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Mediator: les victimes doutent que "justice soit faite" au procès de Nanterre



Mediator: les victimes doutent que "justice soit faite" au procès de Nanterre
NANTERRE, 18 mai 2013 (AFP) - "Servier va tout faire pour empêcher que justice soit faite. Pendant ce temps-là, les malades continuent de mourir", confie Geneviève Guerault, partie civile au procès du Mediator qui reprend, après un an d'interruption, mardi à Nanterre.

"J'ai un sentiment de haine vis-à-vis de cette justice qui n'avance pas, de ces gens qui ont tué et ne sont toujours pas en prison", se désole cette femme de 58 ans, "désormais trop fragile" pour assister à l'audience. Elle souffre d'une triple valvulopathie cardiaque après avoir pris ce médicament pendant sept mois, en 2009, pour soigner son diabète.

Cette ancienne éducatrice a depuis subi de multiples opérations et passé près de deux ans à l'hôpital et dans des maisons de repos. "Un calvaire quotidien. Je ne sais pas comment je suis encore en vie. Être indemnisé est fondamental, mais cela ne pourra jamais me rendre mes années perdues", souligne-t-elle.

Lorsqu'on lui demande si elle peut apporter la preuve d'un lien de causalité entre le Mediator et sa pathologie, elle s'en remet aux expertises judiciaires réalisées. "Le cardiologue est formel. La dégradation de mes valves a été provoquée par la molécule norfenfluramine contenue dans ce médicament".

Des centaines de victimes présumées du Mediator, définitivement retiré du marché en 2009 en raison des risques cardiaques encourus par les patients, ont choisi la voie pénale pour obtenir réparation. Certaines ont déposé plainte à Paris où l'instruction est toujours en cours.

D'autres ont misé sur une procédure plus rapide à Nanterre: une citation directe pour "tromperie aggravée" dans laquelle leur revient la lourde tâche d'apporter les preuves.

"On ne m'a jamais dit que c'était un coupe-faim ou un antidiabétique, mais seulement que cela m'aiderait à réguler mon poids après des problèmes de thyroïde", déplore Lydie Le Moaligou, également victime d'un dysfonctionnement de ses valves cardiaques après avoir pris pendant onze ans ce médicament.

"Servier, une partie du milieu médical, les différents gouvernements et la Sécurité sociale nous ont trompés. Bien d'autres personnes devraient se retrouver sur le banc des accusés", estime cette femme de 56 ans, également partie civile au procès.

"C'est épuisant"

Seuls Jacques Servier, 91 ans, et quatre anciens cadres de Servier et sa filiale Biopharma comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

Parallèlement aux poursuites pénales, les victimes présumées peuvent demander réparation à la justice civile ou se tourner vers le Fonds public d'indemnisation pour les victimes du Mediator, géré par l'Oniam (Office national d'indemnisation des accidents médicaux) et mis en place le 1er septembre 2011.

Fin avril, 7.935 demandes avaient été faites auprès de cet organisme qui a transmis aux Laboratoires Servier 152 avis favorables à une indemnisation. "Nous indemnisons tous les dossiers qui nous sont transmis", a indiqué à l'AFP un porte-parole du laboratoire, sans donner de précisions sur les sommes concernées.

"Il est extrêmement difficile d'être reconnu comme victime", relève Yvan Bakaric. Ce retraité du bâtiment a subi des dizaines d'examens médicaux en Belgique, mais "Servier me demande encore des preuves supplémentaires".

"C'est aux malades de devoir toujours tout prouver. C'est épuisant", confie cet homme de 73 ans.

Ce sentiment d'impuissance est partagé par de nombreuses victimes. "On ne fait pas le poids vis-à-vis de ces gens-là. Le procès de Nanterre risque d'être avant tout une bataille d'avocats et d'experts où les malades seront oubliés", craint Marie, qui préfère conserver l'anonymat.

"Je doute que Jacques Servier reconnaisse ses torts et ce procès n'est de toute façon qu'une étape dans la longue bataille judiciaire qui nous attend", ajoute-t-elle.

Le Mediator pourrait à long terme avoir causé 1.300 à 1.800 morts par valvulopathie en France, selon un rapport d'experts judiciaires rendu public en avril. Ces experts prévoient aussi 3.100 à 4.200 hospitalisations pour insuffisance valvaire en lien direct avec la prise de ce médicament.

Rédigé par Par Sophie DEVILLER le Samedi 18 Mai 2013 à 06:20 | Lu 248 fois




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