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Rataro fait son come-back dans la chanson



Rataro fait son come-back dans la chanson
PAPEETE, le 3 mai 2019 - Le prochain album de Rataro devrait sortir au mois d'août prochain avec cinq titres inédits. Parmi ses chansons, l'artiste fera l'éloge du prochain Matava'a qui se tiendra à Ua Pou au mois de décembre. Rataro dédiera également une chanson  à sa mère. L'environnement, l'adoption et le va'a seront aussi des thèmes que l'on retrouvera dans les textes de l'artiste.
 
Après huit ans d'absence, Rataro, 55 ans bientôt, annonce son come-back dans la chanson avec un nouvel album intitulé "Pū henua" qui devrait sortir au mois d'août. Dans cet album, l'artiste marquisien mettra notamment en avant le Festival des Marquises (Matava'a), qui se tiendra au mois de décembre sur son île natale, Ua Pou. "Un vecteur important pour la culture marquisienne", déclare l'artiste, avant de rajouter : "Le titre est Matava'a. Mata veut dire les yeux et va'a, c'est éveillé. Avoir un regard en perspectives avec l'importance de la pratique de la langue maternelle. C'est cette chanson que je proposerai aux radios et aux télévisions pour communiquer sur le festival."
 
Dans ce nouvel album, qui sera composé de cinq chansons, le chanteur marquisien rendra également hommage à sa mère "et de tout l'amour que je lui porte". Un texte qui lui tient à cœur, surtout lorsqu'il pense à son défunt père. "Je l'ai perdu en mer et je lui avais écrit une chanson après sa disparition. Aujourd'hui, je ne sais pas où je peux me recueillir pour lui parler, parce qu'il n'est jamais revenu. C'était un pêcheur et au bout de 62 ans de pêche, la mer l'a pris. J'en voulais à la terre entière, parce que mon père est parti, alors qu'il n'avait pas de pêchés. J'ai regretté d'avoir écrit et interprété la chanson de mon papa après sa disparition. Donc, puisque ma maman est toujours là, je me suis dit que j'allais tourner un clip avec elle", indique Rataro. Une chanson où "je vais beaucoup parler de sa main, cette main qui nous a soignés, qui nous a protégés… les mains d'une maman sont importantes pour un enfant."
 
Autres thèmes qui seront mis en exergue dans cet album : l'environnement, l'adoption et le va'a. "Le tupuna des polynésiens, c'est le va'a, c'est comme si c'était une embarcation qui portait sa population. En Polynésie, nous sommes venus par le va'a. C'est cette idée que je retranscris dans une de mes chansons", prévient Rataro.
 
La sortie officielle de l'album "Pū henua" se fera "par voie de presse". Selon l'artiste, le public devra acheter l'album en ligne "pendant au moins quelques mois". Mais rien n'a encore été défini. Rataro a une vingtaine d'années de carrière musicales derrière lui et il a écrit plus de 372 chansons.
 

INTERVIEW

Rataro
Auteur, chanteur, compositeur
"On est déconnecté du système qui existe dans le monde"


Qu'avez-vous fait durant ces huit années d'absence ?
"En huit ans, j'ai continué à écrire et j'ai fait des live aux Marquises aussi. J'ai animé des événements et j'en ai créés aussi, en invitant des artistes de Tahiti. J'avais fait venir Gabilou et d'autres chanteurs pour ne pas trop m'éloigner de la scène. Et les chansons que je ne pouvais pas enregistrer, je les remettais à des chanteurs. De temps en temps, je revenais à Tahiti et on allait avec les copains animer dans un restaurant à Pirae. On montait des spectacles aussi avec les associations, mais ce n'était pas suffisant. Et avec les réseaux sociaux, tout le monde passait tout et n'importe quoi, même nos chansons étaient utilisées dans tous les sens. Actuellement, il y a l'émergence de la Sacem, avec Virginie Bruant, et je pense que le territoire a pris conscience qu'il fallait faire quelque chose pour les artistes. On revient doucement."

Le Matava'a vous a poussé à revenir ?
"Le dernier Matava'a à Ua Pou s'est tenu en 2010. Et je me suis dit que si je ne faisais pas de come-back, j'allais louper le cap de ma vie artistique. Je voulais, au début, prendre un groupe de danse, mais je me suis dit que ça allait passer inaperçu et que les gens allaient oublier par la suite. Je profite donc de l'énergie du festival pour revenir."

Ce sera un retour haut en couleur alors ?
"Je ne vais pas inventer le retour de Rataro, je vais juste faire une continuation des belles chansons que j'ai. L'idée est que mes musiques marquent les mœurs et qu'elles soient aussi utilisées dans les écoles, plus tard. Ça me sidère d'entendre dans nos écoles des cours de chant sur des musiques étrangères, comme Beethoven. Il y a beaucoup d'artistes aux Marquises, mais il leur manque d'apprendre le métier. J'ai appris avec Gabilou et je suis allé au Conservatoire, c'est lui qui a payé. Avoir un don n'est plus suffisant. Les acquis ne suffisent plus. Aujourd'hui, c'est un vrai métier. La chanson est un secteur d'activité. Écrire, c'est notre métier. Chanter, c'est pareil. Supprimez la musique à l'église et dans tous les médias pendant un jour : les gens ne seront pas bien. Il faut que le gouvernement mette en place des structures, parce qu'on est déconnecté du système qui existe dans le monde. Je suis en train de former des jeunes et je vais inciter le Pays à mettre en place une école de chants ou de musiques aux Marquises."

Rédigé par Corinne Tehetia le Vendredi 3 Mai 2019 à 08:35 | Lu 2501 fois






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