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Les patrons polynésiens demandent "plus" à l'Etat


Tahiti, le 21 septembre 2021 – Une large intersyndicale patronale a adressé en fin de semaine dernière un courrier au haut-commissariat pour demander à l'Etat d'aller "plus loin" dans les aides économiques, notamment via une extension du fonds de solidarité.
 
C'est une très large intersyndicale patronale qui a adressé en fin de semaine dernière un courrier commun au haut-commissaire, Dominique Sorain, pour demander à l'Etat d'aller "plus loin" dans les aides nationales liées à la crise Covid en Polynésie française. Adressé en copie au ministre des Outre-mer et au gouvernement local, le courrier est signé par le Medef, la CPME, la Chambre de commerce (CCISM), la Fédération générale du commerce (FGC), le Syndicat des commerçants (SCPF) et le syndicat des restaurateurs.
 
En substance, le patronat rappelle la catastrophe sanitaire qui a touché la Polynésie, la baisse du PIB la "plus élevée de tous les territoires d'Outre-mer" et les récentes mesures de confinement qui "n'ont fait qu'aggraver la situation déjà dramatique des entreprises polynésiennes". Et si le haut-commissariat a communiqué la semaine dernière les aménagements et prolongations principalement appliqués au fonds de solidarité des entreprises, l'intersyndicale estime dans son courrier que "ces mesures ne suffiront pas et qu'il faut aller encore plus loin afin de prendre en compte nos réalités économiques locales".
 
FSE, Coûts fixes et PGE
 
Le patronat liste plusieurs demandes parmi lesquelles la prolongation des mesures d'aide jusqu'à la fin de l'état d'urgence sanitaire en Polynésie, soit le 15 novembre. Il plaide pour l'extension du fonds de solidarité dit "renforcé" à "toutes les entreprises impactées par la crise sur le territoire" dès qu'elles justifient "10% de perte de chiffre d'affaires", en prenant en compte celles créées après le 31 janvier dernier. Pour le fonds de solidarité de droit commun, le patronat souhaite que le critère de perte de chiffre d'affaires passe de 50 à 30% pour englober davantage de secteurs. Et pour la prise en charge des "coûts fixes", la demande vise à étendre le dispositif à toutes les entreprises impactées du territoire avec un seuil de perte du chiffre d'affaires abaissé à 40%.
 
Certaines demandes concernent des adaptations spécifiques à la situation du fenua. Dans la mouture nationale des dispositifs, seules les entreprises ayant déjà bénéficié des aides en mai et juin peuvent en bénéficier en août et septembre. Inapplicable au fenua, en raison de la situation sanitaire plus calme qu'en métropole il y a quatre mois. Une autre demande récurrente concerne l'ajustement des critères du nombre minimum de jours de mesures restrictives subies par les entreprises. Ceci pour qu'elles puissent bénéficier des aides au mois d'août. Enfin, le patronat demande l'assouplissement des modalités de remboursement des prêts garantis par l'Etat accordés aux entreprises polynésiennes.


Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 21 Septembre 2021 à 14:47 | Lu 1970 fois