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Japon : le film des événements depuis le séisme et réponses à propos du nucléaire



Japon : le film des événements depuis le séisme et réponses à propos du nucléaire
TOKYO, 14 mars 2011 (AFP) - Rappel des événements depuis le puissant séisme qui a frappé vendredi le nord-est du Japon, suivi d'un tsunami dévastateur, qui ont probablement fait plus de 10.000 morts.

--VENDREDI 11 MARS--

- A 14H46 heure locale (05H46 GMT), un séisme de magnitude 8,9 -le plus fort jamais enregistré au Japon- suivi par un tsunami avec des vagues de dix mètres de haut frappent le nord-est de l'archipel. Le séisme s'est produit à une centaine de kilomètres au large de la préfecture de Miyagi. Plus de 1.000 morts et disparus (police).

- Les télévisions japonaises diffusent des images de bateaux retournés, de voitures et de maisons emportées par des torrents de boue et de débris qui déferlent dans les artères des localités sur la côte Pacifique.

- Arrêt automatique des réacteurs des centrales nucléaires situées dans les provinces proches de l'épicentre.

- Interruption des transports ferroviaires, aériens et routiers dans toutes les provinces de l'est, notamment à Tokyo. Plus de huit millions de foyers privés d'électricité et de téléphone.

- Plusieurs fortes répliques de magnitude supérieure à 6, voire 7, ressenties jusque dans la capitale. Séisme dans la préfecture de Niigata (nord-ouest).

- Avis d'alerte dans la plupart des Etats riverains du Pacifique, de l'Océanie à l'Amérique latine.

--SAMEDI 12--

- Explosion dans la centrale nucléaire de Fukushima N°1, le toit du bâtiment abritant le réacteur numéro un du site s'effondre. L'accident nucléaire est classé au niveau 4 (sur 7). Selon l'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), "des rejets (radioactifs) très importants" se sont "produits simultanément à l'explosion" du bâtiment.

- 300 à 400 corps découverts dans le port de Rikuzentakata, entre 200 et 300 corps sur une plage de Sendai (préfecture de Miyagi).

--DIMANCHE 13--

- Le Premier ministre Naoto Kan affirme que le pays fait face à "sa plus grave crise en 65 ans, depuis la Seconde Guerre mondiale". Il porte le nombre des soldats et des sauveteurs à 100.000.

- A la centrale de Tokai N°2 (120 km au nord-est de Tokyo), une pompe du système de refroidissement est en panne, mais celle de secours fonctionne.

- Le chef de la police de la province de Miyagi dit qu'il faut s'attendre à ce que le bilan dépasse 10.000 morts dans cette seule région.

- Quelque 590.000 personnes évacuées en trois jours (ONU).

- Les premières équipes de secours d'Australie, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud, Suisse, Royaume-Uni, France et Etats-Unis sont arrivées ou attendues.

- De nombreux Etats donnent des consignes de prudence à leurs ressortissants, leur conseillant de ne pas se rendre au Japon.

--LUNDI 14--

- Nouvelle secousse sismique à 150 km de Tokyo. Levée de l'alerte au tsunami sur les côtes nord-est.

- Deux explosions se sont produites au niveau du réacteur 3 de Fukushima 1, mais le réacteur n'a pas été endommagé (Tokyo Electric Power, Tepco).

- L'Agence japonaise de sûreté nucléaire japonaise exclut un accident de type Tchernobyl dans cette centrale.

- Tepco n'exclut pas que le combustible du réacteur 2 soit un temps entré en fusion, à cause d'une panne du système de refroidissement.

- Quelque 2.000 corps découverts sur les côtes de la province de Miyagi.

- Début du déploiement des équipes de spécialistes étrangers. 2,6 millions de foyers sont privés d'électricité (ONU).

- La Bourse de Tokyo chute de 6,18%, les autres Bourses d'Asie-Pacifique sont ébranlées. La Banque du Japon procède à la plus importante injection de liquidités de son histoire. Les constructeurs nippons d'automobiles suspendent leur production.

acm/bc/jri/bds

Crise nucléaire au Japon après le séisme et le tsunami

Japon : le film des événements depuis le séisme et réponses à propos du nucléaire
PARIS, 14 mars 2011 (AFP) - Le séisme et le tsunami, qui a noyé les circuits de refroidissement, ont provoqué des accidents inquiétants à la centrale nucléaire de Fukushima 1, située à 250 km au nord-est de Tokyo, d'abord aux réacteurs 1 et 3, puis dernièrement au réacteur 2. Quelles en sont les causes possibles ? Quels sont les scénarios envisageables et les conséquences ?

Q : Pourquoi procède-t-on à des relâchements volontaires de vapeurs radioactives ?

R : Ces relâchements volontaires ont pour but d'éviter que l'enceinte abritant le coeur du réacteur ne se fendille sous la pression de la vapeur qui s'accumule. Tant qu'il n'y aura pas de rétablissement du refroidissement, d'autres relâchements de vapeur contaminée hors de l'enceinte seront nécessaires pour éviter qu'elle n'éclate, ce qui serait un accident majeur. Ces relâchements sont effectués à l'aide de vannes actionnées manuellement - faute d'alimentation électrique- par des employés dont le "courage" et "l'héroïsme", compte tenu des risques, sont soulignés.

Q : Pourquoi certains relâchements ont-ils provoqué des explosions ?

R : Faute de refroidissement, le combustible se dégrade au coeur du réacteur, libérant des produits de fission (crypton, iode radioactive, césium) tandis que l'eau se décompose en oxygène et en hydrogène. Au moment du relâchement de ces gaz, un phénomène explosif d'origine chimique peut se produire en fonction de la composition du mélange oxygène-hydrogène.

Q : Les rejets accompagnés d'explosion entraînent-ils davantage d'émissions radioactives ?

R : Le niveau de radioactivité n'est pas plus important que l'hydrogène explose ou non. Dans toutes ces explosions, l'essentiel est que toute l'enceinte métallique de confinement soit restée intègre. Au moment des explosions, ce qui vole en éclats ce sont des "éléments soufflables" inclus dans l'architecture du bâtiment pour éviter que l'enceinte du réacteur, elle-même, ne subisse des dégâts en cas d'explosion.

Q : L'évacuation de la population jusqu'à une distance de 20 km des réacteurs est-elle adaptée ?

R : Avec les "bouffées" de gaz et de particules radioactives relâchées depuis samedi, les doses se cumulent et la limite de 20 km "paraît raisonnable", disent des experts français qui relèvent que le nuage se dilue à distance. En l'absence d'évacuation, la population aurait reçu des "doses significatives". Aux limites du site, à environ 2 km des réacteurs 1 et 3, une balise a donné samedi, pendant un rejet volontaire, une indication de rayonnement gamma correspondant à 10.000 fois la radioactivité gamma ambiante. Les rayons gamma, plus énergétiques que les rayons X, renseignent sur la radioactivité globale mais pas sur la composition du panache de particules (iode, césium) dont dépendent l'effet de dose sur l'homme et les conséquences sur l'environnement.

Q : Comment est protégé le réacteur d'une centrale nucléaire ?

R : La matière radioactive est séparée de l'environnement par trois barrières : le "crayon" qui enveloppe l'uranium (sous forme de pastilles); la cuve et enfin l'enceinte de confinement. Au Japon, elle est constituée d'un "liner", ou "peau métallique", ancré dans des parois en béton et fermé d'un couvercle. Ce liner est muni de capteurs.

Q : Le risque de tsunami était-il prévu au Japon ?

R : Le risque d'une vague de 10 mètres de haut avait été prévu dans la conception du circuit de refroidissement. Mais elle a atteint 14 mètres de haut et les installations ont été inondées. Les circuits de secours (diesel) ont également été endommagés.

Q : Qu'est-ce qu'une fusion au sein d'un réacteur ?

R : La fusion correspond à la surchauffe du combustible qui commence à fondre et à couler, comme une bougie. Il devient alors difficile à refroidir et les gaines qui retiennent les produits radioactifs se désagrègent à leur tour. Une fusion se traduirait par la présence d'un magma appelé corium risquant de percer la cuve en la chauffant et de se retrouver directement dans l'enceinte de confinement. Ce qui provoquerait des rejets massifs d'éléments radioactifs dans l'environnement.

Q : Y a-t-il eu fusion au sein des réacteurs japonais ?

R : Très probablement dans le réacteur no 1, ressort-il des informations disponibles. Tokyo Electric Power (Tepco), l'exploitant de la centrale, n'exclut pas que le combustible du réacteur 2 soit un temps entré en fusion, à cause d'une panne du système de refroidissement.

Q : Cette situation est-elle comparable à celle de Tchernobyl en 1986 ?

R : Non, car la centrale de Tchernobyl ne disposait pas d'une enceinte de confinement, mais d'une simple chappe de béton. En outre, à Tchernobyl, il s'agissait d'un emballement de la réaction nucléaire, avec un réacteur en surchauffe, alors qu'au Japon les réacteurs ont été arrêtés 24 heures avant l'explosion.

(Sources contactées par l'AFP : Jacques Repussard, directeur général de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), Didier Champion, de la direction environnement, Martial Jorel, de la direction sûreté des réacteurs de l'IRSN, et Olivier Gupta, directeur général de l'Autorité de Sûreté du nucléaire (ASN).

ah-cha/bp/bds

Rédigé par AFP le Lundi 14 Mars 2011 à 05:15 | Lu 1551 fois





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