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Nouvelle-Calédonie: le député indépendantiste Tjibaou appelle le gouvernement à acter "l'impasse" de la réforme constitutionnelle


Crédit Ludovic MARIN / POOL / AFP
Crédit Ludovic MARIN / POOL / AFP
Paris, France | AFP | mercredi 18/02/2026 - Le député indépendantiste calédonien Emmanuel Tjibaou a appelé mercredi le gouvernement à reconnaître l'"impasse" de sa réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, lui reprochant de vouloir "faire assumer la responsabilité de l'échec au Parlement plutôt qu'à lui".

"Clairement, il n'y a pas de majorité, et du coup, il n'y aura pas de majorité au Congrès de Versailles", a déclaré le député GDR lors d'une conférence de presse, dénonçant auprès de l'AFP "l'impasse dans laquelle le gouvernement veut nous emmener".

"Si le gouvernement s'entête à vouloir poursuivre ce processus, c'est qu'il veut faire assumer la responsabilité de l'échec au Parlement plutôt qu'à lui", a-t-il ajouté, regrettant "un cynisme qui ne dit pas son nom".

La commission des Lois du Sénat a toutefois rendu mercredi un avis favorable au projet de loi constitutionnelle, sous réserve de l'adoption d'une série d'amendements censés retranscrire dans le texte les apports de l'accord Élysée-Oudinot signé en janvier.

Cela laisse présager d'une adoption mardi en séance publique, dans un hémicycle dominé par une alliance entre la droite et les centristes qui ont dit souhaiter "accompagner" le processus institutionnel enclenché depuis l'accord de Bougival de juillet 2025.

Mais sans les voix socialistes, une majorité des 3/5 au Congrès de Versailles -nécessaire pour réviser la Constitution- paraît hors de portée. Le PS a affirmé mardi dans une tribune qu'il ne voterait pas le texte "en l'état", estimant qu'il n'y a "pas d'autre chemin vers la stabilité" que la reprise des négociations.

L'accord de Bougival, complété depuis par celui de l'Élysée-Oudinot, prévoit la création d'un État calédonien inscrit dans la Constitution française, doté d'une nationalité propre et pouvant être reconnu internationalement. Soutenu par la majorité des acteurs locaux, le texte est rejeté par les indépendantistes du FLNKS.

Auditionnée mardi soir au Sénat, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou avait défendu le projet de loi, appelant les parlementaires à la "responsabilité collective" et estimant qu'il "n'existe aujourd'hui ni alternative ni contre-projet" au processus enclenché à Bougival.

Emmanuel Tjibaou appelle de son côté à tenir les élections provinciales "fin mai-début juin" pour "redonner un souffle démocratique", avant d'engager "une nouvelle phase de discussion".  Ces élections, cruciales sur l'archipel, ont déjà été reportées à trois reprises depuis 2024.

Côté non-indépendantiste, Les Loyalistes et le Rassemblement ont pris "acte" de la décision du PS et annoncé leur intention de convaincre "un à un" les parlementaires de voter le projet de loi constitutionnelle. Il "n'existe aujourd'hui aucune alternative crédible" en dehors de Bougival, ont-ils estimé.

le Mercredi 18 Février 2026 à 05:01 | Lu 302 fois