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Les ex-employés de l'Intercontinental Moorea demandent leur réintégration



Tahiti, le 13 novembre 2019 – A l’issue d’une conférence de presse organisée mercredi dans les locaux de O oe to oe Rima sur le classement sans suite de l’enquête pour « viol » visant quatre ex-employés de l’Intercontinental Moorea, la confédération a demandé la réintégration immédiate des quatre hommes, sans quoi elle déposera jeudi un nouveau préavis de grève. La direction du groupe Intercontinental a refusé la demande.
 
Comme annoncé, Me Stanley Cross, l’avocat des quatre salariés licenciés de l’Intercontinental de Moorea en septembre dernier pour faute grave à la suite des accusations de viol d’une de leur collègue, a tenu une conférence de presse mercredi matin dans les locaux de la permanence de la confédération syndicale O oe to oe Rima à Papeete. Entouré du secrétaire général de la confédération, de deux délégués syndicaux de l’hôtel, et surtout des quatre employés et de leurs épouses, l’avocat a détaillé les raisons du classement sans suite de l’enquête visant ses clients. « Non pas faute de preuves, comme j’ai pu le lire sur les réseaux sociaux, mais parce qu’il y avait trop d’incohérences et de mensonges dans ce dossier », a tenu à préciser Me Cross.
 
Les déclarations de la plaignante avaient notamment varié sur la date du viol. Au départ, devant le comité hygiène et sécurité (CHSCT) de l’établissement, l’employée avait déclaré avoir été violée le 27 juillet. Mais après vérification, deux des quatre employés ne travaillaient pas ce jour là. Devant les gendarmes, la date du 3 avril a ensuite été avancée. « Une date qui a été choisie a posteriori avec les associations de défense des droits des femmes parce qu’il s’agissait de la seule date où mes clients et la plaignante travaillaient ensemble ! », a accusé à son tour Me Cross. Problème, là encore, au moment des faits dénoncés par le plaignante, l’un des quatre employés était rentré chez lui à Temae pour fêter… ses 26 ans de mariage avec son épouse. « Beaucoup d’incohérences, de contradictions et de mensonges confirmées par les experts psychologues et psychiatres », a relevé l’avocat. « Désolé pour la plaignante, mais c’est le dossier tel que nous l’avons reçu. »
 
Au cours de la conférence de presse, la compagne d’un des mis en cause a pris la parole au nom des quatre familles pour dénoncer le « lynchage médiatique », tout particulièrement « sur les réseaux sociaux », dont ils ont été victimes. Citant notamment les noms des élus engagées dans la protection des femmes, Sandra Lévy Agami et Minarii Galenon, la jeune femme en larmes a annoncé « des actions en justice » contre ceux qui ont trop rapidement pris fait et cause pour la plaignante au détriment des quatre employés et de leurs familles.

Nouvelle menace de grève

Le délégué syndical O oe to oe Rima de l’Intercontinental Moorea, Tunia Terevaura, a ensuite pris la parole pour demander à la direction du groupe hôtelier la réintégration « immédiate » des quatre employés licenciés. Faute de quoi, le syndicaliste a annoncé le dépôt d’un préavis de grève qui entrera en vigueur le 20 novembre prochain. « Date de la venue des candidates à Miss France à l’hôtel à Moorea », a précisé Tunia Terevaura.
 
Contactée à l’issue de la conférence de presse, la direction du groupe Intercontinental a pourtant refusé la demande de la confédération. Elle estime qu’il faut « dissocier » l’affaire pénale de l’affaire disciplinaire relevant du droit du travail. « Si eux souhaitent contester cette décision, ce sera dans un cadre légal devant le tribunal du travail », a conclu le directeur régional du groupe, Guillaume Epinette.
 
Pas de quoi convaincre la confédération syndicale qui devrait donc monter une nouvelle fois au créneau jeudi pour déposer un nouveau préavis. Me Stanley Cross rappelant que le non-lieu au pénal concerne non seulement les accusations de « viol », mais aussi celles « d’agression sexuelle » et de « harcèlement sexuel ». L’avocat confirmant qu’il porterait le dossier devant les juridictions concernées pour demander l’annulation du licenciement.

Me Stanley Cross, avocat des quatre ex-employés : « J’accuse la direction de l’Intercontinental »

Cette décision de classement de l’enquête est un soulagement pour vos clients ?
 
« Je voulais féliciter le travail des deux brigades de gendarmerie de Moorea et Faa’a qui ont fait un travail d’investigation extraordinaire pour déposer le dossier entre les mains du procureur, qui a pris quand même le temps, parce qu’on est quand même devant des faits extrêmement graves qui relèvent de la cour d’assises. Et la décision prise était logique, celle d’un classement sans suite. Non pas faute de preuves, comme j’ai pu le lire sur les réseaux sociaux, mais parce qu’il y avait trop d’incohérences et de mensonges dans ce dossier. »
 
Vous dénoncez le « lynchage » public de vos clients ?
 
« Je ne souhaite à personne d’être victime d’un tel lynchage sur les réseaux sociaux. C’est horrible. J’ai vu ces familles cassées et démolies. Et je ne sais pas en combien de temps ils vont se remettre de ces accusations. Ils ont voulu attendre la décision de justice pour répondre publiquement. La réponse est tombée le 17 octobre. (…) Et j’accuse maintenant la direction de l’Intercontinental et le directeur de l’hôtel d’avoir utilisé et exploité ces allégations qui se sont avérées être mensongères pour casser le syndicat. »
 
Vous allez engager des poursuites pour calomnies ?
 
« On avait déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et j’entends bien que les investigations se portent sur ce plan là maintenant. Ce n’est pas tellement la victime que je blâme, c’est surtout le directeur de l’hôtel de Moorea. On n’en serait pas arrivé là s’il avait pris la peine d’écouter ces quatre personnes. »

Tunia, délégué syndical O oe to oe rima à l’Intercontinental Moorea : « Sans réintégration, ils auront un préavis de grève »

Vous demandez la réintégration « immédiate » des quatre employés ?
 
« Nous sommes en attente d’une réponse claire de la direction de l’Intercontinental de Moorea et du groupe TBSA concernant la réintégration des quatre employés. Il est clair que si je n’ai aucune réponse d’ici ce soir, ils auront un préavis de grève demain matin. »
 
Le préavis portera uniquement sur la réintégration ?
 
« Il y a des points qui vont se greffer à ce préavis puisqu’il faut savoir que certains de ces points sont restés en suspens après le dernier protocole de fin de grève. Et je trouve dommageable que la direction ne respecte pas ce qu’elle a signé. »

Guillaume Epinette, directeur régional du groupe Intercontinental : « Dissocier droit pénal et droit social »

Allez-vous réintégrer les quatre ex-salariés aujourd’hui blanchis sur le plan pénal ?
 
« Je pense qu’il est important de repréciser que la décision du procureur de classer sans suite cette affaire au plan pénal est complètement dissociée de l’affaire au plan du droit social. C’est à dire qu’en parallèle de cette action pénale, il y avait de notre côté une action disciplinaire dans le cadre du droit social pour des faits de harcèlement sexuel qui nous sont remontés et pour lesquels on a collecté des déclarations et informations qui nous ont conduit à ces licenciements. La notion de harcèlement sexuel est très clairement définie dans le code du travail et l’employeur a une responsabilité pour assurer la sécurité sur le lieu de travail. Donc nous avons réagi comme nous le demande le code du travail dans ce type de situation. Si eux souhaitent contester cette décision, ce sera dans un cadre légal devant le tribunal du travail. »
 
La confédération et l’avocat des quatre ex-employés accusent la direction de l’hôtel d’avoir monté en épingle cette affaire pour licencier quatre employés syndiqués ?
 
« Depuis les 30 dernières années, l’hôtel de Moorea a toujours favorisé le dialogue social. On a toujours eu des discussions avec les partenaires sociaux. Cette année, avec l’arrivée du directeur de l’Intercontinental de Moorea Jean-Louis Detaille, le dialogue social a toujours été mis à l’honneur. Il a apporté de la sérénité et une approche très positive dans la construction du dialogue social donc aujourd’hui je suis très surpris par ces propos, dans le sens où au contraire on a toujours favorisé l’humain et le dialogue social dans cette entreprise. »

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mercredi 13 Novembre 2019 à 16:30 | Lu 3419 fois





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