermédiaire de la deuxième adjointe au maire, Jade You-Sing, a fait voter un huis clos. Une décision qui a fait bondir les élus de la minorité, notamment Christiane Kelley, John Toromona et Charles Rousset car, pour eux, cette décision est incompréhensible. D’autant que le vote a été fait sans qu’aucune explication n’ait été donnée aux élus de la minorité. “On n’a eu aucune réponse, nous n’avons fait que réclamer, réclamer, réclamer (…). On n'a jamais eu de réponse”, assure John Toromona.
Ce dernier considère que ce huis clos était surtout un moyen pour le tāvana Evans Haumani de “leur permettre de mettre la journaliste à la porte. Et cela n’est pas normal car elle est là pour informer la population quant au fonctionnement du conseil municipal. Je ne vois pas le mal.”
De son côté, Charles Rousset dénonce : “Dans ce conseil, il n’y a plus de démocratie. On est où, là ?”
Ce dernier considère que ce huis clos était surtout un moyen pour le tāvana Evans Haumani de “leur permettre de mettre la journaliste à la porte. Et cela n’est pas normal car elle est là pour informer la population quant au fonctionnement du conseil municipal. Je ne vois pas le mal.”
De son côté, Charles Rousset dénonce : “Dans ce conseil, il n’y a plus de démocratie. On est où, là ?”
Christiane Kelley, conseillère municipale de Moorea-Maiao, s’adressant à Hugo Tavaitai “Entre agent (de la commune, NDLR) et directeur de campagne, le fil est très, très fin”
“Je pense qu'en tant que directeur de campagne (d’Evans Haumani, NDLR), tu devrais avoir un droit de réserve et laisser quelqu'un d'autre parler à ta place. Parce qu’entre agent (de la commune, NDLR) et directeur de campagne, le fil est très, très fin.
Tu nous dis que tu travailles pour la compagne de tāvana après tes heures de service. Qui vient contrôler ça ? Qui peut ici nous affirmer que tu travailles ? Il paraît que tu n'es pas le seul agent de la commune qui travaille pour la compagne de tāvana. Qui ici peut venir nous dire qu’effectivement, vous travaillez pour la campagne après vos heures de service ? Personne ne le sait.
Et vous le savez, nous, on ne peut pas venir contrôler. (Toi) et les autres agents qui sont engagés dans cette campagne, on n'a pas de problème avec ça, mais après, il faut un droit de réserve.
Donc moi, j'aurais souhaité que ce soit quelqu'un d'autre qui parle à ta place. Tu n'es pas le seul dans ton service. C'est mieux comme ça. Et encore une fois, je pense qu'il serait préférable que tu laisses un autre agent parler.”
Tu nous dis que tu travailles pour la compagne de tāvana après tes heures de service. Qui vient contrôler ça ? Qui peut ici nous affirmer que tu travailles ? Il paraît que tu n'es pas le seul agent de la commune qui travaille pour la compagne de tāvana. Qui ici peut venir nous dire qu’effectivement, vous travaillez pour la campagne après vos heures de service ? Personne ne le sait.
Et vous le savez, nous, on ne peut pas venir contrôler. (Toi) et les autres agents qui sont engagés dans cette campagne, on n'a pas de problème avec ça, mais après, il faut un droit de réserve.
Donc moi, j'aurais souhaité que ce soit quelqu'un d'autre qui parle à ta place. Tu n'es pas le seul dans ton service. C'est mieux comme ça. Et encore une fois, je pense qu'il serait préférable que tu laisses un autre agent parler.”































