Tahiti, le 8 juin 2026 - C’est une victoire qui risque de faire tousser quelques Marseillais à l'heure de l'apéro. Distillé à Taha'a à partir d'une base de rhum agricole bio, le Tahitian Pastis de la distillerie Va'eva'e vient d'être sacré meilleur pastis du monde 2026 lors des World Drinks Awards, organisés à Londres le 2 juin. Une récompense aussi prestigieuse qu'inattendue pour un spiritueux généralement associé à Marseille et à la Provence, qui confirme le savoir-faire polynésien déjà reconnu dans l'univers du rhum.
Le meilleur pastis du monde est donc tahitien. Voilà une phrase que même ses créateurs n'auraient sans doute pas osé écrire il y a quelques années. Quand il a pris l'avion pour Londres la semaine dernière, Olivier Duret accompagnait le gin de sa distillerie Va'eva'e, récompensé d'une médaille d'or aux World Drinks Awards. Il ne s'attendait pas à revenir avec un trophée bien plus inattendu : celui de World's Best Pastis 2026.
“On partait déjà contents, on est rentrés avec une histoire encore plus belle à raconter”, nous a confié ce distillateur installé à Taha'a. Car oui, en 2026, le meilleur pastis du monde est produit à plusieurs milliers de kilomètres de la Canebière. De quoi faire lever quelques sourcils du côté de Marseille, où le pastis relève presque du patrimoine culturel.
De l'alcool de canne à l'apéro
L'aventure n'est pourtant pas aussi improbable qu'elle en a l'air. Connu pour avoir participé à la création du rhum Mana’o, plusieurs fois récompensé à l'international, Olivier Duret poursuit depuis plusieurs années le développement de spiritueux fabriqués localement au sein de la distillerie Va'eva'e. Après le gin, l'idée d'un pastis s'est imposée presque naturellement.
“En dehors du rhum, quasiment tous les spiritueux restent importés : gin, pastis, anisés, etc. Et avec les taxes, les bouteilles d'anisés des grandes marques sont très chères ici. Donc on s'est dit qu'il y avait quelque chose à faire : produire localement un vrai bon pastis, avec notre savoir-faire de distillateur et nos matières premières”, explique-t-il.
“On est partis de ce qu'on sait faire : notre alcool de canne”, résume Olivier Duret. Le Tahitian Pastis est élaboré à partir d'une base de rhum agricole bio produite à la distillerie, dans laquelle sont ensuite travaillés badiane, fenouil, anis vert et réglisse, avec une touche de cannelle. “On voulait rester sur un vrai pastis, pas un produit trop exotique qui s'éloignerait complètement de la catégorie.”
Un travail de longue haleine puisqu'il aura fallu près de 80 essais avant d'aboutir à la recette aujourd'hui récompensée. L'objectif était de créer un pastis pensé pour le climat polynésien. “Quelque chose de frais, facile à boire, qu'on peut déguster très dilué pendant une longue partie de pétanque ou un après-midi au chaud. Mais on voulait aussi qu'il ait assez de finesse pour être apprécié pur.”
Un champion né autour d'un coq au vin
L'anecdote qui accompagne la naissance du produit vaut presque le détour à elle seule. La recette aujourd'hui sacrée à Londres a été sélectionnée le 14 juillet 2023, lors d'une dégustation entre amis organisée autour d'un coq au vin. “On avait quatre versions qui nous plaisaient. C'est la recette numéro 2 qui a gagné ce jour-là”, raconte Olivier Duret.
Trois ans plus tard, cette même recette vient de décrocher le titre mondial. Cette identité singulière a d'ailleurs retenu l'attention du jury londonien. “Les juges ont noté les notes de rhum agricole dans le pastis, ce qui fait probablement une partie de son identité”, poursuit-il. Une signature qui lui a permis de se distinguer face à des concurrents français et européens pourtant rompus à l'exercice.
Produite à seulement 1 500 bouteilles par an, cette cuvée reste très artisanale. Mais Olivier Duret réfléchit à augmenter un peu la production, “et peut-être à lancer un financement participatif pour permettre aussi à des amateurs en métropole d’en commander”. En attendant, cette récompense offre déjà une visibilité inattendue à la petite distillerie de Taha'a et, plus largement, aux spiritueux polynésiens. Et si cet agriculteur de formation préfère rester humble, il ne résiste pas à une dernière plaisanterie : “Les supporters de l'OM installés en Polynésie pourront au moins se consoler d'une saison compliquée : cette année, le meilleur pastis du monde ne vient pas de Marseille, mais de Taha'a !”
Le meilleur pastis du monde est donc tahitien. Voilà une phrase que même ses créateurs n'auraient sans doute pas osé écrire il y a quelques années. Quand il a pris l'avion pour Londres la semaine dernière, Olivier Duret accompagnait le gin de sa distillerie Va'eva'e, récompensé d'une médaille d'or aux World Drinks Awards. Il ne s'attendait pas à revenir avec un trophée bien plus inattendu : celui de World's Best Pastis 2026.
“On partait déjà contents, on est rentrés avec une histoire encore plus belle à raconter”, nous a confié ce distillateur installé à Taha'a. Car oui, en 2026, le meilleur pastis du monde est produit à plusieurs milliers de kilomètres de la Canebière. De quoi faire lever quelques sourcils du côté de Marseille, où le pastis relève presque du patrimoine culturel.
De l'alcool de canne à l'apéro
L'aventure n'est pourtant pas aussi improbable qu'elle en a l'air. Connu pour avoir participé à la création du rhum Mana’o, plusieurs fois récompensé à l'international, Olivier Duret poursuit depuis plusieurs années le développement de spiritueux fabriqués localement au sein de la distillerie Va'eva'e. Après le gin, l'idée d'un pastis s'est imposée presque naturellement.
“En dehors du rhum, quasiment tous les spiritueux restent importés : gin, pastis, anisés, etc. Et avec les taxes, les bouteilles d'anisés des grandes marques sont très chères ici. Donc on s'est dit qu'il y avait quelque chose à faire : produire localement un vrai bon pastis, avec notre savoir-faire de distillateur et nos matières premières”, explique-t-il.
“On est partis de ce qu'on sait faire : notre alcool de canne”, résume Olivier Duret. Le Tahitian Pastis est élaboré à partir d'une base de rhum agricole bio produite à la distillerie, dans laquelle sont ensuite travaillés badiane, fenouil, anis vert et réglisse, avec une touche de cannelle. “On voulait rester sur un vrai pastis, pas un produit trop exotique qui s'éloignerait complètement de la catégorie.”
Un travail de longue haleine puisqu'il aura fallu près de 80 essais avant d'aboutir à la recette aujourd'hui récompensée. L'objectif était de créer un pastis pensé pour le climat polynésien. “Quelque chose de frais, facile à boire, qu'on peut déguster très dilué pendant une longue partie de pétanque ou un après-midi au chaud. Mais on voulait aussi qu'il ait assez de finesse pour être apprécié pur.”
Un champion né autour d'un coq au vin
L'anecdote qui accompagne la naissance du produit vaut presque le détour à elle seule. La recette aujourd'hui sacrée à Londres a été sélectionnée le 14 juillet 2023, lors d'une dégustation entre amis organisée autour d'un coq au vin. “On avait quatre versions qui nous plaisaient. C'est la recette numéro 2 qui a gagné ce jour-là”, raconte Olivier Duret.
Trois ans plus tard, cette même recette vient de décrocher le titre mondial. Cette identité singulière a d'ailleurs retenu l'attention du jury londonien. “Les juges ont noté les notes de rhum agricole dans le pastis, ce qui fait probablement une partie de son identité”, poursuit-il. Une signature qui lui a permis de se distinguer face à des concurrents français et européens pourtant rompus à l'exercice.
Produite à seulement 1 500 bouteilles par an, cette cuvée reste très artisanale. Mais Olivier Duret réfléchit à augmenter un peu la production, “et peut-être à lancer un financement participatif pour permettre aussi à des amateurs en métropole d’en commander”. En attendant, cette récompense offre déjà une visibilité inattendue à la petite distillerie de Taha'a et, plus largement, aux spiritueux polynésiens. Et si cet agriculteur de formation préfère rester humble, il ne résiste pas à une dernière plaisanterie : “Les supporters de l'OM installés en Polynésie pourront au moins se consoler d'une saison compliquée : cette année, le meilleur pastis du monde ne vient pas de Marseille, mais de Taha'a !”

































