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Le Mareva Nui 2 devrait desservir les Australes



Photo d'illustration (Facebook Mareva Nui)
Photo d'illustration (Facebook Mareva Nui)
PAPEETE, le 01/08/2017 - Les maires de cet archipel ont confirmé cette information. Pour l'heure, le dossier est entre les mains du Pays, pour voir si la goélette répond aux critères règlementaires. Une bonne nouvelle selon les tāvana qui espèrent, par cette occasion, un meilleur développement de leur archipel.

Ce projet ne date pas d'hier. La mise en place d'un deuxième bateau pour l'archipel des Australes était déjà discuté lorsque le Syndicat intercommunal à vocations multiples pour les Australes (SIVMA) existait encore. "Mais cela ne s'est pas fait parce qu'il y avait des soucis au niveau des finances de la société qui devait desservir nos îles…", explique Joachim Tevaatua, tāvana de Raivavae. Depuis plus rien, jusqu'à il y a quelques mois.

Mais cette fois-ci, ce projet "va tenir la route" et devrait être concrétisé une fois que "le Pays aura donné les accords nécessaires".

Ce qui est certain, les maires des cinq îles de l'archipel sont unanimes. "Nous avons besoin d'un nouveau bateau."

DEUX PROBLÈMES SE POSENT ACTUELLEMENT


Selon les tāvana, le souci qui se pose est double.

"Le fret est cher", dit Joachim Tevaatua, maire de Raivavae, et "le Tuhaa Pae ne peut prendre que 12 passagers lorsqu'il transporte du gasoil et du gaz", rajoute Fernand Tahiata, maire de Tubuai.

Ce qui freinerait le développement économique et touristique de l'archipel.

Encore faut-il que les premiers magistrats se mettent d'accord. En ligne de mire, Frédéric Riveta, maire de Rurutu. Selon son homologue de Tubuai, Frédéric Riveta met en avant la politique, "au lieu de la population. Ça fait plus de 20 ans qu'il est maire et il a toujours fonctionné ainsi. Voilà pourquoi on n'en a plus parlé", explique Fernand Tahiata.

Une pensée qui ne touche pas l'intéressé puisque pour lui, "c'est le Pays qui décide, je suis avec le Pays et je décide pour mon archipel."

Et ces pe'ape'a entre tāvana ne devrait pas vraiment remettre en cause ce projet, puisqu'ils ne sont consultés que pour avis par le Pays.

S'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, leur avis se rejoignent quand il s'agit de parler de l'intérêt général.

Oui à un nouveau bateau, mais sous certaines conditions. "Je pense que Tuhaa Pae doit jouer pleinement son rôle comme Aranui, c'est-à-dire limiter le carburant pour que l'on n'ait pas à limiter le nombre des visiteurs sur les Australes. Par contre, Mareva Nui jouera pleinement son rôle au niveau du transport des marchandises", suggère Frédéric Riveta, tāvana de Rurutu.

Et Fernand Tahiata est dans la même tendance. "Il faudrait que Tuhaa Pae revienne à ce qui avait été fait à l'époque. Au temps, où le Tuhaa Pae prenait en charge les touristes, et qu'il laisse le fret au deuxième bateau."

Le maire de Tubuai souhaiterait que le Pays et les communes concernées se retrouvent autour d'une table pour finaliser le projet.

LE MAREVA NUI EST-IL OPÉRATIONNEL ?

Cependant, plusieurs maires s'interrogent sur le potentiel du futur bateau qui pourrait desservir les Australes. Est-il toujours opérationnel ?

"C'est un vieux bateau qui a plus de 30 ans. Quand il desservira les Australes, il faudra le rénover puisqu'il soit opérationnel en cas de fortes houles. Ce qui veut dire que ce sera la population qui devra payer ? Pourquoi on ne prendrait pas un nouveau bateau ?", s'interroge Fernand Tahiata.

"Ce n'est pas le réel souci, puisqu'il se chargera du transport des marchandises, et non des passagers", répond Frédéric Riveta.

Actuellement, le dossier est entre les mains du Pays parce qu'il "y a plusieurs critères à vérifier", confie le maire de Raivavae.

"C'est au Pays à voir pour la sécurité des personnes et des marchandises. Il ne faut pas oublier que cette société connait la Polynésie puisqu'ils ont de l'expérience aux Tuamotu", dit Frédéric Riveta.

Et de poursuivre : "Tout ce que je leur ai demandé c'est de respecter nos traditions. Le dimanche, on ne travaille pas chez nous. Le bateau doit être au large et pas sur les quais. On doit nous respecter, comme Tuhaa Pae le fait actuellement".

Aucune idée sur le lancement officiel de cette nouvelle desserte sur l'archipel des Australes, mais cela ne saurait tarder, d'après les dires des maires. Et ce jour-là, les habitants des cinq îles des Australes seront les premiers à s'en réjouir.





Joachim Tevaatua
Maire de Raivavae

"3 millions le sac de graviers et 7 millions pour le fret"


"Une fois, la commune a commandé des graviers pour des travaux concernant l'eau. Ça nous nous coûtait 3 millions de francs le sac, et le fret nous revenait à 7 millions de francs. Vous vous rendez compte ? Nous discutons entre nous, et nous souhaitons vraiment qu'un deuxième bateau desserve notre archipel.

Si ce projet venait à voir le jour, chaque commune devrait contribuer à la mise en place de ce deuxième bateau chez nous. Mais il faudrait que nous montions une communauté de communes, comme aux Marquises, aux Raromatai et aux Tuamotu. On pourrait bénéficier de plus d'aides de l’État.
"

Fernand Tahiata
Maire de Tubuai

"Il faudrait qu'un bateau se charge du fret et l'autre des passagers"


"Le seul souci est qu'on paie le trajet jusqu'à Rapa, ce qui est injuste. Ça veut dire que pour combler le déficit de la compagnie, eh bien, on met sur le dos de la population. Voilà ce qui est fait et ce qui explique les coûts onéreux au niveau du fret. Je vais vous donner un exemple, lorsqu'une personne de Tubuai veut envoyer sa voiture 4X4 chez lui, eh bien, il devra débourser 250 000 francs, c'est cher ! Le Pdg de Tuhaa Pae m'a dit qu'il allait voir avec son équipe.

Face au contexte actuel, je dis qu'une des deux sociétés fera faillite. Il faudrait que durant les périodes creuses, eh bien, un seul bateau se charge du fret et l'autre des passagers.
"

Manfred Mahaa
Directeur général des services à Rimatara

"Je pense que ce serait vraiment bien pour les Australes"


"Nous sommes tributaires de la situation actuelle, par rapport au quota imposé. En plus, il y a toutes les îles qui sont desservies en même temps, et ça pourrait causer des problèmes. Surtout, si d'un jour à l'autre nous sommes amenés à développer plus de produits.

Le projet initial serait de conjuguer le développement du fret en ce qui concerne les marchandises, et en même temps de développer la partie touristique des Australes. L'outil que l'on a, ne permet pas de réaliser ces deux opérations. Pour l'instant, on est plus focalisé sur le fret et le transbordement de tout ce qui est gasoil, ce qui limite aussi le transport des passagers. Si par l'intermédiaire d'un nouvel outil, cela peut nous permettre de développer ces deux axes, je pense que ce serait vraiment bien pour les Australes.

Aujourd'hui tout ce qui est développement touristique au niveau croisière n'existe pas. Je pense qu'il y a matière pour les Australes. Les tāvana sont consultés sur ce projet. Il faudrait mettre en avant l'intérêt de la population.
"

Frédéric Riveta
Maire de Rurutu

"Le monopole ne m'intéresse pas"


"Le monopole ne m'intéresse pas. Et j'ai toujours été pour la mise en place d'une deuxième ligne et l'installation d'un autre armateur.

Il y a deux ans de cela, Tuhaa Pae nous a servi du carburant frelaté, et il y a eu énormément de voitures à Rurutu qui ont été abimées. Dans ma commune par exemple, ma voiture de pompier a été esquintée et j'ai dû payer plus d'un millions de francs pour régler ce problème. Le carburant qui a été servi dans nos îles était du carburant qui a été mélangé avec de l'eau de mer. Ca suffit !

J'ai toujours plaidé pour un deuxième bateau qui permettra de faire de la concurrence et qui permettra d'alléger le fret du bateau. Je fais partie de la commission maritime à l'assemblée, et j'ai donné mon feu vert. Il faut deux bateaux.

Aujourd'hui, il reste l'autorisation administrative du Pays, le ministre Luc Faatau connait ma position. Je pense qu'il faut absolument que cela se fasse, et on ne nous taxera plus au niveau du développement de notre archipel. Tuhaa Pae a une mission double, la marchandise et comme Aranui aux Marquises, le développement touristique. Et c'est à la direction de cette compagnie à faire le nécessaire pour développer notre archipel.

Si Mareva Nui 2 arrive chez nous, ce sera un plus pour nous. Et, il va libérer Tuhaa Pae sur le transport du carburant. Je pense qu'on a beaucoup de choses à transporter au niveau du noni, du coprah, de la pomme de terre, des carottes, des choux… Cela nous permettra de réguler et de planter plus de fruits et légumes, et de venir sur le marché compétitif de Tahiti pendant les périodes hors saisons des plantations sur Tahiti.
"


Rédigé par Corinne Tehetia le Mardi 1 Août 2017 à 20:00 | Lu 3873 fois






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