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Prêt au développement : l’accord avec la Bpifrance est signé



Teva Rohfritsch, ministre de la Relance économique, et Joël Darnaud, directeur exécutif de la BPI ont signé la création du prêt de développement pour les TPE polynésiennes.
Teva Rohfritsch, ministre de la Relance économique, et Joël Darnaud, directeur exécutif de la BPI ont signé la création du prêt de développement pour les TPE polynésiennes.
PAPEETE, le 18 décembre 2015 - A partir de la fin février, les très petites entreprises pourront bénéficier du prêt de développement, un produit sans garantie pour financer leurs investissements et renforcer leur trésorerie.

Après un an et demi de discussions, la Polynésie et la Bpifrance (Banque publique d’investissement) ont signé ce vendredi à Paris un partenariat afin de créer le "Prêt de développement Polynésie française" destiné aux petites et très petites entreprises polynésiennes.

Cet accord a fait l’objet de plusieurs demandes à l’Assemblée nationale et d’une visite à Paris du ministre Jean-Christophe Bouissou, en février dernier. Cette fois, c’est Teva Rohfritsch qui a signé l’accord, au nom du Pays et de l’assemblée polynésienne dans son ensemble, qui a voté vendredi dernier le projet de convention à l’unanimité, "ce qui est un événement chez nous, en ce moment", a-t-il souligné. Pour lui, "ce produit arrive au bon moment pour consolider, aider au développement et donner un coup de pouce financier" aux TPE polynésiennes. En Polynésie, c’est la Sodifep qui jouera le rôle d’intermédiaire de la Bpifrance et qui assurera le "front office".

Mais comme l’a constaté le ministre de la Relance économique, s’il s’agit d’un "beau bébé", "l’accouchement a été un peu long". Il a fallu résoudre des problèmes techniques puisque le système informatique de la Bpifrance fonctionne avec des euros et des numéros Siren pour identifier les entreprises, inexistant en Polynésie. Mais il y avait aussi une raison politique : "Il fallait surtout qu’il y ait la dotation du Pays et cela a été un peu plus long que prévu", explique Joël Darnaud, directeur exécutif de la Bpifrance.

Le prêt de développement est en effet co-garanti par le Pays à hauteur de 40%, par l’Etat via la Sogefom à 40% et par 20% de risques pris en direct par la Bpifrance.

Malgré ces quelques lenteurs, chacun se félicite d’être arrivé au terme du projet. "L’idée, c’est de faire la même chose en Nouvelle-Calédonie, précise Joël Darnaud. Mais on n’y est pas encore arrivé".

Les premiers crédits dans le cadre du Prêt développement Polynésie française devraient être accordés à partir de fin février, via la Sofidep. Teva Rohfritsch ajoute : "Sachant qu’il y a une rétroactivité possible de six mois, on va déjà aller voir tous les projets qui sont en phase d’être lancés pour leur proposer un complément de financement avec ces prêts à venir".

Lire aussi : Aide aux TPE-PME : un prêt Bpifrance commercialisé via la Sofidep

Le Prêt de développement, qu’est-ce que c’est ?

La banque publique d’investissement a adapté pour la Polynésie française un produit qu’elle distribue déjà en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer. En Polynésie, c’est la Sofidep qui est mandatée pour l'instruction des dossiers de demande de crédit et le suivi de la relation client. La banque de développement locale intervenant à la faveur de son expertise du tissu entrepreneurial local.

L’offre concerne des prêts de 1,2 à 6 millions Fcfp, d’une durée de 5 ans, avec un différé de remboursement d’un an et remboursable sur cinq ans. Contrairement au micro-crédit, il ne s’agit pas d’aider à la création d’entreprise mais de soutenir leur développement. Ce prêt sera accordé sans garantie, ni sur l’objet financé (pas d’hypothèque, ni de nantissement de gage...), ni par le biais d’une caution personnelle de l’emprunteur. La condition sine qua none étant que, dans le cadre de son programme de financement, l’emprunteur ait le recours à un organisme bancaire ou puise dans ses fonds propres pour un montant au moins égal au montant du Prêt développement Polynésie française.

Les garanties seront couvertes à parts égales par le Pays et la Sogefom (Société de gestion de fonds de garantie d’Outre-mer) à hauteur de 80 % du montant du crédit total octroyé, les 20 % de risques restants étant pris en charge par Bpifrance Financement.

Ce dispositif mis en place à destination des TPE (Très Petites Entreprises) et PME (Petites et Moyennes Entreprises), enregistrées en Polynésie française et engageant un projet de développement de leur activité. Les entreprises éligibles devront respecter plusieurs critères et notamment avoir plus de 3 ans d’existence.
Teva Rohfritsch, le ministre de la Relance économique, avec (à gauche) Nikolaz Fourreau, Président du Conseil d'administration de la Sofidep, Gaspard Toscan Du Plantier, directeur général de la Sofidep et notamment Joël Darnaud, directeur exécutif de Bpifrance.
Teva Rohfritsch, le ministre de la Relance économique, avec (à gauche) Nikolaz Fourreau, Président du Conseil d'administration de la Sofidep, Gaspard Toscan Du Plantier, directeur général de la Sofidep et notamment Joël Darnaud, directeur exécutif de Bpifrance.

Rédigé par Serge Massau le Vendredi 18 Décembre 2015 à 08:37 | Lu 892 fois




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