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Pékin réitère sa volonté de rapprochement avec Fidji


PÉKIN, vendredi 15 octobre 2010 (Flash d'Océanie) – Yang Jiechi, ministre chinois des affaires étrangères, a profité de sa rencontre, mercredi à Pékin avec son homologue fidjien Ratu Inoke Kubuabola pour réaffirmer la volonté de son gouvernement de poursuivre et intensifier ses relations bilatérales avec les îles Fidji.


PHOTO : Yang Jiechi, ministre chinois des affaires étrangères et son homologue fidjien Ratu Inoke Kubuabola lors d’une rencontre cette semaine à Pékin (Xinhua)
PHOTO : Yang Jiechi, ministre chinois des affaires étrangères et son homologue fidjien Ratu Inoke Kubuabola lors d’une rencontre cette semaine à Pékin (Xinhua)
Le chef de la diplomatie chinoise a mis en perspective cette intention de « porter à de nouvelles hauteurs » les liens « fondés sur des intérêts communs » entre Pékin et Suva, « une importante île du Pacifique », en rappelant que ces liens remontaient à 1975, souligne l’agence Chine Nouvelle (Xinhua).
M. Yang a notamment mentionné des domaines de coopérations économique, commerciale, touristique, culturelle et éducationnelle.
M. Kubuabola, de son côté, a rappelé l’adhérence de Fidji à la politique de « Chine unique » (en référence à Taïwan, toujours considéré par Pékin comme une province en instance de réintégration pleine) prônée par Pékin et posée comme condition à toutes relations diplomatiques.
Lors de son déplacement en Chine, M. Kubuabola a aussi rencontré jeudi le Vice-président chinois Xi Jinping, qui a surenchéri en déclarant que « le gouvernement chinois attache toujours une haute importance à ses relations amicales avec Fidji » et que « la Chine respectera la voie choisie par le peuple de Fidji pour le développement de son pays et souhaite à Fidji de réaliser de nouveaux progrès dans son processus de construction nationale ».
« Le gouvernement chinois a toujours défendu la notion que tous les pays sont des membres égaux de la communauté internationale, qu’importe qu’ils soient grands ou petits, riches ou pauvres, forts ou faibles », a poursuivi le Vice-président, qui estime par ailleurs que les bonnes relations sino-fidjiennes contribuent à la « stabilité » et au « développement » de la zone Asie-Pacifique.
Le chef de la diplomatie fidjienne se trouvait en déplacement en Chine du 11 au 14 octobre 2010, sur invitation de son homologue Yang Jiechi.
Parmi les nouveaux projets évoqué par le ministre fidjien : la prochaine création d’un Institut culturel Confucius et un éventuel jumelage entre villes chinoises et fidjiennes.
Au plan économique, l’inclusion de la devise chinoise, le Renminbi (RMB), dans le panier fidjien des monnaies d’échanges commerciaux, serait également à l’étude, afin de faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays, a ajouté le ministre fidjien, qui évoque aussi la possibilité « sérieuse » d’acheter des armes de fabrication chinoise « pour aider Fidji dans ses efforts de participation aux missions de maintien de la paix des Nations-Unies ».
Ces initiatives, a rappelé Ratu Inoke, s’inscrivent dans le cadre de la politique « Regard vers le Nord » (en l’occurrence l’Asie, du point de vue des îles Fidji) prônée à Suva depuis une bonne dizaine d’années et qui entend privilégier et diversifier les relations vers les grandes puissances asiatiques (Chine en tête) riveraines de l’Océan Pacifique.
Depuis le putsch du 5 décembre 2006 qui a vu l’arrivée au pouvoir du Contre-amiral Franck Bainimarama, les relations avec la Chine ont connu une embellie notable, par contraste avec la détérioration des relations avec les puissances du bloc occidental (Australie, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Union Européenne, Commonwealth) et par effet d’entraînement le Forum des Îles du Pacifique (FIP).
Ce bloc condamne le régime fidjien issu du putsch et demande un retour à la démocratie le plus rapide possible.
Le Contre-amiral, depuis juillet 2009, annonce un calendrier pour des législatives à partir de septembre 2014, mais pas avant que des réformes en profondeur soient appliquées aux instituions et à la Constitution (abrogée mi-avril 2009).
Les États-Unis, depuis quelques semaines, semblent avoir adopté une position intermédiaire, notamment exprimée tout récemment par le secrétaire d’État Hillary Clinton à l’occasion d’une rencontre avec M. Kubuabola ou encore par le Président Obama dans son message de félicitations à l’occasion du quarantième anniversaire de l’accession de cet archipel à l’indépendance: Washington parle désormais de sa volonté de « partenariat » et de « dialogue » avec Fidji et semble accepter au passage l’horizon 2014 évoqué par Suva.
Ces derrières années, l’aide chinoise à Fidji s’est notamment concrétisée par le financement de projets dans les domaines du logement social (avec un prêt à taux préférentiel de 26 millions de dollars US accordé par la China First Railway Company) ou encore l’introduction du système de paiement par carte de crédit UnionPay (équivalent chinois de Visa ou Mastercard).
Alors que début octobre 2010, le Contre-amiral Bainimarama participait à l’Assemblée Générale de l'ONU, le Président des îles Fidji, Ratu Epeli Nailatikau, effectuait une visite d’État de dix jours en Chine, sur fonds d’assistance chinoise croissante à Fidji, de nouveaux domaines de coopération dans les domaines notamment militaire et de formation.
Ce déplacement intervient alors que les relations entre Suva et Pékin, ces quatre dernières années, ont connu une embellie sans précédent.
Cette visite coïncide aussi avec les célébrations du 61ème anniversaire de la fondation du la république Populaire de Chine.
Alors qu’une délégation chinoise se trouvait à Suva fin septembre 2010 dans le cadre d’un renforcement de la coopération militaire (avec pour domaines évoqués ceux de la formation et du « maintien de la paix »), le Contre-amiral, pour sa part, officialisait l’arrivée sur le marché fidjien d’une carte de crédit chinoise « Union Pay » particulièrement prisée par les touristes chinois.
Toujours fin septembre 2010, le ministère fidjien des travaux publics annonçait le lancement de nouveaux travaux de réfection des routes (sur le flanc Est de l’île principale de Viti Levu) grâce à un prêt consenti par une banque chinoise.

Cours chinois de Tai-chi… Et visite d’État en Chine pour le Président fidjien

Ratu Epeli Ganilau, ministre fidjien de la défense qui assurait alors l’intérim du Premier ministre Bainimarama en déplacement, a renforcé il y a quelques jours le message pro-Chinois en louant la contribution de Pékin dans son archipel.
« Notre solidarité mutuelle remonte à loin dans le passé, notre combat pour la liberté et la démocratie a largement été remporté et maintenant, nous ouvrons un nouveau chapitre dans nos relations ».
Des relations que Ratu Epeli Ganilau n’a pas hésité à qualifier de « plus proches que jamais dans l’histoire de nos deux pays ».
Enfin, sur un plan plus symbolique, depuis début septembre 2010 et jusqu’en décembre, le Maître Xu Xiang Dong, expert chinois en Tai-chi, effectue à Fidji un séjour de longue durée pour donner des cours gratuits d’abord aux ministres et fonctionnaires fidjien (selon les recommandations du gouvernement local), mais aussi au grand public, dans un parc de la capitale.
Ce programme, personnellement lancé par le Contre-amiral Bainimarama, fait suite à la récente visite à Fidji d’un membre du gouvernement chinois en charge de l’administration des sports, Liu Peng.

La position médiane américaine

Fin septembre 2010, le gouvernement américain a clairement fait avoir, à l’occasion d’une rencontre avec plusieurs États insulaires océaniens, sa volonté de pratiquer une politique d’engagement envers Fidji, contrastant ainsi avec la politique a dominante isolationniste menée depuis le putsch de Suva en décembre 2006 par les deux grands voisins de la région que sont l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Ce positionnement a notamment été affirmé, à un haut niveau par la Secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, à l’occasion d’une rencontre à New York en marge de l’assemblée générale des Nations-Unies avec plusieurs dirigeants et chefs de gouvernement du Pacifique, y compris le ministre fidjien des affaires étrangères, Ratu Inoke Kubuabola.
Mme Clinton a notamment évoqué les notions de « dialogue » et de « partenariat » vis-à-vis du régime de Suva, afin d’accompagner un processus de retour de cet archipel à la démocratie, fut-ce dans les délais longs annoncés depuis juillet 2009 par le Contre-amiral Premier ministre fidjien Franck Bainimarama, qui parle de septembre 2014 pour la tenue d’élections législatives.
Auparavant, l’homme fort de Suva entend mener des réformes en profondeur et touchant notamment à l’élaboration d’une nouvelle Constitution (la dernière en vigueur a été abrogée mi-avril 2009) qui supprimerait les dispositions faisant référence, sur le mode discriminatoire, aux communautés ethniques de l’archipel.
Selon le porte-parolat de Mme Clinton et de son département d’État, cette posture de base aussi sur une « profonde reconnaissance du rôle central de Fidji dans les affaires du Pacifique ».
La position américaine, telle qu’exprimée, se distingue de celle adoptée ces quatre dernières années par le Forum des Îles du Pacifique (FIP), l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Union Européenne notamment, qui s’en tiennent à souligner le non-respect par Suva d’engagements précédents qui promettaient des élections avant la fin 2009.
Les États-Unis sont sur le point d’inaugurer à Suva, début 2001, un nouveau complexe diplomatique dédié à toute la région océanienne et dont le seul équivalent, sur place, est le nouveau complexe de l’ambassade de Chine, récemment inauguré.
Tout récemment, Washington a par ailleurs réactivé en personnel son programme d’aide au développement (UsAid) depuis Fidji et au bénéfice des pays couverts par cette ambassade à Suva.

Le retour des États-Unis sur la scène océanienne

Au-delà du seul cas de Fidji, la Secrétaire d’État a aussi clairement r »affirmé la volonté de Washington d’intensifier son engagement vis-à-vis du Pacifique insulaire, longtemps perçu comme ayant été négligé par les précédentes administrations américaines.
Mme Clinton, lors de l’entrevue de cette semaine avec les dirigeants océaniens, a aussi tenu à souligner la contribution de plusieurs de ces pays (Tonga aux îles Salomon, Fidji en Irak et en Égypte [Sinaï] et Vanuatu au Timor oriental), à des opérations de sécurité dans le cadre d’opération de maintien de la paix ou de stabilisation menée par l’ONU ou pas.
Étaient aussi présents lors de cette rencontre (qui aurait duré une heure et quart), outre M. Kubuabola pour Fidji, le Président de Palau Johnson Toribiong, le Premier ministre de Vanuatu Edward Natapei, ainsi que les ministres des affaires étrangères de Nauru, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, des îles Salomon, et des représentants de haut niveau des gouvernements des États Fédérés de Micronésie, de Kiribati, des îles Marshall, de Tonga et de Tuvalu.

Divergences sur le calendrier

Lors d’une intervention, toujours fin septembre 2010, devant la commission des affaires étrangères du Congrès américain, Kurt Campbell, directeur Asie-Pacifique au département d’État de Mme Clinton, a par ailleurs développé la logique américaine en expliquant qu’il s’agissait avant tout de « donner une chance à Fidji » tout en maintenant un message fort selon lequel ce réengagement n’en demeurait pas moins conditionné à des signes tangibles de rétablissement de la règle démocratique « pas plus tard qu’en 2014 ».
« Nous espérons désormais, en coordination étroite avec les acteurs régionaux, rechercher un engagement plus direct avec le Premier ministre Bainimarama afin d’encourager son gouvernement à prendre des mesures en vue de rétablir la démocratie et la liberté », a notamment déclaré M. Campbell.
Ces précisions intervenaient en réponse à une question posée par Faleomavaega Eni Hunkin, représentant des Samoa américaines au Congrès et qui prône la ligne « compréhensive » depuis plusieurs mois en faisant valoir que la politique punitive pratiquée notamment par l’Australie et la Nouvelle-Zélande « n’a pas seulement échoué mais a aussi été totalement contre-productive ».
M. Campbell avait tenu des propos similaires en mode « dialogue post-Forum », en marge du dernier sommet des dirigeants des 16 États membres du Forum des Îles du Pacifique (FIP), qui avait eu lieu du 3 au 6 août 2010 à Port-Vila (Vanuatu).
Dans un communiqué distinct, M. Kubuabola a déclaré avoir aussi expliqué de vive voix à Mme Clinton le « Cadre Stratégique » mis en place par Fidji « pour le Changement » et qui détaille un calendrier de retour à la démocratie, précédé par un plan de réformes.


Le Contre-amiral Bainimarama à la tribune de l’ONU

Lundi 27 septembre 2010, toujours à New York, le Contre-amiral Franck Bainimarama, qui dirige depuis janvier 2007 un gouvernement issu de son putsch du 5 décembre 2006, intervenait à la tribune de l’assemblée générale des Nations-Unies, où il a prononcé un plaidoyer en faveur des nouvelles alliances de son pays avec d’autres pays que ses partenaires jusqu’ici traditionnels.
Lors de cette intervention à la 65ème session de l’assemblée générale de l’ONU, l’homme fort de Suva, qui prévoit des élections législatives, mais pas avant septembre 2014 et des réformes institutionnelles et constitutionnelles qu’il juge indispensables, a consacré une longue portion de son discours à une explication de la réorientation des alliances fidjiennes en faveur en premier lieu de la Chine, mais aussi d’un certain nombre de pays asiatiques et orientaux.
En soulignant une volonté de parvenir à terme à un système démocratique « plus juste », M. Bainimarama a rappelé sa récente annonce d’intention de se joindre au mouvement des pays non-alignés et de conclure de nouvelles alliances avec de nouveaux États, « en-dehors des alignements politiques prédéterminés ».
« Et nous ne pouvons tout simplement pas atteindre ces objectifs ni voir la mise en œuvre de ces nobles principe si nous retombons dans des sphères politiques d’influences prédéfinies », a-t-il ajouté.
« Ce changement significatif dans notre politique étrangère préfigure la mondialisation et la maturité de Fidji. Il fait la preuve de l’intention de Fidji de devenir un citoyen mondial bon et impliqué », a-t-il déclaré, tout en rappelant le rôle joué par son pays au sein des forces de maintien de la paix de l’ONU, actuellement en Irak, au Soudan, au Libéria, au Darfour et au Timor oriental.
« Comme je l’ai indiqué l’an dernier lors de mon discours à la même tribune, Fidji et son peuple, à travers notre Cadre stratégique pour le Changement, ont pris le chemin de réformes structurelles en vue de moderniser et de libéraliser notre économie en conformité avec notre environnement mondial actuel », a-t-il ajouté en liant cette problématique à la réorganisation des alliances de cet archipel.
« Dans le cadre de cet agenda, le gouvernement de Fidji a refondu sa politique étrangère. Notre nouvelle politique étrangère découle de la base philosophique que tout en déterminant notre propre destinée en tant qu’État souverain, nous devons travailler en collaboration avec tous les États membres (de l’ONU) afin d’atteindre une paix mondiale durable, une justice substantive, la dignité et le respect pour tous », a-t-il enchéri en prônant l’ « ouverture d’esprit » et en s’opposant à a notion de « vote en bloc ».
Il a notamment illustré son propos par la tenue récente, en juin 2010, d’un premier sommet à Abu Dhabi entre les dirigeants des petits États insulaires du Pacifique et les Émirats Arabes Unis.
Fin juillet 2010, sur le même registre, Fidji accueillait un sommet officiellement nommé « S’engager pour Fidji » (et qui regroupait, à des degrés de représentation divers, y compris de chefs de gouvernements, de Présidents ou de ministres) une bonne partie des États insulaires océaniens.
L’objectif était alors de leur fournir une occasion de se rendre compte sur place de la situation et d’obtenir leur soutien, plus ou moins explicite, pour contrer la politique de sanction et d’isolement appliquée depuis le putsch par plusieurs pays et organisations du bloc occidental, et pour les plus proches les deux grands voisins que sont l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Ce sommet fidjien intervenait quelques jours avant la tenue du sommet annuel des dirigeants des 16 États membres du Forum des Îles du Pacifique (FIP, à Port-Vila, du 3 au 6 août 2010, sommet auquel, pour la seconde année consécutive, Fidji n’était pas invité conformément aux sanctions de suspension dont il fait l’objet depuis le 1er mai 2009.
Toujours en juillet 2010, Fidji expulsait le Haut-commissaire (ambassadeur) australien à Suva, accusant simultanément Canberra d’avoir influé sur une décision de la Présidence vanuatuane et son Premier ministre Edward Natapei) de s’opposer à l’accueil à Fidji d’un sommet des dirigeants du Groupe Mélanésien Fer de Lance (GMFL, qui regroupe Fidji, les îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Vanuatu et le mouvement indépendantiste FLNKS de Nouvelle-Calédonie).
Lors de ce sommet (à l’origine prévu pour avoir lieu fin juillet 2010, et dont l’ « alter-sommet » de Fidji avait été perçu comme une réponse immédiate), la Présidence tournante du GMFL devait revenir à Fidji.

Union Européenne et Commonwealth : prorogation des sanctions à l’encontre de Fidji

Fin septembre 2010, par ailleurs, à Bruxelles, le conseil de l’Union Européenne a annoncé une nouvelle prorogation pour une nouvelle période de six mois des mesures en place depuis 2007 à l'égard de la République des Îles Fidji, dans le but de « contribuer au retour de la démocratie, du respect des droits de l'homme et de l´État de droit dans le pays », précise le Conseil de l’UE dans un communiqué.
« Cette décision fait suite à l'absence persistante de progrès dans la mise en œuvre des engagements clés que les Îles Fidji avaient convenus avec l'UE en 2007 » et de ce que l’UE qualifie d’ « évolution régressives », notamment l’abrogation de la Constitution mi-avril 2009.
Ces engagements concernent principalement le respect des principes démocratiques, l'État de droit, les droits de l'homme et les libertés fondamentales.
Or, depuis, la situation aux îles Fidji a connu l'abrogation de la constitution (mi-avril 2009), ainsi que des violations des droits de l'homme et le report de la tenue des élections législatives.
Les mesures de l’UE avaient été prises pour la première fois le 1er octobre 2007 à la suite du coup d'État militaire du 5 décembre 2006, qualifié par l'UE de violation de la démocratie et de l'État de droit, qui sont deux éléments essentiels de l'accord de Cotonou (accord qui régit les relations entre les États du groupe ACP [Afrique, Caraïbe, Pacifique, dont Fidji fait partie] à l’UE, dans la continuité de la série des accords de Lomé I à IV).
Il s'agit de la troisième prorogation de ces mesures, qui s'appliqueront désormais jusqu'au 31 mars 2011.
« Ces mesures visent à réaliser une transition vers la démocratie et l'État de droit dans la République des Îles Fidji », précise l’UE, qui nuance en annonçant son maintien des « opérations humanitaires, ainsi que le soutien direct à la société civile et à la consolidation de la démocratie. Les projets de coopération qui ont déjà été engagés en 2007 sont exécutés conformément aux prévisions. Néanmoins, les subventions au sucre en faveur des Îles Fidji ont été annulées pour les années 2007 à 2010. En outre, tant que les engagements relatifs aux droits de l'homme et à l'État de droit ne seront pas respectés, aucun nouveau financement ne pourra être alloué dans le cadre du 10ème Fonds européen de développement », ajoute l’UE.
Par ailleurs, « compte tenu de la détérioration de la situation économique et sociale, et en particulier de l'accroissement sensible de la pauvreté, l'UE examine actuellement des possibilités d'apporter un soutien direct aux populations vulnérables, sans passer par le gouvernement fidjien. L'UE continuera de suivre de près l'évolution de la situation aux Fidji au cours des six prochains mois. »
Au plan financier, l’impact concerne sensiblement des subventions européennes censées aider à une nécessaire réforme du secteur sucrier fidjien.
Ces fonds de subvention au sucre ont été annulés l’an dernier et ceux du FED (Fonds Européen de Développement) gelés, en raison d’un manquement de la part du gouvernement actuel de tenir des élections démocratiques dans un délai court.
Fin septembre 2009, le Conseil de l’Union Européenne, s’appuyant toujours sur l’article 96 de l’accord de Cotonou (qui lie les pays du groupe ACP [Afrique, Caraïbe, Pacifique] à l’UE et qui comporte un volet consacré au respect des droits humains et libertés fondamentales), annonçait la prorogation de ses sanctions à l’encontre de Fidji, qui se matérialisent principalement par le gel des importantes enveloppes financières du FED (pour un montant approchant les 150 millions d’euros).
Le Contre-amiral Franck Bainimarama, qui dirige depuis janvier 2007 un gouvernement issu de son putsch du 5 décembre 2006, maintient, depuis juillet 2009, que des élections ne pourront avoir lieu avant septembre 2014 et qu’elles devront avoir été précédées de profondes réformes institutionnelles et constitutionnelles, qu’il annonce avoir lieu courant 2012-2013.

L’humanitaire pas concerné

En mars 2010, illustrant la sanctuarisation de l’aide strictement humanitaire, la délégation de l’Union Européenne pour le Pacifique signait avec le gouvernement fidjien et son ministère de l’éducation un protocole concernant une aide d’urgence de deux millions de dollars locaux (775.000 euros) destinée à venir en aide aux opérations de remise en état des nombreuses infrastructures scolaires endommagées par le récent passage du cyclone tropical Tomas, le 15 mars 2010.
Début juin 2010, le gouvernement de Suva annonçait son intention de signer la version amendée de l’Accord de Cotonou, qui régit, depuis juin 2000, les relations entre l’Union Européenne et les pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique).
Cette signature est prévue pour avoir lieu lors de la prochaine session du Conseil conjoint des ministres ACP-UE, à Ouagadougou (Burkina Faso), a indiqué le gouvernement fidjien à l’issue de la tenue de son conseil des ministres.
Le texte de cet accord de Cotonou révisé a été présenté par le ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et de l’aviation civile, Ratu Inoke Kubuabola.
Dans le cadre de l’accord de Cotonou, et en particulier de son article 16 qui concerne l’attachement des pays signataires aux valeurs démocratiques, de bonne gouvernance et de respect des droits humains fondamentaux, Fidji a vu ses fonds européens non humanitaires gelés à la suite du coup d’État de décembre 2006.
Ces fonds couvraient notamment une importante aide de plus de deux cent millions d’euros à la reconversion et à la refonte du secteur de la canne à sucre.
Toutefois, Fidji a continué à bénéficier d’aides européennes notamment en matière d’éducation (avec la poursuite d’un programme de reconstruction et de modernisation des établissements scolaires) et dans le cadre d’une assistance survenue après le passage des récents cyclones Tomas (mi-mars 2010) et Mick (mi-décembre 2009).

Réunion du Commonwealth en marge de l’Assemblée Générale des Nations-Unies

Entre-temps, encore fin septembre 2010, lors d’une réunion tenue à New York en marge de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, le groupe d’action ministériel du Commonwealth a aussi une nouvelle fois statué sur le cas des îles Fidji en maintenant la suspension de cet archipel de son statut de membre plein, tout en réaffirmant sa volonté de maintenir un engagement avec les autorités locales pour lui porter assistance « dans sn chemin de retour à une démocratie constitutionnelle, en accord avec les valeurs et les principes du Commonwealth ».
Ce groupe ministériel du Commonwealth était composé notamment des ministres des affaires étrangères de l’Australie (M. Kevin Rudd), de la Nouvelle-Zélande (M. Murray McCully) et de Vanuatu (M. Joe Natuman).
Hors Pacifique, les chefs des diplomaties du Ghana (Présidence), du Bangladesh, de la Jamaïque, des Maldives, de Namibie et de Trinidad et Tobago faisaient aussi partie de ce groupe.
« Le groupe a réitéré sa grave préoccupation concernant le manque de progrès effectués en vue de rétablir une démocratie constitutionnelle civile à Fidji ; Il a convenue, avec regret, que la suspension de Fidji du Commonwealth demeurait nécessaire afin de protéger les valeurs fondamentales du Commonwealth », précise un communiqué final qui « réaffirme sa solidarité avec le peuple de Fidji ».

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Rédigé par N M le Jeudi 14 Octobre 2010 à 19:20 | Lu 770 fois




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