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T​ravaux d'intérêt général pour l’ex-conjoint violent


Tahiti, le 21 mai 2026 - Un homme de 33 ans était jugé ce jeudi par le tribunal correctionnel pour des faits de violences sur son ex-conjointe et mère de leur enfant. Il a été condamné à 117 heures de travail d’intérêt général, avec une peine fixée à deux mois d’emprisonnement en cas de non-exécution.  

Un homme de 33 ans, domicilié à Hitia’a o te Ra, a comparu ce jeudi 21 mai en procédure d’urgence devant le tribunal correctionnel de Papeete pour des faits de violences conjugales commis en présence de leur enfant de 7 ans. Les faits remontent à seulement trois jours. Séparée de son ancien conjoint depuis 2023, la mère de famille venait récupérer leur enfant à l’école lorsque les deux anciens partenaires se sont croisés dans la rue. Une dispute a alors éclaté avant de se poursuivre jusque dans le chemin où réside la victime.  

À la barre, ce jeudi, le prévenu a nié avoir porté des coups. “Elle m’a dit qu’elle avait avorté d’un autre enfant de moi. Elle m’a mordu, je n’ai pas porté de coups, moi”, a-t-il affirmé. Il a également expliqué avoir été filmé par son ex-compagne et visé par des jets de cailloux. Le président du tribunal a relevé la présence de traces de morsures ainsi qu’un tee-shirt déchiré sur le prévenu.  

La victime, une fleur glissée à l’oreille au moment de son audition, a livré une autre version. Elle raconte avoir croisé son ancien compagnon, que leur fils refusait de lui dire bonjour. Selon elle, la situation aurait dégénéré après que le prévenu eut aperçu des marques de suçon attribuées à son nouveau compagnon. “Il m’a insultée de tous les noms sur la route”, a-t-elle déclaré.  

“Qui a donné les premiers coups ? On a deux discours différents”, a relevé le tribunal. Le seul témoin direct de la scène reste leur enfant de 7 ans, présent durant toute l’altercation.  

​“Il traduit ses frustrations de manière violente”


Le certificat médical de la victime fait état de neuf jours d’incapacité totale de travail (ITT), avec un hématome à l’œil droit, des douleurs aux genoux ainsi qu’un retentissement psychologique. “Neuf jours me paraissent beaucoup”, a toutefois relevé le tribunal, la victime précisant avoir déjà repris le travail.

Déjà condamné en 2025 pour des faits de harcèlement visant cette même ex-conjointe, le prévenu se trouvait également sous sursis probatoire au moment des faits. À l’audience, le procureur a estimé que le père de famille “traduit ses frustrations de manière violente malgré la séparation”.  

Le ministère public a requis, “pour la dernière fois”, un sursis probatoire de douze mois sur une durée de deux ans, avec obligation de travail et interdiction de paraître au domicile de la victime.  Le tribunal a finalement requalifié les faits en violences ayant entraîné moins de huit jours d’ITT. Le prévenu a été condamné à 117 heures de travail d’intérêt général, avec une peine fixée à deux mois d’emprisonnement en cas de non-exécution. Le tribunal a également prononcé une interdiction de paraître au domicile ainsi que sur le lieu de travail de la victime.  

“Vous commencez à être dans la ligne rouge des condamnations”, a conclu le président du tribunal au moment du délibéré.

Rédigé par Violaine Broquet le Jeudi 21 Mai 2026 à 17:49 | Lu 462 fois