Tahiti, le 25 février 2026 - En 2025, 25 nouveaux cas de VIH ont été recensés sur le territoire, et six nouvelles contaminations ont déjà été enregistrées sur les deux premiers mois de 2026. Alors que les associations alertent sur un risque d’aggravation, notamment dans un contexte de relâchement des comportements et de consommation d’ice, le gouvernement assure que la situation reste sous contrôle et promet un renforcement de la prévention et de l’accès aux traitements.
La situation du VIH en Polynésie française suscite une inquiétude croissante chez les acteurs de terrain. Pour Maire Bopp-Dupont, présidente de l’association Agir contre le sida, “tous les facteurs d’une épidémie difficilement contrôlable sont aujourd’hui réunis”. Elle évoque la reprise des rapports sexuels non protégés, l’augmentation de la précarité, la consommation d’ice et un affaiblissement progressif des politiques de prévention depuis la période Covid.
Selon elle, plusieurs dispositifs ont disparu ou perdu en visibilité : distribution systématique de préservatifs dans les lieux festifs, actions de rue, campagnes régulières de sensibilisation. “Aujourd’hui, beaucoup de jeunes ne savent même plus où se faire dépister gratuitement”, affirme-t-elle.
Transmission : un débat sur les modalités
L’une des principales inquiétudes de l’association concerne un possible changement de mode de transmission, dans un contexte de forte consommation d’ice. Maire Bopp-Dupont évoque le phénomène du “bluetoothing”, observé aux Fidji : une pratique consistant à injecter du sang prélevé sur une personne déjà sous l’effet de la drogue afin d’en prolonger les effets, favorisant la transmission du VIH et d’autres infections.
Aux Fidji, la situation est préoccupante. Selon le Programme des Nations unies pour le développement, 1 583 nouveaux cas ont été enregistrés en 2024, puis 1 226 supplémentaires sur les six premiers mois de 2025, dans un pays de moins d’un million d’habitants.
Pour le ministre de la Santé, Cédric Mercadal, la comparaison a ses limites. “Nous n’avons pas de cas liés à une consommation intraveineuse. En Polynésie, la majorité des contaminations sont sexuelles”, insiste-t-il. Il reconnaît toutefois que la consommation d’ice peut indirectement accroître les risques, notamment via la prostitution ou des rapports non protégés.
Un relâchement post-Covid
Pour le ministre, la hausse récente des cas s’explique en partie par un “relâchement” des comportements. Il souligne également qu’une augmentation du nombre de cas peut refléter un dépistage accru. “Plus on dépiste, plus on identifie. Ne pas dépister, c’est ne pas voir.”
Un constat partagé en partie par Karel Luciani, président de l’association Cousins Cousines et ancien président d’Agir contre le sida. Selon lui, la baisse du dépistage touche surtout la population hétérosexuelle. “La communauté LGBTQI+ est plus sensibilisée sur le sujet. Chez les hétérosexuels, il y a moins de réflexe de dépistage, plus de déni. Tout commence par une éducation sexuelle qui fait défaut dans les écoles”, souligne-t-il.
Un point rassemble tous les interlocuteurs : le rajeunissement des cas. Le ministre confirme être “fortement inquiet”, citant notamment le cas d’une adolescente de 13 ans récemment contaminée. “Cela doit provoquer une prise de conscience collective.”
La question de l’éducation sexuelle à l’école revient avec insistance. Le ministère de la Santé affirme travailler à une actualisation de la convention avec l’Éducation afin d’harmoniser les messages sur la vie affective et sexuelle, en concertation avec les autorités religieuses. “Il faut donner des outils aux jeunes, sans stigmatiser, sans opposer les discours”, estime le ministre.
Préservatifs, PrEP et TPE : où en est-on ?
Sur la prévention, le ministère assure que les dispositifs existent. En 2024, 12 000 préservatifs auraient été distribués via les pharmacies, associations et établissements scolaires, ainsi que par des cellules de promotion de la santé intervenant sur le terrain. Une action renouvelée chaque année.
Concernant la PrEP (prophylaxie pré-exposition) et le TPE (traitement post-exposition), le financement de leur gratuité, longtemps réclamée par les associations, a été voté. Le ministre rappelle toutefois que la PrEP ne se résume pas à la délivrance d’un médicament : “Il y a un suivi biologique, des consultations, un accompagnement. Ce n’est pas une solution miracle. Le préservatif reste indispensable.”
Les associations regrettent une mise en œuvre des mesures de prévention jugée trop lente et estiment que l’accès demeure limité dans les faits. Faute de réponses rapides des autorités, elles continuent d’agir avec leurs propres moyens. “On ne peut pas attendre que tout soit parfait pour agir”, tranche Maire Bopp-Dupont. Son association prépare notamment des formations d’éducateurs pairs, avec l’objectif de déployer des médiateurs sur l’ensemble du territoire.
La situation du VIH en Polynésie française suscite une inquiétude croissante chez les acteurs de terrain. Pour Maire Bopp-Dupont, présidente de l’association Agir contre le sida, “tous les facteurs d’une épidémie difficilement contrôlable sont aujourd’hui réunis”. Elle évoque la reprise des rapports sexuels non protégés, l’augmentation de la précarité, la consommation d’ice et un affaiblissement progressif des politiques de prévention depuis la période Covid.
Selon elle, plusieurs dispositifs ont disparu ou perdu en visibilité : distribution systématique de préservatifs dans les lieux festifs, actions de rue, campagnes régulières de sensibilisation. “Aujourd’hui, beaucoup de jeunes ne savent même plus où se faire dépister gratuitement”, affirme-t-elle.
Transmission : un débat sur les modalités
L’une des principales inquiétudes de l’association concerne un possible changement de mode de transmission, dans un contexte de forte consommation d’ice. Maire Bopp-Dupont évoque le phénomène du “bluetoothing”, observé aux Fidji : une pratique consistant à injecter du sang prélevé sur une personne déjà sous l’effet de la drogue afin d’en prolonger les effets, favorisant la transmission du VIH et d’autres infections.
Aux Fidji, la situation est préoccupante. Selon le Programme des Nations unies pour le développement, 1 583 nouveaux cas ont été enregistrés en 2024, puis 1 226 supplémentaires sur les six premiers mois de 2025, dans un pays de moins d’un million d’habitants.
Pour le ministre de la Santé, Cédric Mercadal, la comparaison a ses limites. “Nous n’avons pas de cas liés à une consommation intraveineuse. En Polynésie, la majorité des contaminations sont sexuelles”, insiste-t-il. Il reconnaît toutefois que la consommation d’ice peut indirectement accroître les risques, notamment via la prostitution ou des rapports non protégés.
Un relâchement post-Covid
Pour le ministre, la hausse récente des cas s’explique en partie par un “relâchement” des comportements. Il souligne également qu’une augmentation du nombre de cas peut refléter un dépistage accru. “Plus on dépiste, plus on identifie. Ne pas dépister, c’est ne pas voir.”
Un constat partagé en partie par Karel Luciani, président de l’association Cousins Cousines et ancien président d’Agir contre le sida. Selon lui, la baisse du dépistage touche surtout la population hétérosexuelle. “La communauté LGBTQI+ est plus sensibilisée sur le sujet. Chez les hétérosexuels, il y a moins de réflexe de dépistage, plus de déni. Tout commence par une éducation sexuelle qui fait défaut dans les écoles”, souligne-t-il.
Un point rassemble tous les interlocuteurs : le rajeunissement des cas. Le ministre confirme être “fortement inquiet”, citant notamment le cas d’une adolescente de 13 ans récemment contaminée. “Cela doit provoquer une prise de conscience collective.”
La question de l’éducation sexuelle à l’école revient avec insistance. Le ministère de la Santé affirme travailler à une actualisation de la convention avec l’Éducation afin d’harmoniser les messages sur la vie affective et sexuelle, en concertation avec les autorités religieuses. “Il faut donner des outils aux jeunes, sans stigmatiser, sans opposer les discours”, estime le ministre.
Préservatifs, PrEP et TPE : où en est-on ?
Sur la prévention, le ministère assure que les dispositifs existent. En 2024, 12 000 préservatifs auraient été distribués via les pharmacies, associations et établissements scolaires, ainsi que par des cellules de promotion de la santé intervenant sur le terrain. Une action renouvelée chaque année.
Concernant la PrEP (prophylaxie pré-exposition) et le TPE (traitement post-exposition), le financement de leur gratuité, longtemps réclamée par les associations, a été voté. Le ministre rappelle toutefois que la PrEP ne se résume pas à la délivrance d’un médicament : “Il y a un suivi biologique, des consultations, un accompagnement. Ce n’est pas une solution miracle. Le préservatif reste indispensable.”
Les associations regrettent une mise en œuvre des mesures de prévention jugée trop lente et estiment que l’accès demeure limité dans les faits. Faute de réponses rapides des autorités, elles continuent d’agir avec leurs propres moyens. “On ne peut pas attendre que tout soit parfait pour agir”, tranche Maire Bopp-Dupont. Son association prépare notamment des formations d’éducateurs pairs, avec l’objectif de déployer des médiateurs sur l’ensemble du territoire.
“Le vrai problème, c’est le relâchement sur l’usage du préservatif”, Cédric Mercadal, ministre de la Santé
Avec une hausse de cas de VIH en Polynésie, peut-on parler d’un risque d’épidémie ?
“Non. On ne peut pas encore parler d’un risque épidémique en Polynésie. Les instances régionales ont alerté l’ensemble des pays de la zone sur un risque de résurgence du VIH. Certains territoires sont aujourd’hui très fortement touchés, notamment les Fidji, pour des raisons spécifiques liées à des modes de consommation de drogues. En Polynésie, ce type de vecteur de transmission n’a toutefois pas été observé à ce stade.”
Pourquoi cette hausse des cas ?
“Il y a un relâchement sur l’usage du préservatif. Les jeunes ne pensent plus qu’on peut mourir du VIH. Mais aussi, quand on dépiste davantage, on découvre davantage de cas.”
Le dépistage est-il réellement accessible ?
“Oui. Nous avons 24 centres anonymes et gratuits. En revanche, il faut mieux informer la population, notamment dans les îles, de leur existence.”
Où en sont la PrEP et le TPE ?
“Le financement est voté. Le dispositif sera déployé en 2026 au Centre hospitalier de la Polynésie française. Il s’agit d’un protocole complet avec suivi médical.”
Êtes-vous inquiet ?
“Oui, je ne le cache pas, notamment face au rajeunissement des cas. Pour cette raison, il faut déstigmatiser la prise en charge, le dépistage et la prévention. Il faut davantage informer et responsabiliser.”
Avec une hausse de cas de VIH en Polynésie, peut-on parler d’un risque d’épidémie ?
“Non. On ne peut pas encore parler d’un risque épidémique en Polynésie. Les instances régionales ont alerté l’ensemble des pays de la zone sur un risque de résurgence du VIH. Certains territoires sont aujourd’hui très fortement touchés, notamment les Fidji, pour des raisons spécifiques liées à des modes de consommation de drogues. En Polynésie, ce type de vecteur de transmission n’a toutefois pas été observé à ce stade.”
Pourquoi cette hausse des cas ?
“Il y a un relâchement sur l’usage du préservatif. Les jeunes ne pensent plus qu’on peut mourir du VIH. Mais aussi, quand on dépiste davantage, on découvre davantage de cas.”
Le dépistage est-il réellement accessible ?
“Oui. Nous avons 24 centres anonymes et gratuits. En revanche, il faut mieux informer la population, notamment dans les îles, de leur existence.”
Où en sont la PrEP et le TPE ?
“Le financement est voté. Le dispositif sera déployé en 2026 au Centre hospitalier de la Polynésie française. Il s’agit d’un protocole complet avec suivi médical.”
Êtes-vous inquiet ?
“Oui, je ne le cache pas, notamment face au rajeunissement des cas. Pour cette raison, il faut déstigmatiser la prise en charge, le dépistage et la prévention. Il faut davantage informer et responsabiliser.”
Avec une hausse de cas de VIH en Polynésie, peut-on parler d’un risque d’épidémie ?
“Non. On ne peut pas encore parler d’un risque épidémique en Polynésie. Les instances régionales ont alerté l’ensemble des pays de la zone sur un risque de résurgence du VIH. Certains territoires sont aujourd’hui très fortement touchés, notamment les Fidji, pour des raisons spécifiques liées à des modes de consommation de drogues. En Polynésie, ce type de vecteur de transmission n’a toutefois pas été observé à ce stade.”
Pourquoi cette hausse des cas ?
“Il y a un relâchement sur l’usage du préservatif. Les jeunes ne pensent plus qu’on peut mourir du VIH. Mais aussi, quand on dépiste davantage, on découvre davantage de cas.”
Le dépistage est-il réellement accessible ?
“Oui. Nous avons 24 centres anonymes et gratuits. En revanche, il faut mieux informer la population, notamment dans les îles, de leur existence.”
Où en sont la PrEP et le TPE ?
“Le financement est voté. Le dispositif sera déployé en 2026 au Centre hospitalier de la Polynésie française. Il s’agit d’un protocole complet avec suivi médical.”
Êtes-vous inquiet ?
“Oui, je ne le cache pas, notamment face au rajeunissement des cas. Pour cette raison, il faut déstigmatiser la prise en charge, le dépistage et la prévention. Il faut davantage informer et responsabiliser.”
Avec une hausse de cas de VIH en Polynésie, peut-on parler d’un risque d’épidémie ?
“Non. On ne peut pas encore parler d’un risque épidémique en Polynésie. Les instances régionales ont alerté l’ensemble des pays de la zone sur un risque de résurgence du VIH. Certains territoires sont aujourd’hui très fortement touchés, notamment les Fidji, pour des raisons spécifiques liées à des modes de consommation de drogues. En Polynésie, ce type de vecteur de transmission n’a toutefois pas été observé à ce stade.”
Pourquoi cette hausse des cas ?
“Il y a un relâchement sur l’usage du préservatif. Les jeunes ne pensent plus qu’on peut mourir du VIH. Mais aussi, quand on dépiste davantage, on découvre davantage de cas.”
Le dépistage est-il réellement accessible ?
“Oui. Nous avons 24 centres anonymes et gratuits. En revanche, il faut mieux informer la population, notamment dans les îles, de leur existence.”
Où en sont la PrEP et le TPE ?
“Le financement est voté. Le dispositif sera déployé en 2026 au Centre hospitalier de la Polynésie française. Il s’agit d’un protocole complet avec suivi médical.”
Êtes-vous inquiet ?
“Oui, je ne le cache pas, notamment face au rajeunissement des cas. Pour cette raison, il faut déstigmatiser la prise en charge, le dépistage et la prévention. Il faut davantage informer et responsabiliser.”


































