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Justice : Six mois de prison ferme pour 4 600 pieds de Pakalolo



PAPEETE, le 14 mai 2018 - Un quadragénaire et son neveu de 35 ans comparaissaient lundi devant le tribunal correctionnel de Papeete pour avoir planté 4600 pieds de paka à la presqu'île.

C'est une affaire qui a laissé les magistrats du tribunal correctionnel de Papeete sceptiques. Lundi après-midi deux hommes étaient entendus en comparution immédiate pour avoir planté, entre le 1er août 2017 et le 27 octobre 2017, 4600 pieds de pakalolo.

Un homme de 46 ans, sans chaussures, débraillé et sanglotant et son neveu de 34 ans, bien portant, nonchalant, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Papeete.

L'affaire se déroule en trois temps. Le 26 octobre 2017, une dénonciation anonyme mène les gendarmes sur les lieux d'une plantation de cannabis. Les gendarmes découvrent sur place 4 600 pieds femelles de cannabis, deux pompes à eau et des panneaux solaires. Ils sont face à ce qu'ils pensent être une plantation "quasiment industrielle". Plus loin, sur ce champ qui fait la taille d'un demi-terrain de football, les militaires trouvent un logement de fortune contenant une gazinière, un vélo et des éléments indiquant qu'une personne loge régulièrement sur place. Compte tenu la taille de la plantation, les gendarmes effectuent plusieurs prélèvements ADN sur place.

Trois profils génétiques différents sont décelés. Celui du quadragénaire est le seul dans les fichiers. Le 8 mai 2018, l'homme est interpellé. À son domicile, les gendarmes découvrent 70 pieds de pakalolo.
Lors de ses auditions, il indique, dans un premier temps, travailler sous l'ordre d'un homme qui lui a trouvé le terrain, puis lui a fait planter des légumes avant de tout lui faire arracher pour planter du cannabis. Le quadragénaire refuse de révéler l'identité de son patron, il dit avoir peur de lui et de ce qu'il pourrait faire à sa fille et sa petite-fille. Au bout de la quatrième audition, le prévenu finit par donner l'identité de son neveu, un homme âgé de 34 ans, déjà bien connu pour trafic de stupéfiants. Alors que le trentenaire nie les faits, l'oncle maintient ses déclarations. Il suivait les ordres de son neveu, qui l'avait menacé à plusieurs reprises pour le faire obéir. Le neveu venait lui rendre visite sur la plantation tous les 15 jours. Il lui apportait à manger, mais aussi tout le matériel (panneaux solaires, pompes à eau, engrais…) nécessaire pour la plantation avec sa voiture.

Retournement de situation

Mais, lundi, lors de l'audience, devant le tribunal correctionnel, l'oncle change totalement ses déclarations et prend l'entière responsabilité des faits. "J'étais fâché parce qu'il ne voulait pas m'aider avec la plantation, alors je l'ai accusé", explique-t-il devant des juges sceptiques. "J'ai tout fait tout seul. J'ai monté le matériel la nuit sur mon dos", assure-t-il par la suite les larmes aux yeux. Son neveu, à côté, maintient sa version des faits affalé sur la barre, "il m'accuse parce qu'il était fâché contre moi".

Le quadragénaire n'en mène pas large, le regard fixé au sol, il ne lève les yeux que pour répondre aux questions des magistrats. "C'est bizarre cette histoire" s'étonne le président du tribunal.

Le procureur, quant à lui, constate " il est impossible d'organiser tout seul une telle plantation. Il est pieds nus et n'a même pas les moyens de s'acheter une paire de savates." Le neveu ira même à pousser l'insolence jusqu'à donner une tape sur la tête de son oncle en pleine audience. Geste qui n'échappe à personne.

Le président du tribunal correctionnel déclare même avant d'annoncer les condamnations "le tribunal n'a été dupe de rien, mais il a dû faire avec le droit". Le neveu est relaxé et le quadragénaire condamné à 12 mois de prison dont quatre avec sursis. Et le tribunal de conclure "le tribunal n'a pas retenu l'entière responsabilité e cette culture. Vraisemblablement vous n'étiez pas seul". À la fin de l'audience, la femme du neveu s'éloigne du tribunal avec la petite-fille du quadragénaire dans les bras.

Rédigé par Marie Caroline Carrère le Lundi 14 Mai 2018 à 17:03 | Lu 2527 fois





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