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La reprise d'Ascoval par Altifort fortement compromise, les salariés "dépités"



Saint-Saulve, France | AFP | jeudi 21/02/2019 - Coup de tonnerre sur Ascoval : Altifort a admis jeudi ne pas disposer des financements nécessaires pour son projet de reprise de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) validé en décembre, suscitant colère et dépit parmi les 281 salariés qui se sentent "trahis".

"Altifort a demandé en début de semaine par écrit la résolution du plan de cession d'Ascoval", validé en décembre par la justice, "et ce afin de protéger les salariés d'Ascoval et du groupe", a indiqué Altifort dans un communiqué où il reconnaît que "les financements externes n'ont pas pu être mis en place à ce jour".
"En l'espèce, Altifort a trompé tout le monde", s'est indigné auprès de l'AFP une source au cabinet du ministre de l'Economie Bruno Le Maire au lendemain d'une réunion à Bercy avec Altifort, Ascoval et les acteurs locaux.
"Il y a des difficultés de financement" et donc "le plan de reprise se déroule de façon plus compliquée que prévu", avait indiqué plus tôt jeudi à l'AFP le cabinet de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France. Mais "Altifort n'a pas baissé les bras et espère bien que les fonds seront décaissés", avait-il par ailleurs assuré.
Le tribunal de Strasbourg examinera de nouveau le 27 février le plan de reprise.
"C'est dégueulasse ce que fait Bercy, ils tuent Altifort, ce n'est pas juste!", a fustigé une source politique locale proche du dossier. "J'ai un gros doute désormais sur Altifort mais, franchement, que ce n'est pas encore foutu pour la reprise d'Ascoval", juge une autre qui mise sur un "nouveau sursis" du tribunal, la semaine prochaine.
Le Figaro avait rapporté sur son site internet qu'en raison des problèmes de financement, la reprise serait "annulée", sauf "coup de théâtre". 
"Techniquement, quand un plan est ordonné par le tribunal, et qu'il n'est pas exécuté par le repreneur, le même tribunal ordonne la résolution du plan : c'est le terme juridique pour l'annulation du plan", a expliqué à l'AFP l'avocat d'Ascoval, Guilhem Bremond.
La justice avait mis fin le 19 décembre à un interminable suspense en validant la reprise par Altifort pour un montant de 152 millions d'euros, avec le sauvetage de 281 emplois à la clé.
La reprise se décomposait ainsi : 47 millions d'euros de fonds publics "sous forme de prêt" (État, Région et Valenciennes-Métropole), 35 millions d'apport d'Altifort, 40 millions de crédit-bail pour le financement d'un futur train à fil et 30 millions d'affacturage. 
 

- "Couteau dans le dos" - 

 
"On est dépités ! On nous avait promis monts et merveilles (...) et au final on aura rien. C'est même plus de la colère, c'est du dépit. Altifort nous l'a fait à l'envers, en réalité il n'y a rien, rien de concret", a lâché devant l'usine Vincent, 51 ans, agent de maintenance. "Je ne sais pas ce qu'on va devenir maintenant", a-t-il ajouté.
Stanislas, 60 ans, se sent lui "trahi": "On nous a planté un couteau dans le dos, on aura jamais le temps de trouver un autre repreneur..."
"Reprendre une usine et couler au bout de trois semaines c'est impensable", s'insurge aussi David, 43 ans. "Altifort, c'est un beau parleur il a réussi à endormir son monde".
"J'aimerais comprendre comment un dossier appuyé par trois cabinets d'experts différents à pu valider un plan avec des fonds non présents", s'est interrogé auprès de l'AFP Bruno Kopczynski, porte-parole de la coordination syndicale et élu CFDT.
"La décision que nous avons prise avec tous les salariés, c'est de travailler à une nouvelle reprise en démarchant tous les industriels qui peuvent être intéressés", a dit Bercy. "Nous referons un point en début de semaine prochaine dans le même format, avec les salariés, les députés, le président de la région Xavier Bertrand, pour voir où nous en sommes."
De son côté, Altifort a affirmé explorer "toute les solutions alternatives" d'ici l'audience. Ce serait "un miracle", selon l'avocat d'Ascoval.
Créé il y a quatre ans, ce groupe sidérurgique a grandi par rachat successifs. Il emploie 1.500 salariés, dont 1.370 en France, pour un chiffre d'affaires prévisionnel annoncé de 200 millions d'euros en 2018.

le Jeudi 21 Février 2019 à 07:32 | Lu 141 fois




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