Nouméa, France | AFP | samedi 20/02/2026 - Délégation à Paris, mobilisation dans la rue, municipales transformées en vote-sanction: alors que le Sénat examine mardi la réforme constitutionnelle sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, les indépendantistes du FLNKS déploient des leviers pour faire vaciller le texte au Parlement.
Courant février, une délégation du mouvement a fait le déplacement dans la capitale, autour du député Emmanuel Tjibaou et du sénateur Robert Xowie. Le président du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) Christian Tein et Mickael Forrest, membre du gouvernement calédonien, ont notamment rencontré le groupe La France insoumise, farouchement opposé au texte.
Le FLNKS revendique déjà une première victoire: les doutes exprimés par les parlementaires socialistes.
Mardi, des parlementaires et les chefs des groupes PS des deux chambres ont en effet cosigné une tribune dans Le Monde annonçant qu'ils ne voteraient pas un texte jugé "lourd de menaces et de dangers" et réclamant "un accord consensuel et inclusif".
Sans les voix du PS, le texte pourrait être adopté au Sénat mais la partie sera plus compliquée à l'Assemblée nationale et au Congrès de Versailles, nécessaire à une réforme constitutionnelle, où la majorité des trois cinquièmes requise est loin d'être atteinte.
Le projet, qui retranscrit les accords de Bougival (juillet 2025) et de l’Élysée-Oudinot (janvier 2026), prévoit notamment la création d'un État calédonien doté d'une nationalité propre. Le FLNKS le juge incompatible avec la pleine souveraineté du territoire.
- Calendrier stratégique -
Le mouvement entend également peser via les élections municipales. "Dans les municipales, on va aller chercher, sur la base des dernières échéances électorales, des options favorables" au FLNKS, a déclaré cette semaine Emmanuel Tjibaou, devenu en 2024 le premier député indépendantiste calédonien en 40 ans.
Le calendrier est stratégique: le second tour tombe une dizaine de jours avant le début de l'examen du texte à l'Assemblée nationale, à partir du 31 mars.
"Les municipales, clairement, ça fait partie d'un objectif où il faudra aller chercher plus de communes", a ajouté Emmanuel Tjibaou, citant parmi les villes scrutées l'agglomération de Nouméa et des "grosses communes de l'intérieur" pour l'instant aux mains des non-indépendantistes.
Aude Forest, directrice de campagne du mouvement à Nouméa, a fixé le cap jeudi: les municipales doivent être "l'occasion de montrer notre détermination à rejeter en bloc Bougival et son complément Élysée-Oudinot".
Le mouvement - qui détient 13 des 33 communes du territoire - espère aussi conquérir des cinq mairies tenues par l'UNI, le courant indépendantiste favorable aux accords. "Si on peut renforcer notre présence, ce sera déjà un signal fort", résume le militant Désiré Tein, qui pointe l'importance de l'enjeu aux yeux des militants.
"Si le texte passe, c'en est fini de notre rêve d'indépendance et de tout le combat mené par nos vieux avant nous", ajoute le frère aîné de Christian Tein.
Emmanuel Tjibaou voit dans un bon score municipal une façon de contester "l'assise et la légitimité de ceux qui ont porté leur paraphe" sur l'accord de Bougival, visant directement les indépendantistes de l'UNI.
- Fissures -
La mobilisation est aussi dans la rue. Samedi dernier, un millier de personnes selon les organisateurs - 400 selon les autorités - s'étaient rassemblées devant le haut-commissariat de la République à Nouméa pour "faire entendre jusqu'à Paris" leur opposition à la réforme constitutionnelle.
Mais depuis les émeutes de mai 2024, qui ont fait 14 morts et plusieurs milliards d'euros de dégâts, l'unité du mouvement indépendantiste n'est pas sans failles.
L'UNI a fait sécession du FLNKS fin 2025 mais doit affronter la fronde d'une partie de ses adhérents. Une association, Unité du peuple en Kanaky (UPK), fondée début février pour regrouper les membres de l'UNI opposés à Bougival, organise samedi un rassemblement à Nouméa pour imposer sa présence.
Elle s'appuie sur les propos du président de la province Nord Paul Néauoutyine, figure de l'UNI et du mouvement indépendantiste calédonien, sorti de son silence fin janvier. "Le dispositif Bougival, ça va être la partition (...) et moi personnellement je suis toujours sur les fondamentaux du rééquilibrage et de l'unicité du pays", avait-il déclaré.
Des propos "instrumentalisés", assure l'état-major de l'UNI. "L'heure n'est plus à la négociation, mais à la mise en œuvre de l'accord de Bougival", a tranché son porte-parole Jean-Pierre Djaïwé.
Courant février, une délégation du mouvement a fait le déplacement dans la capitale, autour du député Emmanuel Tjibaou et du sénateur Robert Xowie. Le président du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) Christian Tein et Mickael Forrest, membre du gouvernement calédonien, ont notamment rencontré le groupe La France insoumise, farouchement opposé au texte.
Le FLNKS revendique déjà une première victoire: les doutes exprimés par les parlementaires socialistes.
Mardi, des parlementaires et les chefs des groupes PS des deux chambres ont en effet cosigné une tribune dans Le Monde annonçant qu'ils ne voteraient pas un texte jugé "lourd de menaces et de dangers" et réclamant "un accord consensuel et inclusif".
Sans les voix du PS, le texte pourrait être adopté au Sénat mais la partie sera plus compliquée à l'Assemblée nationale et au Congrès de Versailles, nécessaire à une réforme constitutionnelle, où la majorité des trois cinquièmes requise est loin d'être atteinte.
Le projet, qui retranscrit les accords de Bougival (juillet 2025) et de l’Élysée-Oudinot (janvier 2026), prévoit notamment la création d'un État calédonien doté d'une nationalité propre. Le FLNKS le juge incompatible avec la pleine souveraineté du territoire.
- Calendrier stratégique -
Le mouvement entend également peser via les élections municipales. "Dans les municipales, on va aller chercher, sur la base des dernières échéances électorales, des options favorables" au FLNKS, a déclaré cette semaine Emmanuel Tjibaou, devenu en 2024 le premier député indépendantiste calédonien en 40 ans.
Le calendrier est stratégique: le second tour tombe une dizaine de jours avant le début de l'examen du texte à l'Assemblée nationale, à partir du 31 mars.
"Les municipales, clairement, ça fait partie d'un objectif où il faudra aller chercher plus de communes", a ajouté Emmanuel Tjibaou, citant parmi les villes scrutées l'agglomération de Nouméa et des "grosses communes de l'intérieur" pour l'instant aux mains des non-indépendantistes.
Aude Forest, directrice de campagne du mouvement à Nouméa, a fixé le cap jeudi: les municipales doivent être "l'occasion de montrer notre détermination à rejeter en bloc Bougival et son complément Élysée-Oudinot".
Le mouvement - qui détient 13 des 33 communes du territoire - espère aussi conquérir des cinq mairies tenues par l'UNI, le courant indépendantiste favorable aux accords. "Si on peut renforcer notre présence, ce sera déjà un signal fort", résume le militant Désiré Tein, qui pointe l'importance de l'enjeu aux yeux des militants.
"Si le texte passe, c'en est fini de notre rêve d'indépendance et de tout le combat mené par nos vieux avant nous", ajoute le frère aîné de Christian Tein.
Emmanuel Tjibaou voit dans un bon score municipal une façon de contester "l'assise et la légitimité de ceux qui ont porté leur paraphe" sur l'accord de Bougival, visant directement les indépendantistes de l'UNI.
- Fissures -
La mobilisation est aussi dans la rue. Samedi dernier, un millier de personnes selon les organisateurs - 400 selon les autorités - s'étaient rassemblées devant le haut-commissariat de la République à Nouméa pour "faire entendre jusqu'à Paris" leur opposition à la réforme constitutionnelle.
Mais depuis les émeutes de mai 2024, qui ont fait 14 morts et plusieurs milliards d'euros de dégâts, l'unité du mouvement indépendantiste n'est pas sans failles.
L'UNI a fait sécession du FLNKS fin 2025 mais doit affronter la fronde d'une partie de ses adhérents. Une association, Unité du peuple en Kanaky (UPK), fondée début février pour regrouper les membres de l'UNI opposés à Bougival, organise samedi un rassemblement à Nouméa pour imposer sa présence.
Elle s'appuie sur les propos du président de la province Nord Paul Néauoutyine, figure de l'UNI et du mouvement indépendantiste calédonien, sorti de son silence fin janvier. "Le dispositif Bougival, ça va être la partition (...) et moi personnellement je suis toujours sur les fondamentaux du rééquilibrage et de l'unicité du pays", avait-il déclaré.
Des propos "instrumentalisés", assure l'état-major de l'UNI. "L'heure n'est plus à la négociation, mais à la mise en œuvre de l'accord de Bougival", a tranché son porte-parole Jean-Pierre Djaïwé.

































