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Rencontre avec Ingrid Astier ... En immersion dans l'imaginaire de l'écrivain



PAPEETE, le 19/11/15 - Passionnée des îles et en particulier de la Polynésie, Ingrid Astier s'immerge totalement pendant trois ans dans les milieux qui planteront le décor de ses futurs romans. Elle publie ses écrits depuis 1999, date où elle a remporté le prix du jeune écrivain. Rencontre

Vous aimez la Polynésie, d'où venez-vous ?

"Je pense que la question d'où vit un écrivain est intéressante car on vit dans notre imaginaire. Moi, je sais que je suis Française, j'ai grandi en Bourgogne comme le vin, je vis à Paris depuis des années. Pour moi, l'important c'est où mon esprit habite et il n'arrête pas de voyager. Une partie de moi est très profondément enracinée en Polynésie. Une sorte de reconnaissance depuis mon enfance, j'ai toujours rêvé de venir ici. Le désir est aussi important que la concrétisation des faits. C'est la deuxième fois que je viens ici et à chaque fois, je prends le temps de rester un peu, c'est une grande chance de pouvoir se tromper à l'ailleurs, il n'y a pas d'autres mots. On ne peut pas passer à côté de la chance de vraiment rencontrer une culture, il faut du temps."

Les îles vous permettent de rejoindre votre imaginaire ?

"Pour moi, l'isolement est très important. Mon identité est d'abord insulaire car là où je me sens le mieux c'est sur les îles. J'ai besoin de sentir cette barrière océanique qui me préserve du brouhaha, du bruit des villes. Pour rejoindre son imaginaire, il faut un vrai temps de décantation. La part la plus importante de l'écrivain se passe dans notre refuge, notre désert. Une sorte d'immense étendue où tout est possible. L'être humain n'a pas l'habitude d'être face à l'infini. J'adore me sentir loin, j'adore me sentir sur une île. "

Vous vous immergez pendant trois ans pour écrire un roman, pourquoi ?

"Quand j'écris mes romans, je m'immerge effectivement pendant trois ans. Je peux passer autant de temps avec un pêcheur à la mouche qu'avec une trapéziste qui a inspiré une de mes dernières héroïnes ou encore avec la brigade de répression de recherche et d'intervention. Je rencontre tous les personnages qui vont nourrir mon imaginaire. Il faut un très gros travail préparatoire pour savoir ensuite comment ces personnages parleront, comment ils s'habilleront et se comporteront. Parfois, il peut y avoir jusqu'à sept personnes qui m'inspirent un seul personnage puis vient l'imaginaire qui fait le liant et m'inspire "le coffre". "

Il y a vraiment un côté grande expédition quand tu commences un roman

Vous êtes passionnée par la vague de Teahupo'o, pourquoi ?

"Quand je fais des investigations, cela représente une telle masse d'informations, de photographies qu'au bout d'un moment, ça gonfle et j'ai l'impression que c'est comme la vague de Teahupo'o. Il y a alors deux solutions : soit tu l'apprivoises et tu la surfes, soit elle t'écrase, elle te broie, tu glisses et tu abandonnes. Il y a vraiment un côté grande expédition quand tu commences un roman. Tu écris, tu ne sais pas si ça va marcher. Un projet gros comme ça peut casser en plein voyage. Il y a le risque d'être dévoré par cette immensité. Tu peux toujours travailler plus pour être dans le naturel de tes personnages. Mon but, ce n'est pas le réalisme, c'est de me donner tous les moyens du réalisme pour nourrir l'imaginaire. Je veux que ça sonne juste et vrai, que le lecteur ait l'impression d'avoir plongé avec les plongeurs de la fluviale en plein cœur de Paris, qu'il ait l'impression d'être dans un bureau de la crime au quai des orfèvres …

Ça ne doit pas être facile de se faire accepter par tous les milieux que vous investiguez ?

On ne m'accepte pas facilement, jamais. Tout ce qui est beau dans la vie ça se mérite, comme de venir ici, c'est plus de 20 heures de voyage. Je suis très heureuse de me dire que la Polynésie n'est pas à une heure de Paris, cela mérite ce temps de l'attente, du désir, cette épreuve du corps qui va fatiguer, c'est très important de mériter les choses. Aucune porte ne résiste au désir. Quand tu as envie de quelque chose et que tu l'as travaillé, tu peux l'obtenir. Rien n'est le fruit du hasard.

Propos recueillis par Noémie Debot-Ducloyer

Rencontre avec l'auteur au salon du livre : vendredi 20 novembre de 14h20 à 15h05
Table ronde " le polar … by night" avec Qiu Xiaolong, Paul Cleave et Jean-Hugues Oppel : samedi 21 novembre de 14h à 14h45
Présentation de la "petite éloge de la nuit" (édition Folio Gallimard): dimanche 22 novembre de 11h05 à 11h35

Rédigé par Noémie Debot-Ducloyer le Jeudi 19 Novembre 2015 à 09:35 | Lu 1042 fois







1.Posté par Mathius le 19/11/2015 11:40 | Alerter
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Si notre romancière ne se connaît pas en quelques mois la POLYNESIE lui reverra son image. La POLYNESIE est avant tout un espace d'exil, d'où le regard tragique des polynesiens.. Bienvenue Ingrid et sache faire la différence entre la fête et la bringue ainsi tu gagneras des années de compréhension de ce Pays.

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