Raiatea, le 21 mai 2026 - L’association ’A Hura Raiatea a organisé deux matinées de bringue, les 1er et 8 mai 2026, afin de financer deux troupes de danse au prochain Heiva i Uturoa. Chanter en chœur les incontournables du répertoire polynésien et déclamer la toponymie au travers de pari pari fenua est, au vu des 90 participants ravis, une merveilleuse façon de soutenir la culture.
“Tout individu, où qu’il vive, se définit par rapport à sa terre”, affirme en préambule du tour de l’île en truck, Liba Sham Koua, secrétaire de l’association ’A Hura Raiatea. “Nous avons décidé de mettre à l’honneur Raiatea au travers de pari pari fenua qui nomment montagnes, places, pointes, passes, marae, rivières, vallées, rivières… tout autour de nous. Par ces récitations poétiques et chargées affectivement, nous nous rattachons encore davantage à notre île.”
Le jour du 8 mai, le rassemblement s’effectue à Uturoa, sur la place Toa Huri Nihi que Corail Itchner, présidente de l’association, présente d’une voix assurée, la main prolongée d’une feuille de ’autī afin de montrer l’île jumelle Taha’a, Huahine, Bora Bora ou encore le mont Tapioi. Avant de monter dans les trucks, La Marseillaise est entonnée, suivie de ’A Tāmau ’a, chant de la Marine en Polynésie pour faire le lien et se rappeler des 80 ans du retour des Tamari’i volontaires, ces soldats polynésiens de la Seconde Guerre mondiale. Environ 60 personnes s’engouffrent dans les deux trucks affrétés ce jour-là, accompagnées par quatre musiciens et quatre membres du bureau de ’A Hura Raiatea.
Arrêts à Tumara’a, Puohine et Opoa
Ce tour de l’île ou tere fa’a’ati a fait halte sur des lieux emblématiques de Tumara’a, Puohine et Opoa. À Tumara’a, c’est la place Mahuta, où se situe la mairie, qui a été choisie pour un pari pari fenua les pieds dans le sable. Puis, Liba Sham Koua invite à entonner ’Ūtē Temēhani, dont on peut apercevoir le plateau, grâce aux paroles affichées sur une grande feuille à portée de tous. “Ce ’ūtē a été écrit au milieu du XIXe siècle par une femme surnommée Mac Ham ; elle y raconte sa jeunesse quand elle montait au Temēhani et découvrait l’extraordinaire parterre de tiare ’apetahi. Ce ’ūtē fut écrit pour un Heiva, puis Esther Tefana, Andy Tupaia et la bringue l’ont popularisé.”
À Puohine, une collation de fruits est servie aux passagers dans l’école primaire. C’est l’occasion pour la directrice Corail Itchner de présenter cet établissement bilingue à parts égales français-tahitien, doté depuis dix ans d’une Aire marine éducative. “Les enfants parrainent un corail et font du bouturage”, explique l’enseignante avant de déclamer le pari pari fenua de cet endroit. Après l’élection des deux plus belles têtes couronnées et le chant du ’aparima E ra mai te tiare de l’ensemble des vahine, histoire de faire onduler les robes fleuries, tout le monde rejoint, réjoui, les bancs du truck.
Devinettes et ritournelles
Pour intéresser la dizaine d’enfants présents, l’institutrice enchaîne avec des devinettes en tahitien ; les piri font appel à l’imagier polynésien composé, par exemple, de chevrette, corail, ananas, fer à repasser, oreilles, coco… Quant aux pāta’uta’u, ritournelles mimées qui permettent d’enregistrer du vocabulaire, ceux du ‘uru et des membres du corps ont été appris en reo tahiti et répétés presque jusqu’à l’épuisement des participants !
Quelques kilomètres plus loin et trois averses plus tard, les chauffeurs garent leurs engins sur le parking du marae Taputapuātea. Pieds nus, les passagers sont invités à pénétrer sur le site pour ressentir l’énergie du sol. Naiki Lutz et Liba Sham Koua entament alors les deux pari pari du marae, vaste généalogie du paysage qui fait vibrer l’histoire du lieu auprès de l’assemblée tout ouïe. “Dans ces moments d’intense écoute, nous sommes tous ensemble, il n’existe pas de différence entre nous”, témoigne Naiki, happée par l’émotion.
Succès unanime
“C’est un joyeux mélange de personnes de tous horizons”, confirme Liline Florès, joueuse de ‘ukulele. “Mais il y manque les jeunes polynésiens. En dehors du Heiva, les natifs de moins de 40 ans délaissent tout autre type de rassemblement culturel.” Il y a donc une frange de la population à motiver, peut-être par la mise en évidence de leur lieu personnel de vie. ’A Hura Raiatea invite en effet les habitants de l’île à se réapproprier et à transmettre le pari pari de leur commune, de leur quartier ou de leur espace familial. “Et à le déclamer eux-mêmes sur leurs terres s’ils le souhaitent”, précise Liba.
“Tout individu, où qu’il vive, se définit par rapport à sa terre”, affirme en préambule du tour de l’île en truck, Liba Sham Koua, secrétaire de l’association ’A Hura Raiatea. “Nous avons décidé de mettre à l’honneur Raiatea au travers de pari pari fenua qui nomment montagnes, places, pointes, passes, marae, rivières, vallées, rivières… tout autour de nous. Par ces récitations poétiques et chargées affectivement, nous nous rattachons encore davantage à notre île.”
Le jour du 8 mai, le rassemblement s’effectue à Uturoa, sur la place Toa Huri Nihi que Corail Itchner, présidente de l’association, présente d’une voix assurée, la main prolongée d’une feuille de ’autī afin de montrer l’île jumelle Taha’a, Huahine, Bora Bora ou encore le mont Tapioi. Avant de monter dans les trucks, La Marseillaise est entonnée, suivie de ’A Tāmau ’a, chant de la Marine en Polynésie pour faire le lien et se rappeler des 80 ans du retour des Tamari’i volontaires, ces soldats polynésiens de la Seconde Guerre mondiale. Environ 60 personnes s’engouffrent dans les deux trucks affrétés ce jour-là, accompagnées par quatre musiciens et quatre membres du bureau de ’A Hura Raiatea.
Arrêts à Tumara’a, Puohine et Opoa
Ce tour de l’île ou tere fa’a’ati a fait halte sur des lieux emblématiques de Tumara’a, Puohine et Opoa. À Tumara’a, c’est la place Mahuta, où se situe la mairie, qui a été choisie pour un pari pari fenua les pieds dans le sable. Puis, Liba Sham Koua invite à entonner ’Ūtē Temēhani, dont on peut apercevoir le plateau, grâce aux paroles affichées sur une grande feuille à portée de tous. “Ce ’ūtē a été écrit au milieu du XIXe siècle par une femme surnommée Mac Ham ; elle y raconte sa jeunesse quand elle montait au Temēhani et découvrait l’extraordinaire parterre de tiare ’apetahi. Ce ’ūtē fut écrit pour un Heiva, puis Esther Tefana, Andy Tupaia et la bringue l’ont popularisé.”
À Puohine, une collation de fruits est servie aux passagers dans l’école primaire. C’est l’occasion pour la directrice Corail Itchner de présenter cet établissement bilingue à parts égales français-tahitien, doté depuis dix ans d’une Aire marine éducative. “Les enfants parrainent un corail et font du bouturage”, explique l’enseignante avant de déclamer le pari pari fenua de cet endroit. Après l’élection des deux plus belles têtes couronnées et le chant du ’aparima E ra mai te tiare de l’ensemble des vahine, histoire de faire onduler les robes fleuries, tout le monde rejoint, réjoui, les bancs du truck.
Devinettes et ritournelles
Pour intéresser la dizaine d’enfants présents, l’institutrice enchaîne avec des devinettes en tahitien ; les piri font appel à l’imagier polynésien composé, par exemple, de chevrette, corail, ananas, fer à repasser, oreilles, coco… Quant aux pāta’uta’u, ritournelles mimées qui permettent d’enregistrer du vocabulaire, ceux du ‘uru et des membres du corps ont été appris en reo tahiti et répétés presque jusqu’à l’épuisement des participants !
Quelques kilomètres plus loin et trois averses plus tard, les chauffeurs garent leurs engins sur le parking du marae Taputapuātea. Pieds nus, les passagers sont invités à pénétrer sur le site pour ressentir l’énergie du sol. Naiki Lutz et Liba Sham Koua entament alors les deux pari pari du marae, vaste généalogie du paysage qui fait vibrer l’histoire du lieu auprès de l’assemblée tout ouïe. “Dans ces moments d’intense écoute, nous sommes tous ensemble, il n’existe pas de différence entre nous”, témoigne Naiki, happée par l’émotion.
Succès unanime
“C’est un joyeux mélange de personnes de tous horizons”, confirme Liline Florès, joueuse de ‘ukulele. “Mais il y manque les jeunes polynésiens. En dehors du Heiva, les natifs de moins de 40 ans délaissent tout autre type de rassemblement culturel.” Il y a donc une frange de la population à motiver, peut-être par la mise en évidence de leur lieu personnel de vie. ’A Hura Raiatea invite en effet les habitants de l’île à se réapproprier et à transmettre le pari pari de leur commune, de leur quartier ou de leur espace familial. “Et à le déclamer eux-mêmes sur leurs terres s’ils le souhaitent”, précise Liba.
’A Hura Raiatea : nouveaux objectifs pour l’association culturelle
Créée en 2022, ’A Hura Raiatea a vu son bureau totalement renouvelé en mars 2026. Naiki Lutz, Liba Sham Koua, Tepairu Legayic, Corail Itchner et Grace Hauata ont réécrit le programme de l’association. “La priorité actuelle est la préparation de nos deux groupes, Mama et Pirihou, au Heiva i Utruroa”, explique Tepairu. “Pour la suite, nous débordons de projets tant culturels qu’environnementaux ! Par exemple, nous manquons de musiciens, aussi allons-nous essayer d’acquérir des instruments pour faciliter l’accès à cet art. Et puis, nous aimerions aussi beaucoup promouvoir le rā’au tahiti en mettant cette médecine traditionnelle à la portée de la population.”
Créée en 2022, ’A Hura Raiatea a vu son bureau totalement renouvelé en mars 2026. Naiki Lutz, Liba Sham Koua, Tepairu Legayic, Corail Itchner et Grace Hauata ont réécrit le programme de l’association. “La priorité actuelle est la préparation de nos deux groupes, Mama et Pirihou, au Heiva i Utruroa”, explique Tepairu. “Pour la suite, nous débordons de projets tant culturels qu’environnementaux ! Par exemple, nous manquons de musiciens, aussi allons-nous essayer d’acquérir des instruments pour faciliter l’accès à cet art. Et puis, nous aimerions aussi beaucoup promouvoir le rā’au tahiti en mettant cette médecine traditionnelle à la portée de la population.”





























