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Shell Va’a : "On a fait de mauvais choix, c’est tout"


Photo Grégory Boissy
Photo Grégory Boissy
Après la contre performance des rameurs de l’équipe Shell à la dernière course Hawaiki Nui va’a, les mauvaises langues n’ont pas tardé à se manifester. Comment une équipe qui domine le Faati Moorea puis Molokai ho’e en 2012, peut-elle ne pas même parvenir à se hisser sur le podium de la célèbre course des raromatai ? Qu’a-t-il bien pu se produire pour que l’équipe star de la rame polynésienne réalise la plus mauvaise performance du club Shell Va’a depuis 2002 ? Certain sont même allés jusqu’à voir dans ce résultat le spectre du dopage, alors que des contrôles étaient mis en place, cette année pour la première fois.
Richel Moux, évoque des décisions qui se sont avérées mauvaises. "On se doutait que ça allait jaser", commente le président du club Shell Va’a.

Tahiti infos : La rumeur n’a pas tardé à faire l’association entre votre performance lors de Hawaiki nui 2012 et la mise en place de contrôle anti dopage.

Richel Moux : Oui, c’est dommage. Ce sont des attaques gratuites. On n’a pas besoin de se cacher derrière nos résultats. Shell va’a a toujours plaidé en faveur de la mise en place de tests anti-dopage, au niveau local comme international. Nous n’avons absolument rien à cacher. Tous nos rameurs sont suivis médicalement. Les compléments nutritifs que prennent les sportifs sont validés par le médecin du club depuis des années. Aucun composant de ces aditifs n’est dans la liste des produits dopants. Nous sommes très sévères à ce sujet.
Non, il se trouve que notre performance se produit comme une fâcheuse coïncidence avec la mise en place de tests anti dopage, cette année.


Tahiti infos : Quelle est votre analyse des résultats de Shell va'a, dans cette course ?

Richel Moux : On a fait de mauvais choix, c’est tout. Après la course on se rend compte que ces choix sont mauvais. D’abord deux de nos rameurs n’ont pas pu participer complètement aux entraînements. Ils ont dû être suspendus d’une bronchite aigüe (Bruno Tauhiro et Heiva Paie-Amo, ndlr). Ils étaient convalescents au départ de la course. En accord avec l’entraineur, on a choisi de les mettre dans l’équipage tout de même. On a fait ce choix ; on ne met pas en cause les rameurs ils ont fait de leur mieux. On les a remplacés par des rameurs de l’équipe junior à la deuxième et à la troisième étape. Mais déjà, avec près de 9 minutes de retard dès la première étape, nos chances de victoire au général étaient compromises.
Le nouveau réglage de balancier qui a été décidé au départ de la course s’est avéré déterminant.
On se rend compte aussi que l’on a eu tord d’utiliser de nouvelles rames, sans avoir pris le temps de s’y habituer.
On se doutait que ça allait jaser. C’est pour ça que nous avons tout mis en œuvre pour faire un résultat à la troisième étape, vendredi. Nous sommes arrivés premiers. On l’a fait pour l’honneur.


Tahiti infos : Comment expliquez-vous que vous ayez pris autant de mauvaises décisions au départ d’une course aussi importante ?

Richel Moux : Hawaiki nui est une grande course. Je ne veux pas condamner les choix qui ont été faits. Ils ont été faits dans une bonne intention : avec l’envie de bien faire, tant au niveau du réglage de balancier que concernant le choix des nouvelles rames. J’ai décidé de faire confiance aux rameurs. Il faut se rappeler que nous sommes dans une mouvance de victoire, nous avons tout gagné depuis le début de l’année et ça nous a conduit à être plus complaisant.
Avec le recul, on se rend compte que l’on aurait dû s’en tenir à nos principes : aucun nouveau réglage ou nouveau matériel sans avoir mis à l’essai lors d’entrainements.
Mais je veux juste rappeler que Shell Va’a est une équipe qui a été régulière toute l’année. Cette contre performance a permis aux mauvaises langues de se régaler. C’est pour ça que nous avons mis beaucoup d’attachement a arriver premier à la dernière étape : pour tordre le cou à la rumeur.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Lundi 12 Novembre 2012 à 12:23 | Lu 2445 fois