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La Calédonie en deuil après la mort de son ancien chef, Jacques Lafleur



La Calédonie en deuil après la mort de son ancien chef, Jacques Lafleur
NOUMEA, 5 décembre 2010 (AFP) - La Nouvelle-Calédonie était en deuil dimanche de l'ancien député Jacques Lafleur, qui a dominé pendant près de trente ans, jusqu'en 2004, la vie politique du "Caillou" et à qui gauche et droite unanimes ont rendu hommage.

Jacques Lafleur, 78 ans, a été terrassé par une crise cardiaque en Australie.

Le président de la République a salué celui qui "aura incarné l'engagement pour le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France". Il a "toujours su, lorsque l'essentiel était en jeu, tendre la main à ses adversaires pour éviter le retour des violences et la division", a-t-il déclaré.

François Fillon a, lui aussi, rappelé que sa poignée de main avec le leader indépendantiste kanak, Jean-Marie Tjibaou, "avait été le puissant symbole de la fin des affrontements" et d'"un avenir partagé entre toutes les communautés".

Même analyse de l'ancien Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, qui a salué la mémoire de celui "qui a joué à deux reprises un rôle décisif en Nouvelle-Calédonie" et "su dépasser les préjugés de son camp".

"Tout en défendant ses intérêts économiques, puissants, et ses convictions avec force, il a su nouer le dialogue avec à la fois la gauche au pouvoir et aussi les indépendantistes pour éviter le drame", a déclaré M. Jospin.

La Première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a évoqué un "homme de courage, de conviction et responsable politique visionnaire".

Alain Juppé, ministre de la Défense a salué un "parlementaire aux convictions fortes" et François Baroin, ministre du Budget et ex-ministre des Dom-Tom, "une figure emblématique de la Nouvelle Calédonie".

Dans l'archipel, l'annonce de sa mort a suscité une vive émotion et, malgré les controverses qui ont émaillé la fin de sa carrière, un concert de louanges unanimes.

"C'est un géant de la politique calédonienne qui nous quitte", a jugé le président du gouvernement local, Philippe Gomes (droite modérée).

Président du Congrès, Harold Martin, a salué la mémoire de "celui qui a sauvé la Nouvelle-Calédonie et lui a donné une perspective".

Dans les rangs indépendantistes, Roch Wamytan, figure du FLNKS, a rendu hommage à "un homme qui avait une vision et à "un adversaire redoutable et coriace".

Jacques Lafleur avait démissionné de son dernier mandat d'élu au Congrès du territoire, en avril 2010, après s'être brouillé avec tous ses anciens fidèles.

Personnage énigmatique, amateur de golf et de bon vin, ce fils de sénateur, enrichi dans le nickel, s'était lancé en politique tardivement, après une vie insouciante et festive entre Paris et Nouméa.

Fondateur du Rassemblement pour la Calédonie dans la République, il entre à l'Assemblée nationale en 1978, s'imposant comme le chef de file des anti-indépendantistes "caldoches" (Calédoniens d'origine européenne), face aux indépendantistes kanak.

Lors des violences qui ont opposé les deux camps au début des années 1980, il incarne une ligne dure, hermétique à toute négociation avec le FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak Socialiste, indépendantiste).

Pourtant, après la tragédie de l'assaut de la grotte d'Ouvéa, qui fit 21 morts dont 19 activistes kanak, il signe contre toute attente les accords de Matignon, le 26 juin 1988, sous l'égide du Premier ministre Michel Rocard, serrant la main de son ennemi d'hier, Jean-Marie Tjibaou, leader charismatique des Kanak.

Avec cette poignée de main, les deux hommes entrent dans l'histoire et permettent le retour de la paix en Nouvelle-Calédonie, jamais remise en cause depuis, malgré l'assassinat en 1989 de M.Tjibaou.

Jacques Lafleur, redoutable homme d'affaires, vend alors son entreprise minière aux Kanak, aidés par l'Etat, pour leur permettre de rentrer dans l'économie, empochant au passage près de 15 millions d'euros.

Dix ans plus tard, en 1998, cet homme intuitif et charmeur signe avec le FLNKS, une nouvelle fois sous un gouvernement de la gauche, l'accord de Nouméa, qui organise la décolonisation par étapes de la Nouvelle-Calédonie.

Il essuie une défaite historique aux élections provinciales de 2004, remportées par des dissidents de son propre parti, qui ne supportaient plus son pouvoir absolu.

Jacques Lafleur est ensuite écarté de la présidence du Rassemblement-UMP, au terme d'une homérique crise interne, avant de perdre son mandat de député en 2007.

Il y a une quinzaine de jours, il avait reçu, aux côtés d'un fils de Jean-Marie Tjibaou, la Colombe de la paix, distinction décernée par l'Allemagne et l'Unesco.

cw/fm/phc

Rédigé par Par Claudine WERY le Lundi 6 Décembre 2010 à 04:43 | Lu 664 fois




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