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L'incompréhension



Tahiti, le 5 août 2021 – Le mariage du vice-président et maire de Teva i uta, organisé jeudi en présence de la quasi-totalité du gouvernement et de plusieurs élus, a créé une vague de réactions stupéfaites sur les réseau sociaux, obligeant même le haut-commissariat à rappeler les restrictions sanitaires en vigueur.
 
L'événement a déclenché un véritable raz-de-marée de réactions sur les réseaux sociaux et en dehors jeudi après-midi. Alors que la crise sanitaire liée à la propagation du variant Delta en Polynésie française progresse de jour en jour dans les bilans publiés par les autorités sanitaires, et alors que le président du Pays et le haut-commissaire ont annoncé vendredi dernier un retour aux restrictions sur les rassemblements “destinées à mettre un terme au brassage d’un trop grand nombre de personnes”, l'organisation du mariage du vice-président du Pays Tearii Te Moana Alpha dans sa commune de Teva i Uta a tourné à l'incompréhension collective jeudi après-midi.
 
Les premières images de la cérémonie et des préparatifs de l'événement organisé dans le restaurant du musée Paul Gauguin se sont répandues comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, Facebook et Tiktok en tête. Mais surtout, c'est la présence de la quasi-totalité du gouvernement, à l'exception des ministres de la Santé et de la Culture, Jacques Raynal et Heremoana Maamaatuaiahutapu, ainsi que d'élus de la majorité comme de l'opposition, qui a fait réagir. Vendredi dernier, le représentant de l'État avait annoncé “l'interdiction des événements festifs à l'image des mariages, des anniversaires et des baby showers” ainsi que “l'interdiction des concerts dans les cafés, hôtels et restaurants”.
 
Sur place pourtant, les images relayées par les convives sur les réseaux montraient les préparatifs d'orchestres et une table d'honneur dépassant la limite autorisée des six personnes par table. A leur arrivée, le président du Pays et le vice-président, visiblement gênés, n'ont pas souhaité faire de commentaires. Seul le député Moetai Brotherson a accepté de répondre à nos questions : “On m'a dit que ce mariage allait se tenir dans les règles aujourd'hui. Je veux quand même dire qu'à l'intérieur, c'est pas la fête à 'neuneu'. Il y a six personnes par tables. Ils rajoutent des tables quand il y a des gens qui arrivent”. Dans l'après-midi pourtant, les images du maire de Papeete et du président du Pays accompagnant l'orchestre ont achevé de susciter l'ire des internautes.
 
Le haut-commissariat réagit
 
Indiquant avoir été extrêmement sollicité à propos de cet événement, le haut-commissariat a réagi dans l'après-midi de jeudi pour préciser par voie de communiqué les règles en vigueur et notamment le principe de l'interdiction des “festivités” autour des mariages et anniversaires, et non des événements en eux-mêmes. D'une part, les services de l'État ont indiqué avoir refusé au maire de Teva i Uta une demande de dérogation présentée pour cet événement prévoyant avant la mise en place des restrictions sanitaires un rassemblement de 1 500 personnes.
 
C'est donc dans la limite imposée des 500 personnes maximum que le haut-commissariat a “rappelé qu’un mariage en format réduit est toujours possible dans un restaurant à condition que les convives respectent strictement le protocole-restauration en vigueur (…), et notamment la limite de six personnes par table, la distance d’un mètre entre les tables et sans événements musicaux ou artistiques”. Les services de l'État assurant que des “sanctions” seraient prises en cas “d'infractions” constatées. Renseignements pris, l'événement avait effectivement été revu à la baisse par ses organisateurs pour être limité à 300 invités au maximum et passer sous la jauge des 500 personnes, mais hélas avec certaines libertés constatées dans le protocole applicable aux restaurants…
 
Un problème d'exemplarité
 
Outre la crise sanitaire, la principale raison du malaise suscité par l'événement réside dans les nombreux et récents appels au “civisme” de la population sur le respect des gestes barrières et des protocoles sanitaires par les mêmes responsables politiques pris en défaut jeudi. Mercredi soir, la présidence réagissait notamment en “condamnant les égoïsmes qui vont à l’encontre des intérêts de la collectivité”. La semaine dernière, le haut-commissaire tançait à côté du président le “manque de vigilance dans les gestes barrières” qui “commencent à avoir des conséquences sur la situation sanitaire”. Des élus appelés ces derniers jours encore par le Président de la République à l'exemplarité face à la crise sanitaire. Reste maintenant à espérer que l'ensemble du buzz créé autour de cette affaire aura surtout pour effet de rappeler, au contraire, toute l'importance des mesures sanitaires…
 

Le haut-commissariat n'a pas donné de dérogation

Si les communiqués officiels du haut-commissariat précisent bien que dans le cadre des mesures sanitaires applicables depuis le vendredi 30 juillet 2021 les "évènements festifs (dont mariages, anniversaires, baby shower…)" sont "interdits", la règle a fait l'objet de précisions jeudi après-midi par les services de l'Etat.
 
Dans un communiqué, les services de l'Etat ont tenu à rappeler les règles en vigueur à la suite "d'interrogations relatives à un mariage ayant lieu ce 5 août 2021 à Teva i Uta". Le communiqué rappelle l'interdiction des rassemblements de plus de 20 personnes sur la voie publique ainsi que des évènements rassemblant plus de 500 personnes, et précise que "dans ces conditions, aucune dérogation n'a été apportée à l'organisation de ce mariage". Le haut-commissariat "rappelle" en revanche qu'un "mariage en format réduit est toujours possible dans un restaurant à condition que les convives respectent strictement le protocole-restauration en vigueur décrit dans l'article 11.II de l'arrêté (du 30 juillet 2021), et notamment la limite de six personnes par table, la distance d'un mètre entre les tables et sans évènements musicaux ou artistiques". Il indique enfin que "si des infractions étaient confirmées, celles-ci feront l'objet de sanctions".
 
Dans un second temps, le haut-commissariat a diffusé un courrier de refus de dérogation adressé au maire de Teva i Uta et vice-président du Pays pour l'organisation de ce mariage dans sa configuration initiale, qui prévoyait plus de 1 500 invités. "Je vous informe cependant qu'un restaurant pourra accueillir les convives dans les conditions prévues par le protocole sanitaire applicable aux bars et restaurants". Explications prises, c'est donc le caractère "festif" des mariages, anniversaires et baby showers qui est prohibé, pas l'événement en tant que tel.
 

​Moetai Brotherson : "Je pense que ce mariage a toutes les autorisations requises"

Vous avez accepté cette invitation à ce mariage aujourd'hui ?
 
"Tearii Alpha m'a invité il y a déjà plusieurs semaines de ça à son mariage. J'ai accepté. J'ai redemandé hier si ce mariage allait se dérouler, il m'a confirmé qu'il allait se dérouler donc je suis là."
 
Ce mariage a-t-il été autorisé par le haut-commissariat notamment ?
 
"Je suppose, puisqu'il faut quand même savoir qu'ici c'est le haut-commissaire qui commande, c'est le haut-commissaire qui gouverne. Il faudrait lui demander. Sinon, je pense que les gendarmes, les mêmes qui ont empêché les manifestations à l'arrivée de Macron, seraient là. Donc, je suppose que c'est autorisé. Il faut aussi se rappeler qu'il y a une semaine, il y avait des milliers de personnes sans masques. Il y avait des embrassades. Il y avait des soulevés d'enfants. Et ça ne gênait personne. Et puis tout d'un coup, on se rend compte que ce virus devient dangereux… Donc à un moment il faut être sérieux. Moi on m'a invité, j'ai accepté avant que les mesures soient en place. On m'a dit que ce mariage allait se tenir dans les règles aujourd'hui. Alors je veux quand même dire qu'à l'intérieur, c'est pas la fête à 'neuneu'. Il y a six personnes par tables. Ils rajoutent des tables quand il y a des gens qui arrivent…"
 
La semaine dernière, le haut-commissaire et le président du Pays ont tout de même annoncé que les évènements festifs tels que les mariages étaient désormais interdits ?
 
"Je pense qu'il faudrait interroger le président, le haut-commissaire. Moi je suis légaliste. Je pense que ce mariage a toutes les autorisations requises. Sinon, je pense que les gendarmes seraient là pour nous empêcher de nous réunir."
 
En terme d'exemplarité pour un élu, est-ce que ça ne pose pas un problème ?
 
"Je ne cautionne pas du tout. Ce que je dis, c'est que si jamais pour tenir ce mariage aujourd'hui, le vice-président Tearii Alpha a obtenu des dérogations. Ces mêmes dérogations doivent être accordées aux plus petits d'entre nous dans les mêmes conditions. Il s'agit d'être légaliste et égaliste."
 
Est-ce que ce n'est pas dérangeant néanmoins dans le contexte sanitaire ?
 
"Ca ne me dérange pas. J'ai été invité. C'est un mariage et ce n'est qu'une fois dans la vie. Je suis venu par respect pour un individu. Je ne suis pas venu pour le vice-président. Je suis venu pour Tearii Alpha que je connais. Je suis venu parce que mon épouse est une amie de la mariée. Je serai allé de la même manière au mariage de n'importe qui, qui m'aurait invité s'il me confirme que ce mariage est autorisé. C'est ce que j'ai eu comme réponse."
 


Rédigé par Vaite Urarii Pambrun et Antoine Samoyeau le Vendredi 6 Août 2021 à 00:35 | Lu 15576 fois





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