Tahiti, le 8 juillet 2026 - Le nouveau vote sur le collectif budgétaire, vendredi, ressemble de plus en plus à un bras de fer entre le président du Pays et celui de l’assemblée. En choisissant de représenter un texte strictement identique à celui rejeté il y a dix jours, Moetai Brotherson semble moins chercher à faire adopter son collectif qu'à contraindre Antony Géros à aller au bout de sa logique : continuer à affaiblir le gouvernement... ou assumer sa chute. Un dilemme qui traverse les rangs mêmes du Tavini et occupe les discussions à 48 heures de ce nouveau rendez-vous à Tarahoi.
Sauf retournement de situation majeur, le scénario paraît désormais largement écrit. Dix jours après avoir été rejeté par 40 représentants, le collectif budgétaire destiné à reporter les crédits de paiement devrait essuyer un nouveau refus vendredi. Édouard Fritch, Lana Tetuanui et Nicole Sanquer, tous trois en déplacement à Paris, ont d’ailleurs décidé d'écourter leur séjour afin d'être présents à Tarahoi pour ce nouveau vote.
Tapura et Ahip ont déjà confirmé qu'ils voteraient contre un texte que le gouvernement a choisi de représenter sans la moindre modification. Ce choix n'allait pourtant pas de soi. Selon nos informations, une version remaniée du collectif, intégrant plusieurs remarques formulées par les représentants lors du premier examen, avait bien été préparée. Moetai Brotherson a néanmoins préféré présenter à nouveau le texte initial. Une stratégie visant moins à convaincre le Tapura ou Ahip, dont les positions semblent arrêtées, qu'à pousser le Tavini dans ses retranchements.
Reste justement une inconnue : le Tavini. À 48 heures de la séance extraordinaire, plusieurs élus s'interrogeaient encore mercredi sur l'opportunité de maintenir leur premier vote. Certains plaident pour adopter finalement ce collectif, mais selon plusieurs sources internes, la tendance majoritaire reste bien de conserver la même ligne en rejetant une nouvelle fois le texte. D’abord parce qu’il paraît compliqué pour les élus qui avaient voté contre il y a dix jours de justifier aujourd'hui un vote favorable sur un texte strictement identique. Et surtout parce qu'au fond, cela ne changerait rien. En effet, Moetai Brotherson a d'ores et déjà annoncé qu’en cas de nouveau rejet, il engagerait la responsabilité de son gouvernement, comme l'y autorise l'article 156-1 du statut d'autonomie. Autrement dit, le collectif sera alors considéré comme adopté, sauf si une motion de renvoi est déposée dans les cinq jours puis adoptée par au moins 35 représentants.
Le vrai choix commence
Et c’est bien là que le bât blesse. Car il faudrait surtout s’entendre sur un président de transition et, à ce stade, ni le Tapura ni Ahip ne semblent réellement convaincus qu'une telle équation soit aujourd'hui possible. Quant au Tavini, si certains élus estiment qu'il faudrait aller au bout en déposant une motion de renvoi, d'autres préfèrent s'en tenir au rejet du texte et laisser le gouvernement assumer sa fragilité.
C'est donc moins la position de Tapura ou d'Ahip, déjà connue, que celle du Tavini qui sera observée vendredi. Car si les autonomistes ne souhaitent pas, à ce stade, déposer une motion de renvoi sans perspective de retour aux urnes, ils restent incontournables : sans leurs voix, Antony Géros ne peut espérer réunir la majorité qualifiée de 35 représentants.
Si aucune motion de renvoi n'était finalement déposée, ce serait retour à la case départ avec un gouvernement privé de majorité à l'assemblée, tandis que les oppositions conserveraient leur capacité à bloquer les textes qu'elles jugent inacceptables. Avec une différence toutefois : Antony Géros aurait clarifié jusqu'où il est prêt à aller, tandis que Moetai Brotherson saurait qu'il peut recourir à l'article 156-1 chaque fois qu'il estimera ses textes indispensables. Le prochain budget primitif dira alors si cette procédure devait rester une arme exceptionnelle... ou devenir un nouvel outil de gouvernement. Au risque, si cette mécanique venait à se répéter, de transformer cette crise politique en véritable crise institutionnelle, avec l'État en arbitre ultime.
Sauf retournement de situation majeur, le scénario paraît désormais largement écrit. Dix jours après avoir été rejeté par 40 représentants, le collectif budgétaire destiné à reporter les crédits de paiement devrait essuyer un nouveau refus vendredi. Édouard Fritch, Lana Tetuanui et Nicole Sanquer, tous trois en déplacement à Paris, ont d’ailleurs décidé d'écourter leur séjour afin d'être présents à Tarahoi pour ce nouveau vote.
Tapura et Ahip ont déjà confirmé qu'ils voteraient contre un texte que le gouvernement a choisi de représenter sans la moindre modification. Ce choix n'allait pourtant pas de soi. Selon nos informations, une version remaniée du collectif, intégrant plusieurs remarques formulées par les représentants lors du premier examen, avait bien été préparée. Moetai Brotherson a néanmoins préféré présenter à nouveau le texte initial. Une stratégie visant moins à convaincre le Tapura ou Ahip, dont les positions semblent arrêtées, qu'à pousser le Tavini dans ses retranchements.
Reste justement une inconnue : le Tavini. À 48 heures de la séance extraordinaire, plusieurs élus s'interrogeaient encore mercredi sur l'opportunité de maintenir leur premier vote. Certains plaident pour adopter finalement ce collectif, mais selon plusieurs sources internes, la tendance majoritaire reste bien de conserver la même ligne en rejetant une nouvelle fois le texte. D’abord parce qu’il paraît compliqué pour les élus qui avaient voté contre il y a dix jours de justifier aujourd'hui un vote favorable sur un texte strictement identique. Et surtout parce qu'au fond, cela ne changerait rien. En effet, Moetai Brotherson a d'ores et déjà annoncé qu’en cas de nouveau rejet, il engagerait la responsabilité de son gouvernement, comme l'y autorise l'article 156-1 du statut d'autonomie. Autrement dit, le collectif sera alors considéré comme adopté, sauf si une motion de renvoi est déposée dans les cinq jours puis adoptée par au moins 35 représentants.
Le vrai choix commence
Et c’est bien là que le bât blesse. Car il faudrait surtout s’entendre sur un président de transition et, à ce stade, ni le Tapura ni Ahip ne semblent réellement convaincus qu'une telle équation soit aujourd'hui possible. Quant au Tavini, si certains élus estiment qu'il faudrait aller au bout en déposant une motion de renvoi, d'autres préfèrent s'en tenir au rejet du texte et laisser le gouvernement assumer sa fragilité.
C'est donc moins la position de Tapura ou d'Ahip, déjà connue, que celle du Tavini qui sera observée vendredi. Car si les autonomistes ne souhaitent pas, à ce stade, déposer une motion de renvoi sans perspective de retour aux urnes, ils restent incontournables : sans leurs voix, Antony Géros ne peut espérer réunir la majorité qualifiée de 35 représentants.
Si aucune motion de renvoi n'était finalement déposée, ce serait retour à la case départ avec un gouvernement privé de majorité à l'assemblée, tandis que les oppositions conserveraient leur capacité à bloquer les textes qu'elles jugent inacceptables. Avec une différence toutefois : Antony Géros aurait clarifié jusqu'où il est prêt à aller, tandis que Moetai Brotherson saurait qu'il peut recourir à l'article 156-1 chaque fois qu'il estimera ses textes indispensables. Le prochain budget primitif dira alors si cette procédure devait rester une arme exceptionnelle... ou devenir un nouvel outil de gouvernement. Au risque, si cette mécanique venait à se répéter, de transformer cette crise politique en véritable crise institutionnelle, avec l'État en arbitre ultime.


































