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Le bilinguisme, un atout pour les élèves



Cinquante-neuf élèves ont participé activement au dispositif ReoC3. Cinq heures hebdomadaires d'enseignement en tahitien leur étaient réservées. Les chercheurs souhaitent étendre l’étude aux collégiens.
Cinquante-neuf élèves ont participé activement au dispositif ReoC3. Cinq heures hebdomadaires d'enseignement en tahitien leur étaient réservées. Les chercheurs souhaitent étendre l’étude aux collégiens.
PAPEETE, le 26 janvier 2015. Apprendre le reo maohi à l'école a un impact positif sur la maîtrise du tahitien. Apprendre à écrire en tahitien et en français facilite aussi l'apprentissage de la lecture et de l'écrit en français, met en avant une étude sur les écoliers du primaire.

A partir de 2009, le ministère de l'Education a souhaité renforcer l'enseignement du tahitien et a mis en place une expérimentation dans des classes de CP et CE1. Ce dispositif d'enseignement appelé Ecolpom a été mis en place au CP à la rentrée 2009-2010 et poursuivi au CE1 en 2010-2011. A partir de 2012, cette enquête a continué cette fois sous le nom ReoC3 cette fois pour les élèves du CE2 au CM2. Les chercheurs ont ainsi un recul sur l'impact d'un dispositif pédagogique bilingue grâce aux résultats des élèves depuis le CP jusqu'au CM2.
128 élèves ont participé à cette étude. Soixante-neuf élèves ont fait partie du groupe « contrôle », le groupe qui a reçu un enseignement « classique ». 59 élèves ont participé plus activement au dispositif ReoC3. Cinq heures hebdomadaires d'enseignement en tahitien leur étaient réservées.
En début d'étude, les élèves des deux groupes sont comparables dans la maîtrise orale du français et du tahitien.
Avant la rentrée au collège, les chercheurs ont constaté un « avantage pour le groupe expérimental sur la langue renforcée à l'école, le tahitien, qui n'est pas la langue dominante des élèves, y compris dans les tâches métalinguistiques ».


« Un bénéfice important sur les compétences en tahitien »

L'étude du reo maohi à l'école a un bénéfice pour la maîtrise du tahitien évident. Alors que les détracteurs du bilinguisme pointent du doigt l'impact sur l'apprentissage du français, l'étude met en avant qu'il n'y a aucun impact négatif sur ce dernier. « En français, les élèves des deux groupes progressent durant les six sessions d'évaluation sans se différencier en fin d'étude dans tous les indicateurs de l'oral et de l'écrit. Ainsi, les cinq heures hebdomadaires consacrées au dispositif ReoC3 apportent un bénéfice important sur les compétences orales et écrites en tahitien, et ce à moyen terme, et n'entravent pas les acquisitions en français à l'oral et à l'écrit », souligne la synthèse du rapport d'évaluation sur « L'enseignement renforcé du reo mā'ohi au cycle 3 comme prévention et lutte contre l'illettrisme en Polynésie française. » Cette synthèse a été présentée la semaine dernière aux représentants à l'assemblée.


Il ressort que l'apprentissage de l'écrit en tahitien coordonné avec celui de l'écrit en français facilite même l'apprentissage de la lecture et de l'écrit en français, mettent en avant les chercheurs. Ainsi, si les élèves apprennent à lire dans les deux langues, le niveau de maîtrise de l'écrit de l'une conditionne le niveau de maîtrise à l'écrit de l'autre. Ces deux langues ont la particularité d'avoir un système d'écriture alphabétique, transparent pour le tahitien (stricte correspondance grapho-phonémique) et plus opaque pour le français, et de partager un certain nombre de phonèmes et de graphèmes. « Par conséquent, l'apprentissage de la lecture en tahitien en gestion coordonnée avec l'apprentissage de la lecture en français facilite l'apprentissage de la lecture en français », mettent en avant les chercheurs.


Continuer l'étude au collège

Le dispositif au stade encore expérimental demande encore à être amélioré. Les chercheurs mettent en avant qu'il faut « veiller à ce que les cinq heures hebdomadaires préconisées soient réellement effectuées dans les classes, engager une réflexion didactique sur les champs disciplinaires à aborder en priorité puisqu'il est impossible de tous les aborder en cinq heures hebdomadaires, renforcer l'articulation français-tahitien, en proposant des activités de mise en correspondance et de différenciation entre le français et le tahitien et d'augmenter les séances individuelles et en petit atelier ».

Cette expérience est loin d'être terminée. Les chercheurs soulignent qu'il serait maintenant intéressant de tester à plus long terme le programme ReoC3 sur les résultats scolaires au collège des élèves ayant participé au dispositif. Il serait ainsi intéressant de connaître l'impact sur les résultats scolaires, sur la maîtrise des langues, comme le français et le tahitien, mais aussi celles dont l'enseignement débute au collège.


« Les familles ont un rôle central à jouer »

« Les familles ont un rôle central à jouer, car si l'école peut développer des connaissances, elle ne créera pas seule les opportunités d'usage des langues d'origine hors contexte scolaire, condition sine qua non du succès de l'entreprise de promotion du plurilinguisme », soulignent les chercheurs. Pendant la mise en place du dispositif ReoC3, les parents s'y sont intéressé, mais se sont sentis « insuffisamment informés ». « Les modalités de l'implication des parents pour une école « ouverte » et une véritable coéducation restent un défi à relever », indique la synthèse du rapport d'évaluation sur « L'enseignement renforcé du reo mā'ohi au cycle 3 comme prévention et lutte contre l'illettrisme en Polynésie française. »

« Les enfants sont 'plus curieux' »

Interrogés par Marie Salaün, anthropologue et professeur de sciences de l'éducation à l'Université de Nantes, sur les effets de ces cinq heures hebdomadaires tels que vus depuis la maison, les parents évoquent d'abord les compétences en tahitien : les enfants « parlent bien » ; ils « font des phrases entières », par opposition aux « petits mots » (expression consacrée pour désigner l'absence de fluidité dans la conversation), indique la scientifique dans une de ses publications. « Au-delà des 'performances' des enfants, les effets visibles à la maison sont unanimement exprimés en termes de changements dans l'attitude des enfants par rapport à leur langue d'origine : les enfants sont 'plus curieux', plus 'ouverts'. Ils ne supportent plus de ne pas comprendre ce qui se dit en tahitien devant eux », souligne Marie Salaün.

le Lundi 26 Janvier 2015 à 16:47 | Lu 4684 fois







1.Posté par Fiu le 27/01/2015 08:01 | Alerter
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Esperons

Car la cohabitation a ete catastrophique pour les generations precedentes

2.Posté par Olivier le 28/01/2015 01:29 | Alerter
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Bonjour,

Un des deux groupe à 5 heure de cours en plus?
Pour des résultat plus pertinent il faudrait que l'autre groupe fassent autant d'heure de cours soit cinq heure d'une langue différentes, comme de l'anglais où il apprendrons la deuxième langue la plus parler dans le monde et les bénéfices sur l’apprentissage du français seront a priori plus important qu'avec le tahitien étant donné la parenté des deux langues.

3.Posté par bebert le 14/02/2015 15:12 | Alerter
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A Vanuatu où j'ai résidé, Johnny, le fils de ma voisine qui jouait avec mes enfants devait avoir 14 ans. Il était en 5 ème au lycée parlait écrivait parfaitement le français, le bichlamar la langue de tous les jours, la langue de son père de Tanna qui lui comme sa mère n'en pratiquait que deux, le bichlamar et la sienne comme la maman du garçon originaire d'un autre village. .Quand il est rentré(facilement) en 4 ème il s'est mis à l'espagnol évidemment sans problème ni drame . Le bilinguisme est une porte ouverte sur toutes les autres langues. Une fois qu'on sait conduire une peugeot on peut conduire une hyundai ou un volkswagen. Il suffit d'apprendre et de faire des efforts. Encore faut-il le vouloir et ne pas être pollué par des discours toxiques

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