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Toujours plus d’actifs… et de voitures sur les routes polynésiennes


(c) ISPF
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Tahiti, le 11 juillet 2022 – Selon la dernière publication de l’ISPF sur les déplacements des Polynésiens entre leur domicile et leur lieu de travail ou d’études, 152 225 personnes se déplacent quotidiennement au fenua. La voiture est toujours le moyen de transport le plus utilisé et elle a même fait plus de 3 000 nouveaux adeptes en l’espace de 5 ans, avec l’engorgement que cela provoque pour accéder à Papeete, au cœur de la zone urbaine de Tahiti qui emploie plus des trois quarts des actifs de l’île.
 
La semaine dernière, l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF) a mis en ligne sa dernière publication sur les déplacements domicile-travail et domicile-études à Tahiti et dans les îles. Celle-ci se base sur les chiffres du dernier recensement mené en 2017, soit avant la crise Covid qui a pu modifier les habitudes de transport, avec notamment le développement du télétravail dans certains secteurs d’activités. Plusieurs tendances et évolutions s’en dégagent toutefois, en comparant avec les chiffres de 2012.
 
En 2017, les actifs occupés et les personnes scolarisées représentent 60,1 % de la population de la Polynésie, soit respectivement 93 591 individus âgés de 14 à 88 ans, tous secteurs d’activités confondus, et 72 235 élèves et étudiants, de l’enseignement primaire à supérieur.
 
Parmi les travailleurs, dont la moyenne d’âge est de 40 ans, 82 311 Polynésiens occupent un emploi hors de leur domicile et 63 % d’entre eux quittent leur commune de résidence pour s’y rendre. Les élèves et étudiants scolarisés hors internat représentent quant à eux 69 914 personnes, dont 44,4 % quittent leur commune de résidence pour rejoindre leur établissement scolaire. Cela représente donc un total de 152 225 personnes se déplaçant quotidiennement, ou presque, à Tahiti et dans les îles. "Pour ces derniers, la voiture est le moyen de transport le plus fréquent avec 92 367 usagers (passager ou conducteur)", majoritairement des cadres, des professions intermédiaires et des employés, souligne l’ISPF. Soit 3 043 personnes de plus qu’en 2012.
 
Les deux-roues motorisés attirent quant à eux 1 787 personnes de plus entre ces deux dates, tandis que les transports collectifs perdent 3 378 usagers. "Les modes de transport sont différents pour les personnes actives occupant un emploi et celles scolarisées. En effet, même si la voiture reste majoritaire [60,7 % des modes de déplacements, NDLR], les transports collectifs sont plus présents chez les personnes scolarisées avec 32,1 % d’utilisateurs, contre 3,3 % parmi les actifs occupés."
 
80,6 % de l’activité de Tahiti concentrée en zone urbaine
 
La zone urbaine comprise entre Punaauia et Arue représente 80,6 % de l’activité de Tahiti. En 2017, 39,9 % des actifs occupés de l’île ont un emploi à Papeete, dont le secteur d’activité le plus important est l’administration publique. À Faa’a, il s’agit du transport et de l’entreposage ; à Punaauia, la construction et le commerce ; à Pirae, la santé humaine et l’action sociale ; tandis que "Arue présente des secteurs d’activités plus diversifiés et proportionnellement représentatifs de la […] Polynésie française". Cette dernière commune connaît par ailleurs l’une des plus fortes augmentations du nombre d’actifs occupés de Tahiti, tout comme Taiarapu-Ouest et Teva i Uta (hausses de près de 30 %, contre 7 % en moyenne pour le reste de l’île).
 
Dans la zone urbaine, moins de la moitié des emplois sont occupés par des résidents de la commune. Papeete et Pirae ont un nombre d’emplois plus élevé que le nombre de personnes actives qui y résident. "Les communes limitrophes, notamment Punaauia, forment une couronne autour de celles-ci. Le nombre de résidents actifs y est plus élevé que le nombre d’emplois disponibles en leur sein." Les autres communes sont principalement des zones résidentielles. À la Presqu’île, Afaahiti prend un profil semblable à celui de Papeete, dans son interaction avec les communes alentour, mais dans un volume moindre. Idem pour Teavaro à Moorea.
 
Tout ceci entraîne bien évidemment un engorgement des axes routiers autour de Papeete, depuis les côtes ouest et est. Déjà "2 500 à 5 000 personnes se déplacent dans le cadre de leur travail sur les tronçons Papara-Paea et Papenoo-Mahina tous les jours", atteignant jusqu’à 14 100 individus sur les tronçons Punaauia-Papeete et Arue-Papeete.
 
Du côté des déplacements inter-îles
 
L’ISPF souligne que 2,4 % des actifs occupés (majoritairement des hommes) travaillent sur une île différente de la leur. Tahiti reste bien évidemment le premier site d’emploi et les échanges inter-îles les plus fréquents se font depuis Moorea. "Quotidiennement, 1 031 actifs quittent Moorea pour travailler à Tahiti [soit 18,8 % de la population active de l’île sœur, NDLR] et 923 pour aller y étudier. À l’inverse, 190 actifs quittent Tahiti pour exercer leurs professions à Moorea. D’autres îles sont concernées par ces échanges. Certains se font presque exclusivement entre deux îles comme de Moorea vers Tahiti (déjà citées) ou encore de Tahaa vers Raiatea. Certains échanges sont plus diversifiés, comme pour Raiatea, dont les habitants vont travailler à Tahaa, Tahiti ou encore Bora Bora."
 
Ces déplacements inter-îles peuvent s’expliquer par l’importation de certaines catégories de main d’œuvre spécifique (professionnels de l’hébergement et de la restauration à Bora Bora, Rangiroa et Huahine, de la construction à Moorea et Raiatea, de l’enseignement à Tahaa). "À l’échelle de Tahiti, l’administration est le principal service moteur de mobilité avec une part de 21,6 % de professionnels provenant d’autres îles, suivis par le transport et l’entreposage, la construction et le commerce."
 
Enfin, certains secteurs d’activités nécessitent de la mobilité. C’est le cas de l’administration publique, plus gros employeur du pays, qui représente 19,4 % des déplacements inter-îles. Un chiffre qui s’explique par les missions de service public exercées dans toute la Polynésie. Vient ensuite le secteur de la construction, qui "représente 13,4 % des motifs d’échanges inter-îles alors qu’il n’emploie en Polynésie française que 7,8 % des actifs occupés". Une surreprésentation qui est due à l’absence de compétences spécifiques sur certaines îles. De manière générale, la répartition des secteurs d’activités dans le contexte de mobilité inter-île est différente de la distribution globale.
 

Carte des flux d'actifs entre communes
Carte des flux d'actifs entre communes

Répartition des modes de transports suivant le type de déplacement domicile-travail
Répartition des modes de transports suivant le type de déplacement domicile-travail

Rédigé par Lucie Ceccarelli le Lundi 11 Juillet 2022 à 17:47 | Lu 2462 fois