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Les demandes d'aide alimentaire ont été multipliées par 5 en 4 ans en Polynésie


Le 15 décembre 2010, ouverture de la première épicerie sociale à Papeete
Le 15 décembre 2010, ouverture de la première épicerie sociale à Papeete
PAPEETE, 23 décembre 2011 (AFP) - La Polynésie française a connu "une multiplication par cinq des demandes d'aide alimentaire en quatre ans", un signal d'alerte de paupérisation de population, a affirmé à l'AFP le directeur des affaires sociales de la collectivité.

"Selon la dernière étude de l'Institut de la statistique en Polynésie française (ISPF), qui date de fin 2009, 28% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, et un ménage sur 5", a déclaré Paul Tetahiotupa, qui est à la tête de 16 antennes implantées dans l'archipel polynésien.

En Polynésie, collectivité d'outre-mer à large autonomie, "le seuil de pauvreté s'établit à 48.692 CFP (408 euros) par personne, ça veut dire vivre avec moins de 1.623 francs par jour (13,6 euros)", rappelle M. Tetahiotupa, soulignant qu'"un ménage qui vit avec un seul SMIG est en-dessous du seuil de pauvreté".

Pour lui, "l'indicateur le plus parlant est l'augmentation des demandes d'aide alimentaire: elles ont été multipliées pratiquement par cinq en quatre ans". En 2006, 1.000 familles ont été aidées pour un budget de 24 millions CFP (environ 200.000 EUR), en 2010 ce sont 4300 familles, pour et un budget de 150 millions (1,2 M EUR).

"Pour une famille, on est en moyenne sur une aide de 100 francs par jour environ (0,8 euro), c'est très peu. Il faut se poser la question du minimum nécessaire si on veut s'occuper de la pauvreté", estime Paul Tetahiotupa.

Si le budget global d'aide sociale se monte à 1,6 milliard, maintenu à ce niveau pour 2012, "à l'échelle de la pauvreté, on est loin de pouvoir répondre à toutes les demandes", déplore le responsable, qui estime qu'"à un moment donné il faut des amortisseurs sociaux, comme le RSA, pour pouvoir se reconstruire, pour rebondir".

"On n'a pas de caisse de chômage, alors qu'on a perdu 9.000 emplois depuis 2008. Du jour au lendemain, ces actifs n'ont plus rien. Un certain nombre de familles éprouvent des difficultés pour pouvoir se nourrir. Ensuite c'est la spirale de l'échec", décrit-il.

"Le minimum vital, c'est manger, avoir un toit, et assurer une éducation minimum. Or on a de plus en plus de familles qui ne parviennent plus à payer leur loyer", raconte le directeur, "Il y a plusieurs milliers de demandeurs d'un logement social, et il y a en Polynésie des endroits que l'on peut considérer comme des bidonvilles".


"Il y a en Polynésie des endroits que l'on peut considérer comme des bidonvilles" (Tahiti Faa'a , photo M-Vigneau)
"Il y a en Polynésie des endroits que l'on peut considérer comme des bidonvilles" (Tahiti Faa'a , photo M-Vigneau)

Rédigé par AFP le Vendredi 23 Décembre 2011 à 02:53 | Lu 2247 fois