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Le gouvernement lance son offensive com' pour son premier anniversaire



Paris, France | AFP | jeudi 17/05/2018 - Avec une trentaine de ministres sur le terrain, le gouvernement lance jeudi une opération communication tous azimuts pour défendre sa première année de réformes, avant le passage dans la soirée d'Edouard Philippe sur France 3 puis des chefs des principaux partis sur France 2.

Réunions publiques dans toute la France, journal télévisé, tracts: c'est une offensive massive pour assurer le service après-vente du "plan de transformation" initié il y a un an avec l'élection d'Emmanuel Macron.
Dans un contexte social tendu, marqué par un rebond en début de semaine de la mobilisation syndicale contre la réforme ferroviaire, il s'agit de répondre à l'inlassable injonction de "faire de la pédagogie", "expliquer", "donner du sens global", martelée au sommet de la macronie depuis des mois.  
"On est tous porte-parole du gouvernement", résume auprès de l'AFP Benjamin Griveaux, titulaire effectif du porte-feuille et instigateur des "Rencontres du gouvernement" organisées jeudi. 
La quasi-totalité des ministres se rendent en meeting, du Morbihan pour M. Griveaux au Var pour Nicolas Hulot, en passant par Vichy (Gérald Darmanin), Toulouse (Elisabeth Borne), Rungis (Gérard Collomb) ou encore Pessan dans le Gers (Bruno Le Maire). Des villes petites ou moyennes, pour beaucoup dans des régions rurales, ont été ciblées, afin d'atteindre un public cajolé par l'opposition, notamment de droite, qui accuse l'exécutif de déconnexion avec ces territoires. 
"Plutôt que 20 ministres qui viennnent pour nous parler, et nous asséner leurs poncifs lénifiants, j'aurais préféré avoir un président qui écoute", a dénoncé le député LR Fabien Di Filippo.
Le format est imposé: quelques minutes d'introduction puis un jeu de questions-réponses. 
Selon la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, "l'accès est totalement libre. [...] On peut avoir toutes sortes de questions, y compris de contradicteurs", glisse-t-elle.
"Soyez bons et à l'écoute", a exhorté Emmanuel Macron mercredi lors du conseil des ministres, selon des propos rapportés par M. Griveaux.
"Les gens ne posent pas forcément les questions du quotidien médiatique. Il y a des interrogations sur la CSG, la taxe d'habitation, la SNCF, mais aussi beaucoup de sujets (...) comme la fin de vie, le handicap, le service national, les problématiques du 4e âge", assure-t-il.

- Philippe sur France 3, l'opposition sur France 2 -

Cet exercice d'improvisation oblige certains - notamment les ministres de la société civile - à quitter leur zone de confort.
"L'objectif est que les ministres sortent de leur champ. Tout le monde est un peu dans son couloir, naturellement. Il faut mettre du liant" entre les différentes réformes, abonde un cadre de la majorité.
De son côté, et avant un déplacement à Strasbourg et Nancy vendredi, le Premier ministre s'exprime à 19h30 sur France 3, afin de "s'adresser aux territoires" et évoquer "les réformes qui suscitent des interrogations", selon Matignon.  
"Les Français voient notre volonté de transformer", veut-on croire dans l'entourage du Premier ministre. "A chaque étape on nous dit que ce sera dur. Mais l'essentiel des gens nous disent de tenir bon, de ne rien lâcher et on l'entend aussi."
Enfin, La République en marche est venue en renfort en dévoilant un livret imprimé à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires, distribué à partir de ce week-end "sur tout le territoire pour expliquer l'action du gouvernement".
En soirée, l'opposition aura l'occasion de se faire entendre lors d'une Emission politique qui verra se succéder les dirigeants des cinq grands partis.
Christophe Castaner représentera LREM, après avoir d'abord décliné, en contestant la formule de débat finalement abandonnée. Avant lui, Jean-Luc Mélenchon (LFI) puis Laurent Wauquiez (LR) feront valoir leurs vues. Olivier Faure (PS) puis Marine Le Pen (FN) fermeront le ban. 
Mais le format de l'émission divise, le PS ayant dénoncé un "accord de circonstance conclu entre la République en Marche et la France insoumise", pour enterrer le format débat.
C'est une "vision totalement autocratique du pouvoir: on se déplace non pour écouter les Français mais pour faire de la communication", grince-t-on dans l'entourage de M. Wauquiez au sujet de cette montée au front du gouvernement, en regrettant également l'absence de débat à L'Emission politique. 
Tandis que d'autres oppositions, du PCF à Debout la France en passant par Générations, s'indignent d'avoir été exclues de ce rendez-vous télévisuel.

le Jeudi 17 Mai 2018 à 05:13 | Lu 173 fois




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