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Municipales à Mahina : la liste Haapape te Mana déroule son projet “Maranatha”


Composée de 33 colistiers et deux suppléants, la liste Haapape te Mana rassemble des profils âgés de 19 à 68 ans, issus des différents quartiers de la commune.
Composée de 33 colistiers et deux suppléants, la liste Haapape te Mana rassemble des profils âgés de 19 à 68 ans, issus des différents quartiers de la commune.
Tahiti, le 18 février 2026 - Réunie mercredi matin à la pointe Vénus, la liste Haapape te Mana, conduite par Gilles Tefaaora Teaotea, a officiellement présenté son équipe et les grandes lignes de son programme en vue des prochaines élections municipales à Mahina. Une liste qui revendique un ancrage local fort, une large représentativité générationnelle et un projet structuré autour d’un acronyme : Maranatha.
 
Composée de 33 colistiers et deux suppléants, la liste Haapape te Mana rassemble des profils âgés de 19 à 68 ans, issus des différents quartiers de la commune de Mahina. “L’objectif était de refléter Mahina dans toute sa diversité, ses vallées, ses quartiers et ses générations”, explique la tête de liste, Gilles Tefaaora Teaotea (lire ci-dessous). La présence d’une jeune candidate de 21 ans, étudiante en informatique, illustre cette volonté d’ouvrir la politique municipale à une nouvelle génération.
 
Il voulait vraiment une proximité avec les jeunes. C’est ce qui m’a donné envie de m’engager”, confie la plus jeune membre de la liste, qui dit avoir été séduite par “la droiture” et la vision portée par le chef de file. Par ailleurs, la liste étant ouverte, elle est tout de même soutenue notamment par Amuitahiraa o te nunaa ma’ohi de Mahina, representé par son président Tetuanui Heiarii. 
 
Un programme résumé en un mot
 
Pour éviter les catalogues de promesses illisibles, la liste a fait le choix d’un programme “simple à retenir”. Le projet “Maranatha” est présenté comme un acronyme des priorités communales, chacune correspondant à un axe d’action.
 
M comme Mahina, lieu sûr : la sécurité constitue l’un des piliers du programme, avec la mise en place annoncée d’une police municipale 24h/24, des patrouilles de proximité et un dispositif baptisé “Mahina protège”, destiné à accompagner les jeunes confrontés à la drogue.
A comme avenir des jeunes : création d’activités économiques, accompagnement à l’entrepreneuriat, formations, mais aussi projet de cuisine centrale pour les cantines scolaires.
R comme réaménagement : modernisation de la commune, réhabilitation du marché municipal, amélioration des trottoirs et pistes cyclables, et priorité donnée aux habitants de Mahina pour l’accès aux logements OPH (Office polynésien de l'habitat). Quant au projet de 3e voie à Mahina, la liste préfèrerait “trouver une autre solution” mais laisse le Pays “faire son travail”
A comme aménagement du foncier militaire : l’équipe souhaite clarifier la situation des terrains rétrocédés et y développer une zone économique créatrice d’emplois. 
N comme nature et écologie : accent mis sur la propreté, la gestion des déchets et l’image de la commune, notamment en lien avec l’accueil touristique.
A comme art, culture et identité : projet de musée communal retraçant l’histoire de Mahina, en lien avec l’Office du tourisme.
T comme tourisme durable : animation culturelle autour des sites fréquentés, implication des associations locales.
H comme harmonie et cohésion sociale : dialogue intergénérationnel, accompagnement des familles et des jeunes, sans exclusion.
A comme administration responsable : engagement de transparence et de rigueur dans la gestion financière. En marge de ce point, la question des finances communales s’est invitée dans les échanges, après que le maire en place, Damas Teuira, a récemment évoqué une dette de la commune qu’il a réussi à faire diminuer lors de son dernier mandat. Un chiffre contesté par Gilles Teaotea, qui parle plutôt d’impayés que d’endettement bancaire et appelle à une lecture “claire et documentée” des comptes de la commune.
 
Des “avant-projets”, pas encore des projets
 
Sur le fond, la liste assume toutefois un positionnement encore exploratoire. “Nous parlons d’avant-projets, pas de projets”, a insisté Gilles Teaotea, reconnaissant que les actions présentées ne sont à ce stade ni chiffrées ni budgétées. Une approche revendiquée, mais qui interroge sur la faisabilité et le calendrier de certaines mesures emblématiques, à l’image de l’aquapark évoqué sur le foncier communal.
 
Entre volonté de rassemblement, discours moral et projets encore à préciser, Haapape te Mana pose ainsi les bases de son ambition municipale, tout en laissant ouvertes de nombreuses questions sur la traduction concrète de son programme.
 

Gilles Teaotea : ajouter de la morale à la politique 
 
Âgé de 61 ans, Gilles Tefaaora Teaotea conduit pour la première fois une liste aux élections municipales de Mahina. Ancien technicien de l’Office des postes et télécommunications (OPT), où il a travaillé douze ans dans la téléphonie, il a ensuite consacré 25 années de sa vie au service de l’Église, un engagement qui structure aujourd’hui son discours politique.
 
Père de deux enfants et grand-père de deux petits-enfants, il explique sa candidature par une volonté de “préparer l’avenir” et de redonner du sens à l’action publique. “La politique et la religion se ressemblent sur un point : il s’agit de servir les autres”, affirme-t-il, revendiquant le souhait “d’ajouter de la morale à la politique”.
 
Soutenu notamment par le parti Amuitahiraa o te nunaa ma’ohi, tout en se disant ouvert à “toutes les sensibilités”, il insiste sur la dimension collective de sa démarche : “On essaie de rassembler toutes les forces de Mahina pour faire avancer la commune”.
 
S’il reconnaît ne pas être un expert des finances publiques, Gilles Teaotea promet une gestion rigoureuse et transparente, condition, selon lui, pour restaurer la confiance et dégager les marges nécessaires au financement des projets communaux.

Rédigé par Darianna Myszka le Mercredi 18 Février 2026 à 13:50 | Lu 1779 fois