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L'automobile électrique change d'ère au Mondial de Paris



Promettant 400 km voire davantage entre deux recharges, des voitures électriques de nouvelle génération pointent le bout du capot au Mondial de Paris, de quoi attirer davantage de clients, espèrent les constructeurs.

Renault a frappé fort d'emblée en annonçant jeudi, au début des journées de presse du Mondial, que son modèle électrique vedette, la Zoé, serait désormais doté d'une autonomie théorique de 400 km contre 240 pour la version actuelle.

Ces prestations, environ 300 km en conditions réelles, "devraient soulager ou éliminer l'un des obstacles au développement des voitures électriques, qui est l'autonomie", a déclaré le PDG de Renault, Carlos Ghosn. 

"Je suis très content de voir que tous les constructeurs se précipitent aujourd'hui pour dire que c'est l'avenir, il y a même de la surenchère", s'est amusé M. Ghosn, qui défend le développement de l'automobile électrique depuis de nombreuses années.

De fait, la concurrence s'étoffe: Opel annonce lui aussi une autonomie théorique de 400 km pour sa nouvelle Ampera-e, version européenne de la Chevrolet Bolt, elle-même la réponse de General Motors à l'aiguillon Tesla.

Cette entreprise californienne, qui a pris le monde du haut de gamme à revers depuis 2012 avec sa coûteuse berline "Model S" offrant jusqu'à 500 km entre deux recharges, a enregistré plus de 370.000 précommandes pour sa plus petite "Model 3" attendue fin 2017 avec 350 km d'autonomie annoncés.

Nissan, allié de Renault qui a lui aussi misé sur l'électrique, n'annonce pas à ce Mondial d'évolution de son modèle Leaf (250 km d'autonomie théorique), qui s'est écoulé à 230.000 exemplaires dans le monde depuis son lancement fin 2010, portant à 350.000 les modèles "zéro émission" du tandem franco-japonais mis sur les routes.

Mais Nissan continue à développer l'électrique et se dit déterminé à offrir à terme "une autonomie comparable à celle des véhicules à carburant".

De son côté Volkswagen, en plein virage stratégique sur les décombres du "dieselgate", a ouvert le salon de Paris avec un prototype, l'"I.D. Concept", censé franchir jusqu'à 600 km entre deux recharges, mais à l'horizon 2020.

"Le groupe Volkswagen va développer et construire plus de 30 nouveaux véhicules électriques en plus d'ici à 2025", a expliqué son patron, Matthias Müller. "L'avenir, c'est l'électrique".

 

- Théorique contre réel -

 

"En 2020, une autonomie de 500 km va devenir la norme, ceux qui feront moins bien seront pénalisés", prédit à l'AFP Ferdinand Dudenhöffer, expert automobile allemand à l'institut de recherche CAR. 

Depuis le dernier salon en 2014, les ventes d'autos électriques en France ont presque triplé, mais malgré de fortes subventions (jusqu'à 10.000 euros de "superbonus"), elles ne représentent encore que 1,07% du marché.

"Depuis le début de l'année, nos ventes électriques ont doublé par rapport à l'année dernière", a confirmé le président du directoire de PSA Carlos Tavares à l'AFP. Le plan stratégique de PSA à horizon 2021 prévoit "quatre véhicules électriques supplémentaires", a-t-il rappelé.

Quelque 35% des Français interrogés se disent prêts à opter pour une telle technologie, une hausse de 7 points par rapport à 2014, selon un sondage Ipsos commandé par l'Association pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France).

Et les bornes en accès public (qui mettent entre 30 minutes et plusieurs heures pour recharger le véhicule) continuent à se répandre en France: 14.240 fin août, une hausse de 42% en huit mois, indique à l'AFP Joseph Beretta, président de l'Avere-France.

A 23.600 euros hors bonus, la nouvelle Zoé est 1.500 euros plus chère que celle qu'elle remplace et qui détient plus de la moitié du marché électrique français.

L'autonomie sera-t-elle suffisante pour un déclic? "Quand vous interrogez des consommateurs sur l'autonomie qu'ils veulent, plus de la moitié des gens répondent 500 km, et un tiers plus de 750 km", note Rémi Cornubert, expert chez AT Kearney.

La faible autonomie des électriques constitue "plus un frein psychologique qu'autre chose parce que dans les usages du quotidien, 80% des Français font moins de 100 km par jour", rappelle pour sa part Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de l'automobile. 


avec AFP


Rédigé par RB le Jeudi 29 Septembre 2016 à 04:07 | Lu 333 fois




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