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Fonds Pacifique : deux millions d’euros de projets approuvés



Fonds Pacifique : deux millions d’euros de projets approuvés
PARIS, mardi 29 mars 2011 (Flash d'Océanie) – Le Fonds de coopération économique, sociale et culturelle pour le Pacifique (plus connu sous le nom de Fonds Pacifique) du gouvernement français a approuvé en fin de semaine dernière un total de quelque 2,2 millions d’euros en soutien à une soixantaine de projets sélectionnés pour l’année 2011, apprend-on du Secrétaire Permanent qui est gestionnaire de ce fonds de coopération régionale.

Ces projets, sélectionnés parmi un total de quelque cent vingt dossiers candidats, maintiennent un accent fort sur les grands axes de coopération française en Océanie, et en particulier l’environnement, la culture, l’action économique, la santé, l'enseignement, la formation, la recherche et la coopération universitaires et scientifiques, a précisé lundi le Secrétaire Permanent de ce Fonds, l’Ambassadeur Hadelin de la Tour du Pin Chambly de la Charce, qui a pris ses fonctions le 15 juin 2010 au poste de Secrétaire Permanent pour le Pacifique et représentant de la France auprès de la communauté du Pacifique, en remplacement de M. Patrick Roussel, en poste aux mêmes fonctions depuis 2004.
Le soutien à cette série de projets a été apporté à l’issue de la dernière réunion en date du Comité directeur du Fonds Pacifique, qui s’est tenu le vendredi 25 mars 2011 à Paris, au ministère de l’Outre-mer, rue Oudinot, sous la Présidence du Président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, M. Harold Martin.

Le comité directeur du Fonds Pacifique est composé de dix membres, dont la moitié représente les exécutifs des trois collectivités françaises du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis et Futuna).
Les cinq autres membres de ce comité directeur représentent l'État français, via ses ministères de l'Outre-mer, des affaires étrangères et des finances.
Le Président de la Polynésie française, M. Gaston Tong Sang, participait aussi à cette réunion parisienne, à précisé M. de la Tour du Pin au cours d’un entretien téléphonique avec Flash d’Océanie, tout en rappelant que depuis quatre ans, les réunions du comité directeur du fonds n’avaient pas eu lieu à Paris et que sa tenue dans la capitale française avait aussi constitué une occasion de sensibiliser le gouvernement français aux affaires et problématiques du Pacifique.
Le diplomate français a aussi souligné que les principaux pôles bénéficiaires de ce fonds, une nouvelle fois, étaient les trois collectivités françaises dans le Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna), mais aussi plusieurs programmes menés par le Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique (CPS, organisation technique intergouvernementale basée en Nouvelle-Calédonie regroupant tous les pays et territoires de la région).
Cette organisation elle aussi dédiée à la coopération régionale est bilingue.
Un autre axe fort confirmé dans l’ensemble des projets approuvés cette année est l’aide accordée par le Fonds Pacifique à des projets concernant directement Vanuatu, seul État insulaire océanien indépendant partiellement francophone qui se trouve aussi être le partenaire privilégié, géographiquement et culturellement, de la Nouvelle-Calédonie voisine.
D’autres projets ont aussi concernés une coopération avec les États insulaires de la zone, parmi lesquels l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Fidji et l’ambassade de France à Manille (Philippines), qui a compétence pour le petit État océanien de Palau et celui des États Fédérés de Micronésie.
À l’issue de cette réunion de près de quatre heures, vendredi 25 mars 2011, les participants ont été conviés à un déjeuner par la ministre française chargée de l’Outre-mer, Mme Marie-Luce Penchard.
La présidence tournant de ce Fonds, assurée ces deux dernières années par la Nouvelle-Calédonie, devrait revenir au cours des deux années 2012 et 2013 à la Polynésie française.
Les projets intéressant au premier chef cette dernière collectivité ont recueilli, en fonds approuvés, un peu plus de trois cent mille euros, a précisé la délégation de la Polynésie française dans un communiqué à l’issue de cette réunion, principalement pour des projets dans les domaines de la culture, de la santé et de l’environnement.
Parmi ces projets figurent notamment le renouvellement du soutien du Fonds Pacifique au Festival International du Film documentaire Océanien (FIFO), créé en 2004.
L’une des principales vocations du Fonds Pacifique, depuis sa création en 1986, est de favoriser un mouvement d’intégration régionale, notamment pour les collectivités françaises du Pacifique.
Ces dernières années, il a mis un accent grandissant, en tant que critère de sélection des projets, sur leur montage en cofinancement, avec des intervenants qui peuvent être tout aussi bien locaux qu’internationaux.
L’un des projets auxquels ce fonds a participé et qui est actuellement en cours de mise en œuvre concerne une mise en synergie des moyens de l’Australia National University (ANU) et de l’EHESS (École des hautes Études en Sciences sociales) pour favoriser une approche régionale intégrationniste (comprenant aussi les collectivités françaises) pour les études à venir sur cette région.
Un accord de partenariat a été signé en ce sens le 16 mars 2011 par le Président de l’ANU, le professeur Ian Young et l’ambassadeur de France en Australie, Michel Filhol, sous le signe du « partage de l’expertise » et de « recherches conjointes » en matière de sciences sociales, sur les questions liées au Pacifique.
Il prévoit aussi le détachement d’un universitaire de l’EHESS, dans le cadre de la création à Canberra d’une antenne de cette école française.
La signature de cet accord a été assorti, dans la foulée, mercredi soir, par une allocution de la part de Mme Denis Fisher, ancienne Consule Générale d’Australie basée à Nouméa (avec compétence pour les trois collectivités françaises du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna), articulée autour du thème « La France dans le Pacifique ».
Cette allocution a été placée sous la triple égide du Fonds Pacifique, de l’ANU et de l’Université néo-zélandaise de Canterbury.

Vanuatu, bénéficiaire notable

Concernant spécifiquement Vanuatu, parmi les récentes actions soutenues par le Fonds Pacifique, ces dernières années, figurent notamment une « Maison des Anciens », destinée à accueillir les personnes âgées à Port-Vila (Vanuatu), avec un financement (formalisé en septembre 2009) pour quinze mille euros et d’autres apports de partenaires tels que le Sénat français, le territoire de la Nouvelle-Calédonie et des donateurs privés.
En décembre 2009, une autre convention de financement a été signée avec le Centre Culturel de Vanuatu en vue de soutenir la création d’une antenne de ce centre à Lénakel, sur l’île de Tanna (Sud de l’archipel).
Dans le domaine agricole et de la recherche agronomique, toujours à Vanuatu, ce Fonds a aussi soutenu, l’an dernier, à hauteur de vingt mille euros, un projet d’amélioration génétique et de création d’une véritable base de données et à terme une banque génétique, à vocation régionale, pour les tubercules de type patate douce (kumala).
L’objectif, à terme, est aussi « bio » : permettre la mise en place de systèmes de culture durables, sans ajout de pesticides et de variétés adaptées au changement climatique.
Ce projet, qui participe d’un effort régional d’assurer la sécurité alimentaire de populations océaniennes, d’un coût total évalué à 250.000 euros sur 3 ans, est mené en partenariat entre le l’institut de recherche agronomique de Vanuatu (CTRAV), son Ministère de l’agriculture, le CIRAD de Montpellier (France), l’Institut de recherche agronomique de Nari (Papouasie Nouvelle Guinée), le Ministère de l’agriculture de la Polynésie française et le Centre international de la pomme de terre (CIP) de Lima (Pérou).

Tourisme et francophonie

En matière touristique, un soutien du Fonds Pacifique (pour neuf mille euros, signés fin mars 2010) est également en route : il s’agit de permettre à l’office du tourisme de Vanuatu, destination de plus en plus populaire dans la région et auprès des touristes de Nouvelle-Calédonie, d’augmenter et de parfaire ses capacités d’accueil et d’information en langue française, que ce soit via son site Internet (jusqu’ici largement anglophone), ou plus directement en organisant des voyages de promotion, auprès de relais d’opinion (typiquement des médias français de Nouvelle-Calédonie voire de France métropolitaine).
Cette action découle elle-même d’une étude à large spectre sur les axes stratégiques à venir de la destination Vanuatu, réalisée en 2008 sur financement du Fonds, pour un total de soixante dix mille euros, rappelait fin mars Annie Niatu, directrice générale de l’office du tourisme.

Les années précédentes

En 2009, ce Fonds avait soutenu près d’une centaine de projets, toujours pour un montant d’environ deux millions d’euros dans les domaines de la santé publique, de la recherche et des échanges universitaires, ainsi que des enveloppes destinées à l’aide d’urgence et une poursuite des actions de coopération décentralisée entre la Nouvelle-Calédonie et son archipel voisin, partiellement francophone, de Vanuatu.
Cette coopération de voisinage décentralisée, lancée en juin 2006 lors du second sommet France-Océanie à Paris (et fondée sur le principe paritaire selon lequel pour chaque euro apporté par Paris, la collectivité française en apporte un autre), comporte un important volet de coopération économique et de promotion des échanges commerciaux.
Le Fonds Pacifique, toujours au plan de liens grandissants entre Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie, a aussi apporté son soutien, ces dernières années, à la réalisation de plusieurs études dont une sur la filière des fruits et légumes à Vanuatu, ainsi qu’un autre qui se penchera sur les problématiques de développement des échanges agricoles entre cet archipel et son plus proche voisin français.
Plus généralement, cette coopération entre la Nouvelle-Calédonie et Vanuatu couvre aussi bien les domaines de la bonne gouvernance, du développement des échanges commerciaux, que le soutien à la francophonie dans cet ancien condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides, devenu indépendant en 1980 et qui reconnaît dans sa Constitution le Français comme l'une de ses langues officielles (avec l'Anglais et le pidgin local, le Bichelamar).

Réseau d’alerte aux tsunamis

Le programme de construction d’un réseau de marégraphes, lancé en 2008, est quasiment arrivé à terme dans les trois collectivités françaises du Pacifique.
Il s’est poursuivi en 2009 avec comme objectif principal d’achever de renforcer le réseau régional pour des îles particulièrement exposées en cas de tsunami en provenance de la fosse tectonique de Tonga, à savoir Wallis et les îles Loyautés (Nouvelle-Calédonie).
Il en est maintenant à la phase d’affinage, avec la mise en place de sirènes sur les côtes les plus potentiellement exposées en cas d’alerte régionale au tsunami.
Parmi d’autres projets s'inscrivant dans la continuité et toujours au chapitre de la réaction post-catastrophes : le renouvellement des stocks d'urgence destinés aux actions d'aide coordonnée (dans le cadre des accords tripartite "FRANZ" --France-Australie-Nouvelle-Zélande--) aux populations océaniennes touchées par des catastrophes naturelles, ou encore le soutien au personnel du Programme Régional Océanien pour l’Environnement (PROE, basé à Apia, Samoa).

Recherche et échanges universitaires

D’autres projets, également initiés ces dernières années, ont concerné un programme d’échanges d’assistants linguistiques entre Fidji et la Nouvelle-Calédonie (qui se concrétise depuis trois ans par l’affectation de jeunes enseignants néo-calédoniens à l’enseignement du Français à Fidji) ou encore un flux continu d’échanges entre universités de la région (dont les pôles français de l’UNC [Université de la Nouvelle-Calédonie], de l’UPF [Université de Polynésie française] et de l’anglophone USP [University of the South Pacific, basée à Suva]).
Au plan de la recherche, le comité directeur du Fonds a en outre approuvé en 2009 un soutien à la mise en place d’un réseau de surveillance des récifs coralliens, basé au CRIOBE de Moorea (Polynésie française), ainsi que des recherches sur la fièvre hémorragique dengue (transmise par les moustiques) à l’institut Malardé en Polynésie française.

pad

Rédigé par PaD le Mardi 29 Mars 2011 à 05:08 | Lu 1481 fois




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