Tahiti, le 3 juin 2026 - Réuni ce mercredi matin, le Cesec a rendu à l’unanimité un avis favorable au projet de loi national relatif à la protection de l’enfance, actuellement examiné au Parlement et dont plusieurs dispositions doivent être étendues à la Polynésie française. Si les représentants de la société civile saluent ces avancées législatives, ils estiment que l’urgence se situe désormais au niveau local, où le manque de moyens, de coordination et de pilotage continue de fragiliser la prise en charge des mineurs en danger.
Le texte, qui modifie plusieurs codes nationaux, vise notamment à mieux sécuriser les placements d’enfants, renforcer la protection des mineurs en danger et améliorer le contrôle des personnes amenées à travailler ou intervenir auprès d’eux.
Dans son avis, le Cesec approuve ces évolutions portées au niveau national mais souligne que la Polynésie reste confrontée à des difficultés bien plus profondes. L’institution pointe notamment le manque de données consolidées sur les mineurs en danger, l’absence d’un véritable pilotage des politiques de protection de l’enfance et les difficultés chroniques de recrutement au sein des services sociaux.
Les chiffres rappelés dans l’avis témoignent de l’ampleur du sujet. Entre 2020 et 2024, les saisines pour violences sur mineurs ont augmenté de plus de 67 %, passant de 569 à 952 cas. En 2024, environ 2 600 enfants polynésiens ont bénéficié d’une mesure de protection judiciaire, dont plus de 800 placés hors de leur milieu familial.
La société civile s’inquiète aussi des limites du contrôle des personnes appelées à travailler auprès des enfants. Aujourd’hui, les services sociaux ne peuvent accéder qu’à une partie des informations relatives aux antécédents judiciaires des personnes concernées. Le Cesec plaide ainsi pour un meilleur accès aux données permettant d’écarter les profils incompatibles avec l’accueil ou l’accompagnement de mineurs.
Les lois, c'est bien. Les moyens, c'est mieux
Parmi ses principales préconisations figurent la création d’un observatoire de l’enfance, le renforcement durable des effectifs de la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité (DSFE), la réactivation d’un numéro vert dédié ou encore l’ouverture d’une structure d’accueil d’urgence pour les mineurs.
Lors des débats, Nahiti Teariki a regretté que ces constats reviennent année après année sans déboucher sur des décisions concrètes. Se disant “un peu choqué” par le manque persistant d’effectifs à la DSFE, il a estimé qu’“il y a des priorités” et que les moyens nécessaires devraient être dégagés pour “accompagner nos familles” et “suivre nos enfants”. Pour l'élu issu du tissu associatif, cet avis doit servir de “signal fort” et inciter les pouvoirs publics à “prendre leurs responsabilités”.
Un message qui résume l’esprit de l’avis adopté à l’unanimité : le Cesec soutient les avancées législatives portées au niveau national, mais rappelle que la protection de l’enfance dépendra surtout de la capacité du Pays à renforcer ses services et à faire de ce sujet une véritable priorité politique. Car, prévient-il, “sans courage et volonté politiques”, aucune réforme ne pourra répondre durablement aux difficultés constatées sur le terrain.
Le texte, qui modifie plusieurs codes nationaux, vise notamment à mieux sécuriser les placements d’enfants, renforcer la protection des mineurs en danger et améliorer le contrôle des personnes amenées à travailler ou intervenir auprès d’eux.
Dans son avis, le Cesec approuve ces évolutions portées au niveau national mais souligne que la Polynésie reste confrontée à des difficultés bien plus profondes. L’institution pointe notamment le manque de données consolidées sur les mineurs en danger, l’absence d’un véritable pilotage des politiques de protection de l’enfance et les difficultés chroniques de recrutement au sein des services sociaux.
Les chiffres rappelés dans l’avis témoignent de l’ampleur du sujet. Entre 2020 et 2024, les saisines pour violences sur mineurs ont augmenté de plus de 67 %, passant de 569 à 952 cas. En 2024, environ 2 600 enfants polynésiens ont bénéficié d’une mesure de protection judiciaire, dont plus de 800 placés hors de leur milieu familial.
La société civile s’inquiète aussi des limites du contrôle des personnes appelées à travailler auprès des enfants. Aujourd’hui, les services sociaux ne peuvent accéder qu’à une partie des informations relatives aux antécédents judiciaires des personnes concernées. Le Cesec plaide ainsi pour un meilleur accès aux données permettant d’écarter les profils incompatibles avec l’accueil ou l’accompagnement de mineurs.
Les lois, c'est bien. Les moyens, c'est mieux
Parmi ses principales préconisations figurent la création d’un observatoire de l’enfance, le renforcement durable des effectifs de la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité (DSFE), la réactivation d’un numéro vert dédié ou encore l’ouverture d’une structure d’accueil d’urgence pour les mineurs.
Lors des débats, Nahiti Teariki a regretté que ces constats reviennent année après année sans déboucher sur des décisions concrètes. Se disant “un peu choqué” par le manque persistant d’effectifs à la DSFE, il a estimé qu’“il y a des priorités” et que les moyens nécessaires devraient être dégagés pour “accompagner nos familles” et “suivre nos enfants”. Pour l'élu issu du tissu associatif, cet avis doit servir de “signal fort” et inciter les pouvoirs publics à “prendre leurs responsabilités”.
Un message qui résume l’esprit de l’avis adopté à l’unanimité : le Cesec soutient les avancées législatives portées au niveau national, mais rappelle que la protection de l’enfance dépendra surtout de la capacité du Pays à renforcer ses services et à faire de ce sujet une véritable priorité politique. Car, prévient-il, “sans courage et volonté politiques”, aucune réforme ne pourra répondre durablement aux difficultés constatées sur le terrain.


































