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​Les jeux du cirque pour venir en aide à Mère Nature


Moorea, le 22 juin 2026 - Après avoir traversé plusieurs régions du monde à la voile, Le groupe international d’artistes de cirque du projet Currents, porté par Acting for Climate, fait actuellement escale en Polynésie française. À travers le cirque, il sensibilise aux enjeux environnementaux.
 
Le groupe international d’artistes de cirque du projet Currents, porté par la compagnie Acting for Climate, est actuellement en Polynésie française dans le cadre d’un tour du monde à la voile. Composé d’Abigael Winsvold et Emma Langmoen, originaires de Norvège, ainsi que de Luis Ostiglia, originaire d’Argentine, le groupe parcourt plusieurs îles du Fenua jusqu’à la mi-juillet.
 
Pour rappel, Currents est une expédition artistique mondiale lancée en 2024, qui utilise le cirque comme un outil de sensibilisation aux enjeux climatiques. À chaque escale, les artistes rencontrent les habitants, les associations, les scientifiques et les artistes locaux pour créer des échanges autour de la protection de l’environnement et de la culture. L’objectif de leur passage en Polynésie est double : présenter leur spectacle, mais aussi travailler avec les acteurs du territoire pour créer des projets adaptés aux réalités locales. “Chaque endroit où on vient, on travaille avec des associations qui œuvrent pour la protection de la nature, l'environnement et la protection de la culture. Parce que pour nous, protéger la culture et protéger la nature, c'est la même chose”, explique Abigael Winsvold.
 
“L'art peut faire bouger les gens d'une autre manière”
 
Pour les membres du groupe, les rencontres avec les artistes locaux occupent une place essentielle dans leur démarche. L’objectif n’est pas seulement de jouer un spectacle puis de repartir, mais de partager des pratiques et d’explorer comment l’art peut devenir un moyen de sensibilisation : “On rencontre des organisations, mais aussi des artistes locaux. Et on essaie de faire un échange. Comme ça, on peut inspirer et être inspirés. On essaie aussi de trouver plusieurs endroits où les scientifiques, les activistes et les artistes peuvent travailler ensemble parce que nous trouvons que l'art peut vraiment faire bouger les gens d'une autre manière”, souligne-t-elle.
 
La collaboration avec les artistes permet aussi de toucher un public différent, au-delà des messages scientifiques ou institutionnels. “Il y a souvent déjà beaucoup de sensibilisation sur les sujets environnementaux. Mais tout le monde n’est pas touché, car c’est parfois seulement de l’information ou des choses à lire. Avec les artistes, on peut engager l’émotion, poser d’autres questions et ouvrir les gens à des sujets qu’ils n’auraient peut-être pas regardés autrement”, explique la circassienne. Avant chaque spectacle et atelier, Abigael, Emma et Luis prennent le temps de rencontrer les associations et les habitants afin de mieux comprendre les enjeux propres à chaque île. “Quand on arrive quelque part, on ne sait pas exactement quels sont les problèmes locaux. On essaie de comprendre ce qui se passe, quelles sont les préoccupations des habitants et des associations. Ensuite, on partage notre expérience et nos outils pour inspirer, mais aussi pour être inspirés par ce que les gens font déjà sur place”, précise-t-elle. Durant leur séjour au Fenua, les artistes animent également des ateliers, principalement destinés aux jeunes, pour explorer le lien entre créativité et protection de l’environnement : “On essaie de faire des ateliers pour les jeunes parce que nous pensons que c’est le futur. Si les jeunes comprennent les enjeux et sont inspirés, alors on a déjà des solutions”, insiste Abigael.
 
Après plusieurs rencontres en Polynésie, l’artiste garde un regard positif sur la mobilisation de la population locale, en particulier de la jeunesse : “Les personnes âgées disent que les jeunes prennent moins soin de la nature comme ils le faisaient avant. On a donc vu qu’il y a eu un changement entre les générations. Mais les enfants et les jeunes avec qui on a discuté sont très engagés. À Kauehi par exemple, on a rencontré des personnes qui connaissaient beaucoup de choses sur les différentes espèces. Elles savaient pourquoi il faut protéger la nature et comment on peut le faire. Cela me donne de l’espoir”, conclut-elle.

Rédigé par Toatane Rurua le Lundi 22 Juin 2026 à 16:14 | Lu 208 fois