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Pas d'inéligibilité requise contre Edouard Fritch



PAPEETE, le 6 juin 2019 - L'ancien président du Pays, Gaston Flosse, et l'actuel président Édouard Fritch ont comparu jeudi pendant plusieurs heures devant le tribunal correctionnel dans le cadre de l'affaire dite de la « citerne d'Erima ». La justice reproche aux deux hommes, qui sont poursuivis pour « détournement de fonds publics », d'avoir fait supporter le coût de la distribution d'eau de la propriété de Gaston Flosse à Erima aux habitants de Pirae entre 1989 et 1994.

Le procès de l'affaire de la citerne d'eau d'Erima à Arue s'est ouvert hier devant le tribunal correctionnel de Papeete en présence de ses deux principaux protagonistes, l'actuel président du Pays, Edouard Fritch et l'ex-président, Gaston Flosse. Les faits qui les ont conduits devant la justice avaient été révélés suite à une dénonciation anonyme. Un rapport de la Chambre territoriale des comptes avait ensuite dénoncé de nombreuses irrégularités.

En 1987, Gaston Flosse dépose une demande de permis de construire pour bâtir une maison à Erima sur la commune de Arue. Deux ans plus tard, alors qu'il est maire de Pirae, il fait construire un réservoir sur un terrain privé situé sur la commune. Une conduite de refoulement est posée sur le territoire de la commune de Arue et branchée sur la conduite originelle de 1978. Gaston Flosse et Jacky Teuira sont alors les seuls propriétaires destinés à être alimentés par ce réseau. L'alimentation de leurs maisons est réalisée via la station de pompage de Hamuta. Les frais d'électricité et les faits d'entretien sont alors pris en charge par la commune de Pirae.

Au début des années 2000, ce sont plus de 20 maisons voisines de la propriété de Gaston Flosse à Erima qui bénéficient de cette alimentation gratuite. Certains des propriétaires n'ont pu s'opposer aux travaux réalisés sur leurs terrains. En 2001, Edouard Fritch succède à son beau-père à la mairie de Pirae qui continue d'assumer les frais liés à l'approvisionnement de cette vingtaine de maisons.

« Dilemme »

A l'entame du procès jeudi matin, les avocats des deux principaux protagonistes ont tour à tour déposé une question prioritaire de constitutionnalité et des exceptions de nullité qui visaient notamment à soulever la prescription des faits. Des incidents rejeté et joints au fond par les juges du tribunal.

Entendu par le tribunal en début d'après-midi, l'actuel président du Pays, Edouard Fritch, auquel il est reproché d'avoir « fermé les yeux », a concédé qu'il aurait dû « régler l'affaire » plus rapidement : "lors de mon accession à la mairie de Pirae en 2001, je me suis retrouvé face à un dilemme. J'avais l'obligation de ne pas couper l'eau aux habitants mais je ne pouvais pas facturer les habitants de Arue. Ce dossier était plus compliqué que ce je ne pensais." A la barre, Edouard Fritch a ensuite assuré qu'à l'époque des faits, son « objectif » était de régulariser la situation, d'« aboutir à la facturation » et d' « apporter les factures à tout le monde. »

Auditionné à son tour, Gaston Flosse, truculent comme à son habitude, a tout d'abord tenu à rappeler qu'Edouard Fritch avait parfaitement connaissance de la situation : « il était au courant de tout ce qui se passait dans la commune ! ». Interrogé sur les faits, l'ex-président a invoqué « l'intérêt public » pour justifier ses actes en indiquant toutefois que, s'il « redevient maire de Pirae », il demandera les « accords » des administrés.

Lors de ses réquisitions, le procureur de la République a qualifié Gaston Flosse d'« instigateur » du détournement. Il a opposé son attitude négatrice au comportement d'Edouard Fritch qui, « tant devant le juge d’instruction qu'à la barre du tribunal, n'a pas cherché à s'exonérer de ses responsabilités » et qui avait selon lui « subi » cette situation.

Sur la période de prévention visée par le tribunal pour ces faits, de 1989 à 1994, le préjudice se chiffre à 87 millions de francs.

Deux ans de prison avec sursis, une amende de dix millions de francs et trois ans d'inéligibilité ont été requis contre Gaston Flosse. Une simple amende de cinq millions de francs a été requise à l'encontre d’Édouard Fritch. A l'heure où nous mettions sous presse, la date du délibéré n'avait pas encore été fixée.

 

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 6 Juin 2019 à 20:15 | Lu 2945 fois





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