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"Papeete sera une ville morte, jeudi" (Angélo Frébault)



Près de 3 000 personnes (chiffre de la police NDLR) ont répondu à l'appel de l'intersyndicale, ce mardi.
Près de 3 000 personnes (chiffre de la police NDLR) ont répondu à l'appel de l'intersyndicale, ce mardi.
PAPEETE, le 6 mars 2018 - Le message de l'intersyndicale est clair. Le ton se durcira jeudi, jour où la loi sur la réforme des retraites sera examinée à l'assemblée. Ce mardi, plus de 2 500 personnes ont répondu à l'appel de l'intersyndicale. "Allez voir les non-grévistes pour qu'ils nous rejoignent, jeudi", dixit Angelo Frébault.

"Vous êtes sécurisés par ce préavis de grève illimité", indique Angelo Frébault, secrétaire général de la CSTP-FO, aux près de 3 000 grévistes qui se sont rendus à Tarahoi, ce mardi matin. Hommes et femmes, tous étaient unis pour dire non à la réforme de la retraite, un texte qui sera examiné jeudi à l'assemblée. Et même s'ils étaient moins nombreux que lors du premier mouvement lancé, le 15 février, les syndicalistes avaient une idée en tête.

"Ce piquet de grève est d'emmener les non-grévistes jeudi ici, à Tarahoi", annonce le secrétaire général de la CSTP-FO. "Trois jours de non rémunération équivalent à 30 années de sauvegarde. Vous devez sauver votre avenir".

Selon les syndicalistes, la mobilisation est importante également dans les îles, et ce n'est pas tout : "L'aviation civile se joint aussi. Les aérodromes de la Polynésie française sont en cessation de travail comme vous. Ils vont monter en puissance mercredi et jeudi. L'aéroport de Faa'a, de Bora Bora et de Raiatea, les pompiers, les vigiles vont cesser aussi le travail", explique Angelo Frébault.

Le trafic portuaire sera également impacté, jeudi (lire encadré ci-dessous).

"Nous demandons seulement à ce qu'ils retirent cette loi, c'est tout, surtout que son application se fera en 2020."

Autre déclaration faite par le syndicaliste, ce mardi matin : "Partout dans le monde, ils sont dans la relance économique. Chez nous, non, on renouvelle, tous les 5 ans, les contrats politiques. Et au bout, qu'est-ce qu'on a, eh bien, que vous. Peut-être que demain, votre salaire va descendre. La politique qui est menée depuis 10 ans : Plus riche, tu deviendras plus riche. Plus pauvre, tu resteras plus pauvre."

Et pour mieux se faire entendre auprès des politiciens, l'intersyndicale prévoit de durcir le mouvement, jeudi. "Ça va être le combat final avec le pays."

"PAPEETE SERA UNE VILLE MORTE, JEUDI"

Une marche sera organisée jeudi matin. Deux cortèges seront ainsi mis en place, le premier partira du rond-point du Rimap à Arue et le second du stade Maco Nena, à Papeete. Tous deux se rejoindront à Tarahoi. "Nous ne ferons pas de blocage de la route. Nous mobiliserons un maximum de personnes qui laisseront un couloir pour les véhicules d'urgence", précise Angelo Frébault. "Papeete sera une ville morte, jeudi".

"On veut dire au pays que la solution n'est pas dans la continuité de la grève, parce que ça va être l'étouffement de l'économie de la Polynésie", poursuit-il.

En effet, si le texte est adopté jeudi, les syndicalistes vont monter d'un cran. "Nous étoufferons le pays, avec le blocage et la cessation de travail dans toute la Polynésie", prévient le syndicaliste.

QUAND LES ÉLECTIONS DEVIENNENT UNE ARME SYNDICALE

À l'approche des territoriales, tous les moyens sont bons pour se faire entendre. Ce mardi matin, le secrétaire général de la CSTP-FO ne s'est pas privé pour donner son avis à l'ensemble des grévistes. "Je voterai sanction pour la simple et bonne raison qu'ils nous abandonnent. Ça aurait été le contraire, on aurait peut-être négocié. Mais, ce n'est pas le cas. Je n'accepterai jamais cet état de fait. Ils ne cotisent pas à la CPS. Le vote sanction est en jeu. Vous avez la liberté, et vous seuls déciderez à ce moment-là."

Autre arme pour déstabiliser le président du pays : une lettre écrite par celui-ci pour demander aux fonctionnaires du pays de ne pas se joindre au mouvement, "ce n’est pas dans la rue ou en paralysant l’économie que nous sauverons les retraites", indique Edouard Fritch.

Devant les grévistes, Angelo n'a pas mâché ses mots : "Je n'ai jamais vu un président écrire à un citoyen. Les ministères ont tourné dans tous les services pour déjouer notre mouvement. Les employeurs se sont désolidarisés de notre mouvement. Les dirigeants d'un syndicat ne se sont pas joints à nous, mais certains de leurs membres sont présents. Et je les félicite car ils ont eu le courage de venir. Vous avez passé les obstacles. Vous devenez maintenant comme moi, la cible des politiciens, mais sachez une chose, c'est à nous de décider pour les élections à venir. Nous, on cotise à la CPS. Eux, ils ne cotisent pas."

Ce mercredi, aucun rassemblement n'est prévu à Tarahoi. En revanche, "vous êtes invités à mettre des piquets de grève devant vos entreprises respectives, et vous essayerez de convaincre vos collègues, qui sont encore au travail, à vous rejoindre", conclut Lucie Tiffenat, secrétaire générale d'Otahi.

L'intersyndicale se réunira d'ailleurs à partir de 9 heures, ce mercredi matin, dans les locaux de la CSTP-FO pour définir les horaires de démarrage des deux marches prévues jeudi, à Papeete et à Arue. Une conférence de presse sera organisée à l'issue de cet échange.


La parole aux syndicalistes

Angelo Frébault
Secrétaire général de la CSTP-FO

"La maladie d'abord, la retraite après"


"L'employeur (le pays NDLR) dit aux salariés qu'il ne peut pas payer, car pour payer ses employés, il faut créer une nouvelle fiscalité et c'est le salarié qui va subir. Mais, il ne fait pas honneur à sa situation d'employeur, ce n'est pas aux salariés de continuer à payer. C'est choquant de voir qu'un président du pays envoie un courrier pour dire de ne pas suivre le mouvement de grève. C'est une entrave au code du travail et deuxièmement, jamais un président ne s'est mis à diriger le peuple d'un mouvement social. Il prend parti de ne pas honorer la loi, et nous, nous avons la ferme intention de durcir le mouvement. C'est la liberté du salarié car ils savent que leur avenir se joint à ce mouvement. La solution est le retrait de cette loi, et on va sagement et collégialement réformer la PSG que nous avons toujours demandé. La maladie d'abord, la retraite après."


Mahinui Temarii
Syndicat CSTP

"Jeudi 0 heure, l'activité cessera au port autonome de Papeete"


"Au port autonome, nous sommes prêts pour durcir cette grève. Mardi et mercredi, nous continuons à travailler. Mais, nous préparons le mouvement de jeudi, parce que ce n'est pas évident de bloquer les activités du port autonome. On sait qu'il y a beaucoup de denrées alimentaires qui sont desservies dans les îles, et si on ferme le port, on s'en prend aux mauvaises personnes, et je ne pense pas que ce soit la meilleure solution. Par contre, à partir de jeudi 0 heure, l'activité cessera au port autonome de Papeete, jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée. S'il faut tenir un mois, eh bien, nous le ferons."


Vatea Heller
Confédération syndicale des agents communaux (COSAC)

"On reste dans la paix, pour l'instant"


"Les communes se sont mobilisées. Les archipels suivent aussi le mouvement, comme les Australes, les Tuamotu, les Marquises, même Moorea. Par contre, le gros du mouvement se fera jeudi. Ce mardi, c'est plutôt un appel à la grève pour jeudi afin qu'on puisse le durcir. Les consignes dans les îles sont les mêmes qu'ici. Chaque entreprise ou administration met en place son piquet de grève. Nous faisons confiance à nos collègues dans les îles, pour mettre en place des piquets de grève règlementaires qui n'entrainent pas de dérives. On reste dans la paix, pour l'instant. Jeudi, si le gouvernement ne donne pas de signe de vie, ce sera sûrement différent."



La parole à quelques grévistes

Tua
Retraité depuis 12 ans

"Il est temps de mettre les points sur les "i""


"Je suis d'accord avec l'intersyndicale. Il est temps de mettre les points sur les "i" concernant cette histoire de retraite. Ça fait plusieurs années que ça dure, ce ne sont pas à nos enfants de porter les conséquences de nos actes. Il faut revoir toutes les décisions du pays, surtout qu'ils ne cotisent pas à la CPS. Aujourd'hui, ce sont les salariés qui subissent tout ça."


Heremoana
Pompier

"Si ça durcit, je ferai la grève à la caserne"


"Ça nous concerne tous, et nous sommes tous obligés de venir, surtout pour nous les jeunes. Je n'ai que 32 ans et c'est pour cela que je suis là. Il faut retirer ce qu'ils ont prévu par rapport à la CPS.
Si ça durcit, eh bien, je ferai la grève à la caserne par solidarité.
"


Le cortège s'est arrêté devant le Haut-commissariat.
Le cortège s'est arrêté devant le Haut-commissariat.


Rédigé par Corinne Tehetia le Mardi 6 Mars 2018 à 16:04 | Lu 13801 fois






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