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Mort d'une plongeuse japonaise à Rangiroa : Le club et son moniteur à la barre



Mort d'une plongeuse japonaise à Rangiroa : Le club et son moniteur à la barre
Tahiti, le 4 mai 2021 - Le procès d'un moniteur de plongée, poursuivi pour "homicide involontaire" suite au décès d'une touriste japonaise à Rangiroa le 27 juillet 2014, s'est tenu mardi matin devant le tribunal correctionnel de Papeete. Le procureur de la République a requis 18 mois de prison avec sursis et 500 000 Fcfp d'amende à son encontre ainsi qu'une amende de cinq millions de Fcfp à l'encontre de la SARL propriétaire du club de plongée. Le tribunal rendra sa décision le 1er juin.
 
"Une impression de flou et de laisser-aller". C'est ainsi qu'un expert avait décrit le contexte dans lequel une touriste japonaise avait perdu la vie le 27 juillet 2014 à Rangiroa au cours d'une plongée à laquelle participait également son époux.
 
Le procès du moniteur de plongée qui avait supervisé la plongée de ce couple dans les Tuamotu il y a déjà sept ans s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Papeete en l'absence de partie civile. Les deux touristes étaient arrivés le 26 juillet 2014 à Tahiti après 11 heures de vol. Le jour-même, ils avaient rejoint Rangiroa et avaient commencé à plonger dès le lendemain matin. Après deux premières plongées qui s'étaient bien déroulées, l'homme et la femme, qui avaient respectivement déjà plongé à 200 et 160 reprises auparavant et étaient titulaires du niveau 1, avaient entamé une troisième expédition dans la passe de Tiputa afin d'admirer un mur de requins.

Versions contradictoires

Ce jour-là, le couple plongeait sous la responsabilité d'un guide de palanquée expérimenté qui avait, selon ses dires, plus de 10 000 plongées à son actif. Une autre palanquée, composée de quatre touristes italiens autonomes du fait de leur excellent niveau, se trouvait à quelques mètres derrière le premier groupe. Déterminé à prendre davantage de photos, le touriste japonais avait dépassé la limite de profondeur de 29 mètres que lui conférait son niveau 1. Son guide de palanquée avait décidé de le suivre et c'est alors que la victime s'était retrouvée en difficulté. Selon la palanquée d'Italiens qui se trouvait derrière eux, la trentenaire aurait "heurté" le récif et perdu son masque ainsi que son détendeur. Selon le guide de plongée, elle aurait paniqué et serait restée accrochée à la paroi. Les Italiens avaient vainement tenté de l'aider avant que le moniteur ne la remonte à la surface où la jeune femme était décédée quelques minutes plus tard après avoir subi plusieurs tentatives de réanimation.
 
Les deux légistes qui avaient examiné le rapport d'autopsie du corps de la touriste avaient différemment conclu. Le premier avait affirmé que la femme avait pu être victime d'un malaise cardiaque relatif à une crise de panique qui avait conduit à la noyade quand le second avait exclu la thèse du malaise cardiaque pour retenir uniquement la noyade. Les investigations menées dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour homicide involontaire avaient quant à elle laissé apparaître plusieurs "imprudences". Selon les experts en plongée désignés dans le dossier, le tuba de la victime était mal accroché à son masque et aurait dû être ajusté par le guide de palanquée. De plus, son détendeur de secours était "bloqué" et donc "très peu accessible". Enfin, l'un des experts avait relevé un "amateurisme évident" dans l'entretien du matériel du club de plongée de Rangiroa, le Six Passengers.

"Bloquée" contre la paroi

Le procès du moniteur de plongée s'est donc ouvert mardi devant le tribunal correctionnel qui a tenté de comprendre, au regard des témoignages contradictoires, dans quelles conditions ce dramatique accident s'était déroulé. Tout comme il l'avait fait lors de ses différentes auditions devant le juge d'instruction, le moniteur de plongée a expliqué à la barre que la victime avait dû paniquer et enlever son détendeur de "manière délibérée". Ce à quoi la présidente du tribunal lui a opposé les témoignages des quatre plongeurs italiens selon lesquels la victime était "entravée", comme "bloquée" contre la paroi. Alors que la victime s'était plainte auprès de son mari d'être très fatiguée, le moniteur a par ailleurs expliqué au tribunal qu'il n'avait, à "aucun moment" perçu les signes de cette fatigue dans son attitude.
 
Face à ces témoignages discordants, le procureur de la République a fustigé lors de ses réquisitions le "flou" et le "laisser-aller" déplorés par les experts en affirmant que le moniteur aurait dû "prendre en compte le vol, le décalage horaire et la fatigue" subis par les deux Japonais. "Le prévenu s'est trompé en pensant que le couple avait le niveau pour effectuer cette plongée alors qu'il n'avait pas eu accès aux fiches de ses clients et n'avaient donc pas connaissance de leur niveau", a-t-il également affirmé avant de requérir 18 mois de sursis et 500 000 Fcfp d'amende contre le moniteur et cinq millions d'amende contre le club Six Passengers.
 
En défense pour le prévenu, Me François Quinquis a dénoncé une "liste à la Prévert d'infractions" en rappelant que son client avait parfaitement débriefé le couple sur les profondeurs à respecter avant la plongée fatale. "Le mari de la victime a commencé à descendre ! Que pouvait donc faire mon client à part le suivre pour le surveiller ?" Quant à la prise en compte de la fatigue de la victime, l'avocat a rappelé qu'"aucun texte ne prévoit l'interdiction de plonger" après avoir pris l'avion.
 
Le tribunal correctionnel rendra sa décision le 1er juin.
 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 4 Mai 2021 à 17:40 | Lu 6624 fois





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