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Le psychiatre d'un schizophrène meurtrier condamné pour homicide involontaire



Grenoble, France | AFP | mercredi 14/12/2016 - Parce qu'un de ses patients, schizophrène, s'était échappé avant de commettre un meurtre, un psychiatre isérois a été condamné mercredi à de la prison avec sursis pour homicide involontaire, une première en France pour un praticien hospitalier.

Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné le Dr Lekhraj Gujadhur à 18 mois de prison avec sursis, mais relaxé le centre hospitalier de Saint-Egrève (Isère), où le malade était pris en charge.

Le prévenu, aujourd'hui septuagénaire et retraité, va faire appel de sa condamnation, a annoncé son avocat, Me Jean-Yves Balestas.

Cette condamnation est conforme aux réquisitions du parquet qui avait également réclamé une amende de 100.000 euros avec sursis à l'encontre de l'hôpital, à l'audience le 8 novembre.

Le 12 novembre 2008, Jean-Pierre Guillaud, 56 ans, atteint de psychose délirante chronique depuis près de quarante ans et déjà auteur d'agressions à l'arme blanche, mais autorisé à des sorties non surveillées dans le parc du centre hospitalier, s'en était échappé sans difficulté.

Il prenait alors le car pour Grenoble à une dizaine de kilomètres, achetait un couteau dans une quincaillerie du centre-ville et tuait le premier venu dans la rue, Luc Meunier, 26 ans, qui finissait un doctorat en génie mécanique.

"Je ne suis pas contente, je suis soulagée! Pour être contente, il aurait fallu que Luc soit là et mon mari aussi", a déclaré, très émue, Odile Meunier, la mère de la victime. Son conjoint, Jean-Pierre, qui s'était battu pour que l'affaire soit jugée malgré les nombreux non-lieux qui ont émaillé la procédure, est décédé l'an passé.

Pour Sylvaine, la soeur, la justice a reconnu "que ce n'était pas une fatalité que Luc meure: M. Guillaud était hospitalisé d'office, une hospitalisation d'office a un cadre et on aurait voulu que ce cadre soit respecté".

- 'Pas des gardiens de prison' -
Le tribunal reconnaît que le Dr Gujadhur a failli dans le suivi de ce patient connu pour sa dangerosité en n'ayant pas pris connaissance de son dossier durant les deux années où il était hospitalisé dans le pavillon dont il avait la responsabilité de fait.

"La réalité du dossier a parlé", a estimé Me Hervé Gerbi, conseil de la famille Meunier, "les magistrats ont dit que chaque patient a droit à un suivi". "Un tabou est tombé, celui de l'évaluation de la dangerosité des patients. Et c'est sur les psychiatres que repose cette responsabilité", a-t-il ajouté.

Pour Me Balestas en revanche, cette condamnation "très dure" est "incompréhensible" et l'appel est donc "indispensable": "Seul mon client était poursuivi qui n'est pas titulaire de la responsabilité du pavillon et pas le médecin (qui suivait le schizophrène, NDLR) ni le chef de service."

"Et le centre hospitalier est relaxé alors qu'il avait la responsabilité du contrôle des sorties!" a-t-il relevé, faisant valoir que "les médecins ne sont pas des gardiens de prison".

"Au-delà du Dr Gujadhur, cela pose la question du traitement des psychopathes délirants. Cette condamnation est une première en France et les médecins psychiatres vont devoir revoir leur pratique", a poursuivi Me Balestas.

En 2012, une psychiatre libérale avait été condamnée à de la prison avec sursis à Marseille dans une affaire similaire, avant d'être relaxée en appel pour cause de prescription des faits.

"Les conséquences (de cette décision) sont dramatiques pour les malades et la profession", a déclaré à l'AFP Norbert Skurnik, vice-président de l'Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (IDEPP), l'un des principaux syndicats de médecins psychiatriques en établissement hospitalier.

"Les schizophrènes n'ont pas vocation à être enfermés" mais le risque de poursuite peut pousser des praticiens "à ne plus autoriser de sortie", a-t-il mis en garde. Selon lui, "les schizophrènes ne sont pas une population criminogène, il y a un passage à l'acte meurtrier tous les 3-4 ans, cette population est plus souvent victime de violence".

sla-est/nd/nm

Rédigé par () le Mercredi 14 Décembre 2016 à 05:43 | Lu 328 fois






1.Posté par Pito le 14/12/2016 12:15 | Alerter
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Et quand un juge d'application des peines relâche un delinquant qui de nouveau passe à l'acte, ce juge ne va jamais en prison. Pourquoi ?

2.Posté par CITRUS le 14/12/2016 16:42 | Alerter
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trop bien dit PITO
mais la ....c'est la caste des intouchable

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