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Pollution radioactive: la Russie se dédouane et évoque un "satellite"



Moscou, Russie | AFP | vendredi 08/12/2017 - Le complexe nucléaire russe Maïak n'est pas à l'origine de la pollution radioactive détectée fin septembre en Europe, a annoncé vendredi le président de la commission scientifique russe chargée de l'enquête, la destruction d'un "satellite" pouvant selon elle être la cause de cette pollution.

"Notre conclusion est que le complexe Maïak ne peut pas être à l'origine de la pollution radioactive au ruthénium-106", a déclaré au cours d'une conférence de presse Vladimir Boltounov, le directeur de la commission spéciale créée par le conglomérat nucléaire russe Rosatom le 24 novembre.
"Les résultats des analyses individuelles sur le personnel de Maïak n'ont montré aucun changement dans l'organisme (...) Du 1er août au 30 novembre, il n'y a pas eu d'accident ni de problèmes dans le fonctionnement des installations et du processus technologique. Le rejet de matières radioactives dans l'atmosphère n'a pas dépassé la norme", a-t-il ajouté.
Vladimir Boltounov n'a pas prononcé d'hypothèse sur la source de la pollution au ruthénium-106 mais dans un communiqué, la commission scientifique indique "ne pas exclure qu'un objet spatial, comme un satellite ou un fragment de satellite contenant du ruthénium-106, rentrant dans l'atmosphère, puisse en avoir été la source".
Le 20 novembre, l'agence russe de météorologie Rosguidromet avait annoncé qu'une concentration "extrêmement élevée" de ruthénium-106, produit de fission issu de l'industrie nucléaire, avait été détectée fin septembre dans le sud de l'Oural, notamment près du complexe de Maïak, un site de retraitement de combustible nucléaire.
Vendredi, la commission scientifique a affirmé que les taux de ruthénium-106 détectés dans le sud de l'Oural avaient été de 100 à 1.000 fois moins élevés que les niveaux autorisés et ne présentaient aucun risque pour la santé.
Elle affirme aussi que des taux de ruthénium "largement supérieurs à tout ce qui a été détecté en Russie" ont été enregistrés en Roumanie. "La commission est préoccupée par le manque d'information sur les causes possibles de cette concentration anormalement haute de Ru-106 en Roumanie", précise le communiqué.
Le vice-président de l'Institut pour le développement sûr de l'industrie nucléaire de l'Académie russe des sciences, Rafael Aroutiounian, a lui aussi indiqué vendredi, cité par l'agence de presse TASS, que l'hypothèse envisagée était "la chute dans l'atmosphère d'un satellite scientifique".
Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français, qui avait conclu début novembre après enquête que la pollution avait son origine "entre la Volga et l'Oural", la pollution ne peut pas provenir d'un réacteur nucléaire ni de la chute d'un satellite.
L'IRSN avait fait l'hypothèse d'un rejet issu d'une installation liée au cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives.
Vendredi, l'ONG de défense de l'environnement Greenpeace a publié une pétition demandant la création d'une commission "indépendante" et dénonçant les conclusions de la commission scientifique de Rosatom, qui "ne ressemble pas à une étude visant à trouver les sources de l'émission" selon Rachid Alipov, le chef du programme nucléaire de Greenpeace Russie.

le Vendredi 8 Décembre 2017 à 05:54 | Lu 435 fois




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