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Shorts, oreillettes et brouilleurs anti-drone pour protéger la torche olympique


JUNG YEON-JE / AFP
JUNG YEON-JE / AFP
Ville-sous-la-Ferté, France | AFP | vendredi 22/03/2024 - Shorts, oreillettes, talkie-walkie, et brouilleurs anti-drone. L'étape test du relais de la flamme olympique organisée vendredi dans l'Est de la France a fait la part belle aux motards de gendarmerie et à la bulle sécuritaire autour de la torche alors que la vraie flamme arrivera le 8 mai pour un périple sous haute tension de 80 jours.

Depuis 7h00 du matin, 400 personnes dont près de la moitié sont des forces de l'ordre ont sillonné le département. 

Lever de soleil et brume matinale à l'abbaye de Clairvaux dans la commune de Ville-sous-la-Ferté, à quelque 250 km de Paris. La cour de l'abbaye cistercienne du XIIe siècle qui a abrité une prison jusque récemment, se remplit. Gendarmes et policiers en tenue mais aussi en short, baskets, et oreillettes, sont là pour assurer la protection rapprochée du porteur de la torche olympique. 

Gérard Beureux, président de l'association "Renaissance abbaye", qui gère le site, promène un sourire joyeux et observe la douce agitation. Il se réjouit car quand la flamme sera là, pour de vrai, "les images partiront dans le monde entier".

flamme éteinte 

Mais est-ce qu'il a déjà vu autant de gendarmes au mètre carré dans l'allée centrale? "Jamais! Bien que Clairvaux ait été une prison centrale, on peut penser que quand le célèbre Carlos a quitté ou est arrivé là il y avait des forces de l'ordre en nombre impressionnant!", glisse-t-il, rieur, à l'AFP.

Cette journée va notamment permettre de tester la coordination de tout le convoi. 

Pour ce test, la flamme n'est pas allumée. "Un peu déceptif", concède le boss du comité d'organisation, Tony Estanguet, à l'étape suivante mais "le jour J quand il y aura la flamme ce sera très spectaculaire", explique-t-il aux côtés de la ministre des Sports et des JO, et du maire de Troyes, François Baroin. 

A Nogent-sur-Seine, à une centaine de kilomètres an allant vers Paris, le centre ville est bouclé. Un client garé sur le parking du Carrefour Market à l'entrée de la ville fulmine à haute-voix: "quel merdier!". Un peu plus loin, les habitants sont plus accueillants. Quelques dizaines sont venus voir passer ce convoi et applaudissent. 

Les véhicules des sponsors, comme le grand camion rouge Coca, donnent un petit air de caravane du Tour de France.

"garder son calme"

"C'est 400 personnes à coordonner, tout le monde a des oreillettes, des talkie-walkie, des téléphones", résume Tony Estanguet. "Il faut garder le calme", dit ce triple champion olympique, réputé animal à sang froid. "Faut pas demander quinze fois confirmation quand il faut avancer", prend-il comme exemple. "Chacun à un rôle très précis" et "à la fin il y a un chef", résume-t-il. En l'occurrence, concernant la sécurité, le préfet du département. 

Car pour que "la fête soit belle, il faut qu'elle soit en toute sécurité'", explique-t-il.

Autour du porteur, neuf policiers et neuf gendarmes, avec des chasubles rouges, sont là pour pour empêcher tout incident et intrusion. Le principal risque de perturbation émane de collectifs "environnementalistes d'ultra-gauche", avait récemment spécifié le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin citant "Saccage 2024", "Dernière Rénovation" et "Les Soulèvements de la Terre".  "A ce stade, il n'y a pas de velléités de l'ultra droite", avait-il assuré. 

Sans compter bien sûr le risque terroriste. 

Mais, le test de vendredi ne prévoit aucune simulation d'attaques ou de happening. Le GIGN est prêt à intervenir. Et une centaine de forces mobiles sont présentes, de même que le brouilleur anti-drone.

En fin de journée, le convoi test passera à Troyes, avec un relais collectif dansé.

"Ca va être des millions de Français qui vont pouvoir voir ça à partir du 8 mai!" lorsque la flamme arrivera à Marseille depuis la Grèce, s'enthousiasme Amélie Oudéa-Castéra. La caravane sera plus grande, les spectateurs plus nombreux, 5.000 policiers et gendarmes seront mobilisés à Marseille, et les risques bien réels.

le Vendredi 22 Mars 2024 à 07:03 | Lu 1284 fois