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Les Algériens votent aux élections locales dans un climat morose



Alger, Algérie | AFP | jeudi 23/11/2017 - Les Algériens ont commencé à se rendre aux urnes jeudi, sans enthousiasme apparent, pour désigner leurs élus communaux et départementaux, à l'issue d'une campagne atone dans un contexte économique et social morose.

Pour les 22 millions d'électeurs appelés à se prononcer, les bureaux devaient fermer à 19H00. Les résultats officiels sont attendus vendredi.
La participation sera le principal enjeu du scrutin, le Front de libération nationale (FLN), au pouvoir depuis l'indépendance en 1962, et son allié du Rassemblement national démocratique (RND) disposant seuls d'une assise nationale et étant assurés de l'emporter, selon les observateurs.
La participation dans la matinée était en forte hausse par rapport au précédent scrutin de 2012, a annoncé le ministre de l'Intérieur Noureddine Bédoui.
A 11H00 locales, après trois heures de scrutin, le taux de participation s'établissait à 7,05% pour l'élection des Assemblées populaires communales (APC, conseil municipaux) et 6,8% pour celle des Assemblées populaires de wilaya (APW, conseil départemental) contre 3% et 2,69% respectivement à la même heure lors du précédent scrutin de 2012, a-t-il indiqué.
La participation avait été de 44,27% pour les communales et 42,84% pour les départementales cette année-là.
Dans le centre d'Alger, le vote a débuté, comme de coutume, assez timidement, les habitants se déplaçant traditionnellement plus tard dans la journée. En fin de matinée, l'affluence semblait avoir sensiblement augmenté dans les bureaux de vote de la capitale, sans être massive pour autant.
Les opérations ont également commencé assez progressivement en province, selon les images des télévisions algériennes.
Une cinquantaine de partis politiques et quatre alliances, auxquelles s'ajoutent de nombreuses listes indépendantes, s'affrontent pour les sièges des 1.541 APC et des 48 APW.
 

- Appel de Bouteflika -

 
Très affaibli depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013, le président Abdelaziz Bouteflika, 80 ans, dont les apparitions publiques sont rares, a voté en fin de matinée à Alger, a constaté un photographe de l'AFP.
Accompagné comme à chaque scrutin de ses deux frères et ses deux jeunes neveux, le président, en fauteuil roulant, a placé lui-même ses bulletins dans l'urne et apposé son empreinte digitale sur la liste d'émargement avant de repartir sans faire de déclaration.
La veille, dans un message diffusé par les médias publics il avait exhorté les Algériens à "participer massivement" au scrutin.
Les différents partis avaient, semble-t-il, pris conscience du peu d'intérêt suscité par une campagne peu animée, multipliant durant les derniers jours les appels aux urnes.
Les législatives de mai ont déjà été marquées par une très forte abstention: seuls 35,37% des électeurs s'étaient déplacés, contre 42,9% cinq ans auparavant.
 

- 'Les jeux sont faits' -

 
La campagne a suscité peu d'enthousiasme dans un pays jeune -près de 45% de la population a moins de 25 ans et 30% de ces jeunes sont au chômage-, où le système politique apparaît figé, impliquant les mêmes acteurs depuis des décennies.
L'Algérie souffre en outre économiquement de la chute, depuis 2014, des prix du pétrole, source de 95% de ses devises, qui a notamment entraîné un ralentissement de la croissance, une hausse de l'inflation et du chômage (12% de la population active).
Mohamed, chômeur âgé de 30 ans, a affirmé à l'AFP qu'il n'irait pas voter: "Cela ne sert strictement à rien. Les choses ne changeront pas".
"J’aime mon pays, mais je sais que cela ne sert à rien de voter. Les jeux sont faits", a renchéri Saïd, chauffeur de taxi de 52 ans, près d'un bureau de vote.
Mohamed Lamari, 77 ans, est, lui venu voter à Alger. "Le vote, c’est important. J’ai toujours voté", a-t-il dit à l'AFP. Ali, la soixantaine, vote aussi car il "refuse la politique de la chaise vide".
"Ce n’est pas à travers ce type d’élections (locales) qu’il y a un changement" politique à prévoir, a souligné à l'AFP le sociologue Nacer Djabi.
La campagne s'est surtout concentrée autour de considérations comme "la situation économique difficile, (...) la loi de finances 2018 et la présidentielle" de 2019, avec la candidature attendue d'Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat, a commenté Belkacem Benzenine, chercheur au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) d'Oran.
"Les questions relatives au développement local, au rôle des collectivités locales, n’ont été abordées que superficiellement", selon lui.
Aucun des principaux partis d'opposition n'a réussi à présenter des listes dans plus de la moitié des communes du pays, faute d'un véritable maillage national, mais aussi, ont dénoncé ces partis, à cause d'obstacles bureaucratiques à la constitution et à l'enregistrement de leurs listes dans certaines préfectures.

le Jeudi 23 Novembre 2017 à 06:31 | Lu 475 fois




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