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Le procès historique de Donald Trump entre dans le vif du sujet



Washington, Etats-Unis | AFP | mardi 21/01/2020 - Le procès historique de Donald Trump entre mardi dans le vif du sujet au Sénat américain, où s'affrontent deux camps irréductibles: l'opposition démocrate qui réclame la destitution du président des Etats-Unis et la majorité républicaine déterminée à l'acquitter, si possible au pas de course.

Quatre mois après le début de l'affaire ukrainienne qui empoisonne la fin du premier mandat du milliardaire, et à moins de dix mois de l'élection présidentielle lors de laquelle il compte en briguer un second, les cent sénateurs vont se retrouver à 13H00 (18H00 GMT) au Capitole de Washington, sous la présidence du chef de la Cour suprême, John Roberts.
De l'autre côté de l'Atlantique, alors que le soleil se levait à peine sur la capitale américaine, Donald Trump, à son arrivée au Forum économique mondial de Davos, a une nouvelle fois qualifié son procès de "farce" et de "chasse aux sorcières".
Les sénateurs, qui ont prêté serment jeudi en tant que jurés lors de l'ouverture formelle du procès, devront déterminer si le président est bien coupable d'abus de pouvoir et d'entrave à la bonne marche du Congrès, comme le décrit l'acte d'accusation  adopté en décembre par la Chambre des représentants.
Le rendez-vous s'annonce d'autant plus grave et solennel qu'il s'agit seulement du troisième procès en destitution d'un président américain, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999.
Physiquement absent des audiences en raison de sa participation au Forum de Davos, où il retrouve pour deux jours le gotha de la politique et de l'économie mondiales, Donald Trump y sera représenté par une équipe d'avocats.
Au coeur du scandale: un coup de téléphone en juillet au cours duquel le président américain demandait à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur Joe Biden, son adversaire démocrate potentiel à la présidentielle de novembre.
Les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, qui a mené l'enquête en destitution, accusent l'ex-magnat de l'immobilier d'avoir exercé un chantage sur Kiev: vous lancez l'enquête ou nous bloquons une aide militaire cruciale.
 

- "Rien fait de mal" -

 
"Le président n'a rien fait de mal", répondent ses avocats dans leur argumentaire de 110 pages soumis lundi au Sénat.
C'est la ligne de défense de l'ex-homme d'affaires new-yorkais âgé de 73 ans, qui enchaîne les provocations et aime casser les codes politiques. Depuis des mois, il fustige une "chasse aux sorcières" et affirme que son coup de fil était "parfait".
Dénonçant un "processus truqué", l'équipe juridique de la Maison Blanche, dans laquelle figure quelques vedettes des prétoires, comme l'ex-procureur Kenneth Starr, qui tenta de faire tomber Bill Clinton dans l'affaire Lewinsky, a d'ailleurs appelé le Sénat à "acquitter immédiatement" le 45e président des Etats-Unis.
Celui qui assumera le rôle de procureur général lors du procès, l'élu démocrate Adam Schiff, entend prouver que le locataire de la Maison Blanche "s'est livré à un tiercé de fautes constitutionnelles méritant une destitution": "il a sollicité une ingérence étrangère, a mis en danger notre sécurité nationale et tenté de tricher en vue de la prochaine élection".
"Il est le pire cauchemar des pères de la Constitution", a-t-il martelé lundi.
En réalité, l'acquittement semble pratiquement assuré pour Donald Trump, grâce à la majorité républicaine du Sénat, qui fait bloc derrière lui. La durée des débats reste en revanche une question en suspens.
A quelques heures de l'ouverture des débats, le plus grand flou planait encore sur le déroulement du procès, qui devrait d'ailleurs démarrer par des votes pour fixer la procédure.
Selon des membres du camp présidentiel, l'influent Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, souhaite imposer des débats à marche forcée, bien décidé à offrir à Donald Trump l'acquittement rapide qu'il espère, idéalement dans un délai de deux semaines.
Au programme, selon des règles proposées lundi soir: deux journées de 12 heures pour l'accusation et autant pour la défense afin qu'elles exposent leurs arguments, puis 16 heures de questions des sénateurs.
Beaucoup trop court, selon l'opposition démocrate au Sénat. Leur chef, Chuck Schumer, a dénoncé une "honte nationale".
Ce n'est qu'après cette première phase que Mitch McConnell entend mettre aux voix la question cruciale des témoins.
Les démocrates réclament que quatre acteurs-clés de l'affaire ukrainienne soient convoqués à la barre, dont le chef de cabinet de la Maison Blanche Mick Mulvaney et l'ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton.
Mais, pour cela, ils doivent remporter à chaque fois un vote, ce qui s'annonce difficile au regard du rapport de forces au Sénat, où les républicains disposent de 53 élus sur 100.

le Mardi 21 Janvier 2020 à 05:00 | Lu 292 fois




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