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Nouvelles restrictions en vue en Allemagne pour combattre le virus


Berlin, Allemagne | AFP | mercredi 28/10/2020 - Angela Merkel préconise de nouvelles mesures drastiques pour enrayer la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 en Allemagne, avec fermeture pour un mois des bars, restaurants et installations sportives et culturelles, selon des propositions devant être discutées mercredi.

Face à une "dynamique exponentielle" des nouvelles infections, ces nouvelles restrictions entreraient en vigueur le 4 novembre, décrit un projet d'accord entre la chancellerie et les régions consulté par l'AFP.

Il prévoit une fermeture pour un mois des restaurants, bars, installations sportives, culturelles et de loisir, comme les cinémas, les salles de concert et les théâtres.

Il s'agit pour les responsables politiques de sauver les fêtes de fin d'année, et ce alors que la plupart des marchés de Noël, si chers aux Allemands, ont été annulés en raison de la pandémie.

L'objectif est "d'interrompre rapidement la dynamique de l'infection afin qu'aucune restriction à grande échelle ne soit nécessaire s'agissant des contacts personnels et de l'activité économique pendant la saison de Noël", précise le projet.

Durant ce mois de novembre au ralenti, les écoles et crèches resteraient toutefois ouvertes. Les réunions privées seraient limitées à la participation d'un seul groupe d'invités issu du même foyer. Les hôtels ne pourraient plus accueillir de clients pour des séjours à vocation touristique.

Nouveau record d'infections 

Même si le pays s'en sort - comme au printemps - toujours mieux que d'autres pays européens comme la France ou l'Espagne, la carte de l'Allemagne vire progressivement au rouge.

Les nouvelles infections au Covid-19 ont récemment grimpé au dessus des 10.000 cas journaliers, un nouveau record de 14.964 ayant été annoncé mercredi, selon l'institut de veille épidémiologique Robert Koch.

Le ministre conservateur de l'Economie Peter Altmaier craint qu'elles grimpent à 20.000 "dès la fin de cette semaine".

Le président de l'association de la médecine intensive Uwe Janssens s'est dit inquiet de la vitesse à laquelle se remplissent les lits de soins intensifs.

"Si nous attendons jusqu'à ce que les lits (...) soient pleins, alors il sera trop tard", a renchéri le ministre de la Santé Jens Spahn, actuellement en quarantaine après avoir contracté le virus.

Toute la difficulté sera de trouver une ligne commune entre Berlin et les dirigeants des 16 régions allemandes, qui, fédéralisme oblige, sont compétentes en matière sanitaire.

Il y a 15 jours, Angela Merkel et les barons régionaux avaient décidé de limiter le nombre des participants à des réunions privées, considérées comme des foyers de propagation, à partir d'un certain seuil de nouvelles infections et d'étendre le port du masque.

Mais ils avaient échoué à se mettre d'accord sur une stratégie commune. 

La chancelière, chose rare, s'était publiquement déclarée "insatisfaite".

Craintes pour l'économie 

Comme dans toute l'Europe, la crainte est d'asséner un nouveau coup à une économie convalescente. 

"L'augmentation énorme du nombre des infections et les mesures nécessaires qu'elles entraînent auront un impact sur l'économie (...)", a reconnu Peter Altmaier mercredi devant les députés.

Les nouvelles restrictions, même moins sévères qu'au printemps, pourraient sonner le glas de nombreuses petites entreprises, notamment de restauration.

Très touchés aussi, les professionnels de la branche événementielle ont manifesté à la mi-journée à Berlin pour la "survie" de leurs activités.

"J'ai très peur pour l'avenir de la culture en Allemagne", a déclaré Stacy, une manifestante de 31 ans qui travaille dans un cinéma.

Cordula Weidenbach, dont la société loue des meubles pour les foires à Munich, juge le soutien de l'Etat insuffisant. "Depuis huit mois, notre chiffre d'affaires a plongé entre 90 à 100%. Si cela continue, nous allons faire faillite", s'inquiète cette femme de 45 ans.

Avant la réunion de crise, que a débuté à 11h00 GMT, plusieurs dirigeants régionaux se sont déclarés favorables à une stratégie commune au niveau national, dont le dirigeant de Bavière (sud-est), le populaire conservateur Markus Söder. Ce partisan des mesures très restrictives contre le virus a plaidé pour "agir tout de suite et correctement plutôt que tard et sans conviction".

Bodo Ramelow (Gauche Radicale), chef du gouvernement de Thuringe, dans l'ex-RDA, a de son côté exclu d'approuver un quelconque reconfinement national.  

le Mercredi 28 Octobre 2020 à 04:29 | Lu 131 fois